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BOURGEOIS, PHILÉAS (Philias)-FRÉDÉRIC, prêtre catholique, professeur et écrivain, né le 17 novembre 1855 dans la paroisse de Pré-d’en-Haut, Nouveau-Brunswick, fils unique de Frédéric-S. Bourgeois et d’Osithe Boudreau ; décédé le 3 avril 1913 à Memramcook, Nouveau-Brunswick.

Philéas-Frédéric Bourgeois est né un siècle après le Grand Dérangement des Acadiens. Fier descendant de ces Acadiens, il va en devenir l’un des plus fervents défenseurs. En 1865, après avoir terminé des études primaires dans sa paroisse natale, Bourgeois, tout comme son camarade de classe André-T. Bourque, s’inscrit au collège Saint-Joseph à Memramcook, qui venait d’ouvrir ses portes l’année précédente sous la direction des pères de Sainte Croix [V. Camille Lefebvre*]. Huit ans plus tard, ayant terminé ses études, il fait son entrée au noviciat de la Congrégation de Sainte-Croix à Saint-Laurent, près de Montréal. Il enseigne pendant deux ans au collège Notre-Dame à Côte-des-Neiges (Montréal) tout en faisant son année de noviciat et en suivant ses cours de théologie. En 1875, il revient au collège Saint-Joseph, où il enseigne les belles-lettres et la rhétorique jusqu’en 1880.

Entre-temps, Bourgeois a été ordonné prêtre à Moncton, au Nouveau-Brunswick, en 1879. L’année suivante, il est choisi comme représentant des Acadiens à la Convention nationale des Canadiens français qui se tient à Québec. En 1881, il présente le rapport sur l’éducation dans les provinces Maritimes à la première Convention nationale des Acadiens à Memramcook [V. François-Xavier Cormier*]. L’année suivante, il termine une maîtrise ès arts à l’université Laval. Dès 1880, Bourgeois a voulu affilier à cette institution le collège Saint-Joseph, mais après s’être buté à l’opposition d’une partie du corps professoral, il se retire au collège de Saint-Césaire, au Québec, jusqu’au printemps de 1881. Il revient alors à Saint-Joseph reprendre son enseignement.

Tout semblait bien augurer pour l’avenir du jeune père Bourgeois mais, en 1882, il doit quitter la Congrégation de Sainte-Croix afin de venir en aide à ses parents, aux prises avec de sérieux embarras financiers. À la recherche d’un emploi, il connaît alors une vie d’errance et d’instabilité. D’abord vicaire à Manchester, au New Hampshire, il devient, en 1883, curé de Main-à-Dieu et de Louisbourg au Cap-Breton et, de 1886 à 1889, il a la charge de la cure de Havre Boucher, en Nouvelle-Écosse. Puis, après quelques mois d’enseignement au collège Saint-Joseph, il décide de prendre une année de repos au cours de laquelle il s’occupe de la publication de l’Évangéline illustrée, numéro spécial du journal acadien l’Évangéline. En 1891, durant un voyage de six mois aux États-Unis et en Europe, il livre au Moniteur acadien et à l’Évangéline son journal de voyage qu’il signe du pseudonyme de Viator.

Rentré au pays, Bourgeois se retire à l’hôtellerie de la trappe de Tracadie en Nouvelle-Écosse et, dès l’été de 1891, il entre chez les eudistes et devient professeur au collège Sainte-Anne, fondé l’année précédente à Church Point, en Nouvelle-Écosse [V. Gustave Blanche]. Il contribue à la définition du programme d’études et œuvre à la reconnaissance juridique du collège, qui obtient le pouvoir de décerner des diplômes universitaires. Dès décembre 1893, toutefois, il revient au collège Saint-Joseph, où il enseigne les belles-lettres et la rhétorique comme prêtre auxiliaire. De l’automne de 1896 au printemps de 1898, il est rédacteur à l’Évangéline en même temps qu’il occupe son poste de professeur.

Après cinq ans à Saint-Joseph, Bourgeois se retire à la trappe d’Oka, au Québec, à la fin de 1898, et y demeure jusqu’en 1900 ; il est alors réadmis dans la Congrégation de Sainte-Croix et devient professeur au collège Notre-Dame. En 1902, il retourne au collège Saint-Joseph, où il demeure la plupart du temps à l’exception d’un séjour qu’il effectue en 1907–1908 à l’asile Saint-Benoît-Joseph Labre à Longue-Pointe (Montréal). Revenu au collège Saint-Joseph en 1908, il le quitte en 1911, pour des raisons de santé, et se retire à Montréal, où il participe à l’organisation des Annales de Saint-Joseph [V. Georges-Auguste Dion]. Quelques mois plus tard, en février 1912, il connaît une violente attaque de jaunisse. Sentant la fin approcher, il rentre à Memramcook, où il meurt le 3 avril 1913.

