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TOTIRI (Totihri), baptisé Étienne, Huron qui fit preuve d’un zèle ardent pour le christianisme, habitant du village de Téanaostaiaé (près de Hillsdale, en Ontario) ; circa 1642–1646.

En 1642, Totiri, qui venait d’une famille influente, céda aux Jésuites l’extrémité de sa cabane où il entreposait ordinairement le maïs et le bois. On y aménagea une petite chapelle consacrée à saint Joseph. Pour plus de commodité, les prêtres logèrent avec Totiri, qui combla de mille prévenances les deux Français venus travailler à l’aménagement de la chapelle.

Parce qu’il avait ainsi aidé les prêtres, Totiri fut persécuté par les villageois non chrétiens qui rendaient les Jésuites responsables de la maladie, de la famine et des guerres qui sévissaient dans leur pays. C’est avec zèle et courage qu’il mena la lutte des convertis au christianisme contre l’ostracisme, les calomnies et la violence. Devenu gardien de la chapelle, il enseigna aux néo-chrétiens les articles de foi de leur nouvelle religion ; sa femme, Madeleine, intelligente et vertueuse comme lui, instruisit les femmes des vérités de la religion chrétienne. « Estienne fait de sa cabane une écolle de dévotion », écrivait le père Garnier en 1643.

En l’absence de prêtres, Totiri et son frère continuèrent le travail de la mission parmi les Neutres à l’hiver de 1643–1644. Ils habitèrent dans l’une « des bourgades plus frontières », tandis qu’un autre Huron converti, Barnabé Otsinnonannhont, du village neutre de Saint-Michel, « pénétra jusqu’au fond du païs » où il resta plus longtemps, car il avait sur ces Peaux Rouges beaucoup d’autorité et comptait là une foule de parents. Grâce à leurs efforts, 100 Neutres rendirent visite aux Hurons pour y voir l’église chrétienne à l’œuvre.

En 1646, Totiri, devenu le « dogique » de son village, poursuivait le travail des prêtres en leur absence. Mais Téanaostaiaé était particulièrement attaché aux vieilles croyances et aux anciennes coutumes. Craignant de voir les Indiens s’en écarter et estimant la foi nouvelle trop rigoureuse, les capitaines du village renouvelèrent leurs attaques contre les chrétiens. Un groupe d’enfants ayant abattu une croix que les Jésuites avaient plantée au cimetière, Totiri monta sur le toit de sa cabane et, d’une voix étonnamment forte, comme celle qu’il employait à l’approche de l’ennemi, rassembla les gens et condamna ces pratiques avec une telle vigueur qu’à partir de ce moment les parents réprimèrent l’insolence de leurs enfants.

Tout ce que nous savons de Totiri, outre son activité religieuse, c’est que, revenant en Huronie après un voyage, il perdit presque tous ses biens lorsqu’il tomba dans une embuscade iroquoise près de Trois-Rivières, probablement en 1643, Nous savons aussi qu’à l’été de 1644, « il estait sur le point de partir pour la guerre ».

Comme sa femme, sa fille Catherine et son frère Paul, sa mère, Christine Tarihia, fut une chrétienne fervente, à compter de son baptême en 1639, À sa mort, survenue à l’hiver de 1643–1644, elle demanda d’être enterrée dans le cimetière chrétien de Sainte-Marie, à quelque six lieues de Téanaostaiaé. Elle fut la deuxième personne à y être inhumée.

Elsie McLeod Jury

JR (Thwaites), passim.— Desrosiers, Iroquoisie, 244.

Bibliographie générale

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Elsie McLeod Jury, « TOTIRI », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 1, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 22 nov. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/totiri_1F.html.

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Auteur de l'article:   Elsie McLeod Jury
Titre de l'article:   TOTIRI
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 1
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1966
Année de la révision:   1966
Date de consultation:   22 novembre 2014