Durant sa carrière de professeur et de curé, le père Bourgeois a beaucoup écrit. C’est d’abord comme conférencier, puis comme journaliste et historien qu’il s’est illustré. Auteur de quelque 150 articles de journaux et de revues, et d’une dizaine de livres et brochures, il a traité surtout de sujets se rapportant à l’histoire acadienne : la Déportation des Acadiens, la chute de Louisbourg, l’abbé Jean-Mandé Sigogne*, Henry Wadsworth Longfellow et son poème l’Evangéline, et les anciens missionnaires de l’Acadie. Bourgeois a aussi rédigé des manuels scolaires, notamment une histoire du Canada adaptée aux besoins des écoles acadiennes. Il a également le mérite d’avoir écrit la première étude ethnologique acadienne, sur une série d’apparitions qui eurent lieu à Scoudouc, au Nouveau-Brunswick, en 1896. Au moment où il fut atteint de la jaunisse, il travaillait à la biographie de l’abbé François-Xavier-Stanislas Lafrance* qui ne serait publiée qu’après sa mort, grâce au concours de son bon ami Placide Gaudet*. Cette œuvre posthume constitue le couronnement de la carrière d’écrivain de Bourgeois : il y brosse un tableau saisissant de la vie de ce prêtre et de son œuvre en Acadie, ainsi que de l’histoire et des mœurs et coutumes des Acadiens du Nouveau-Brunswick au xixe siècle.

Malgré ses nombreux déplacements et sa vie mouvementée marquée par l’instabilité que d’aucuns attribuent à l’intempérance, Philéas-Frédéric Bourgeois a laissé aux Acadiens une œuvre quia contribué à mieux les faire connaître au pays et à l’étranger.

Ronnie-Gilles LeBlanc

On trouve une bibliographie détaillée des écrits de P.-F. Bourgeois dans Mère Saint-Marc Bédard, « Bibliographie analytique de l’œuvre du r. père Philias F. Bourgeois de la Congrégation de Sainte-Croix ; précédée d’une biographie » (mémoire de diplôme, univ. Laval, Québec, 1964) ; on peut consulter une copie dactylographiée, produite la même année à Saint-Léonard, N.-B., à la Bibliothèque de l’univ de Moncton, N.-B. Les monographies de Bourgeois sont répertoriées dans Centre d’études acadiennes, univ. de Moncton, Inventaire général des sources documentaires sur les Acadiens (3 vol., Moncton, 19751977), 2, et l’on trouve une liste partielle de ses articles de journaux dans notre article intitulé « Philias Bourgeois, historien acadien », Soc. hist. acadienne, Cahiers (Moncton), 5 (19731974) : 55–67.  [r.-g. l.]

Centre d’études acadiennes, Fonds P.[-F.] Bourgeois, particulièrement 13.2-11.— Le Moniteur acadien, 10 avril 1913. Mère Saint-Marc Bédard, « le Rév. Père Philias F. Bourgeois, c.s.c. », Soc, hist. acadienne, Cahiers, [1], no 10 (1966) : 522. Sylvie Houle-Rhéaume, « Idéologie du père Philias-Frédéric Bourgeois, c.s.c. », Soc. hist. acadienne, Cahiers, 11 (1980) : 340366. Ronald Labelle, « Philias-Frédéric Bourgeois : précurseur de l’ethnologie acadienne », Francophonie d’Amérique (Ottawa), no 2 (1992) : 5–11.— Marguerite Maillet, « Acadian literature in New Brunswick », New Brunswick (Fredericton), 10 (1985), no 2 : 811. Soc. hist. du Madawaska, Rev. (Edmundston, N.-B.), 12 (1984), no 4 : 53.

Bibliographie générale

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Ronnie-Gilles LeBlanc, « BOURGEOIS, PHILÉAS-FRÉDÉRIC », dans FR:UNDEF:public_citation_publication, vol. 14, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 23 avril 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/bourgeois_phileas_frederic_14F.html.

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Auteur de l'article:   Ronnie-Gilles LeBlanc
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Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1998
Année de la révision:   2013
Date de consultation:   23 avril 2014