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COX, WILLIAM GEORGE, magistrat, juge de paix, commissaire de l’or et artiste, né en Irlande en 1821 ou 1822, fils de Charles Cox, décédé en Californie, le 6 octobre 1878.

Vers la fin de 1857, William George Cox irait un terme à une carrière bancaire de 12 ans, à Dublin ; il émigra à New York avec Sophia Elizabeth Webb qu’il avait épousée le 6 novembre à Donnybrook, en Irlande. Cette dernière retourna en Irlande en août 1858 et Cox partit alors pour la Colombie-Britannique où il arriva en décembre. En février de l’année suivante, il devint gardien de la paix à Fort Yale. Trois mois plus tard, on lui confia la charge de percepteur adjoint des douanes puis, le 26 octobre 1860, on le nomma commissaire adjoint de l’or et juge de paix du district de Rock Creek. De 1863 à 1867, il remplit ces mêmes fonctions dans les mines du Cariboo et, en 1867 et 1868, dans le district de Columbia et de Kootenay. Il fut nommé juge de la Cour de comté en 1866 et conseiller législatif en 1867 et en 1868.

Dans l’exercice de ses fonctions, Cox se révéla un fonctionnaire compétent sinon orthodoxe. Le gouverneur James Douglas pensait qu’il était « fait pour travailler en pays de colonisation où le doigté et l’esprit de détermination sont des qualités indispensables lorsqu’il s’agit de manier les rudes individus qu’on y rencontre ». Le docteur Walter Butler Cheadle* a dit de lui qu’il était « un robuste gaillard, gros et grand [...], d’une politesse exquise, bien élevé et bon vivant ». En 1864, Cox se distingua en dirigeant un groupe d’hommes des mines du Cariboo pour aller capturer des Chilcotins qui avaient massacré une des équipes de cantonniers d’Alfred Waddington et qui, en outre, menaçaient de provoquer un soulèvement général. Cox jouissait d’une grande popularité auprès des ouvriers des mines. Ses « jugements », quelquefois peu conformes à la jurisprudence, donnaient un peu de couleur à l’exercice de ses fonctions officielles, par ailleurs assez mornes ; un différend étant survenu au sujet d’une concession minière, il ordonna aux deux parties de régler la dispute par une course à pied, à partir de la cour de justice jusqu’au terrain qui faisait l’objet du litige. Une autre fois, il prit part à la cérémonie au cours de laquelle on expulsa au son du tambour un Anglais de Rock Creek qui avait volé des auges. Il adaptait la procédure judiciaire au gré des circonstances : les Chinois prêtaient serment en tranchant le cou d’un coq ou en brisant une assiette.

Mais Cox avait aussi ses problèmes personnels. Alors qu’il jouissait des faveurs d’une Indienne, sa femme, abandonnée, vivait en Irlande. Elle déposa donc, par les voies de recours officielles, une requête afin d’obtenir le versement d’une pension alimentaire ; bien à contrecœur, Cox dut obtempérer. Le gouverneur Frederick Seymour* rapporta que Cox acceptait l’autorité de mauvais gré. Celui-ci admit facilement avoir « omis des inscriptions [dans un rapport officiel] par [son] habituelle incurie », ce qui lui valut un commentaire glacial qui le priait de remplir ses devoirs « avec soin et attention et non avec une « insouciance » avouée ».

Malheureusement, la plus célèbre de ses frasques devait contribuer à sa perte. À l’occasion d’un débat au Conseil législatif sur le choix du lieu qui deviendrait la capitale des colonies unies, le voisin de Cox, le magistrat William Hayles Franklyn, de Nanaimo, qui défendait le choix de New Westminster, relut par trois fois l’introduction de son discours car Cox avait, chaque fois, mêlé les feuilles. Franklyn, qui était ivre, déposa ses lunettes sur le pupitre et Cox sortit les verres de la monture, de sorte que le malheureux Franklyn fut dans l’incapacité de lire ses notes. Un désordre indescriptible s’ensuivit et la séance fut levée ; lorsque le conseil se réunit de nouveau, on empêcha Franklyn de prononcer un deuxième discours. Peu de temps après, Seymour qui était un chaud partisan du choix de New Westminster, abolit la fonction que remplissait Cox et celui-ci, mécontent, refusa le nouveau poste qu’on lui offrait. En 1869, il partit pour San Francisco, avec l’intention de gagner sa vie comme artiste, vocation qui, probablement, était plus à son goût. On rapporte qu’il a eu peu de succès au point de vue pécuniaire.

Cox fut du petit nombre de ces Irlandais qui ont joué un rôle important dans l’établissement de la Colombie-Britannique et qui, aux confins de la colonie, ont contribué à établir les communautés naissantes et à y implanter les institutions anglaises.

G. R. Newell

PABC, Sophia E. Cox correspondence ; William George Cox correspondence ; John C. Haynes correspondence ; British Columbia, Colonial Secretary, Correspondence outward, 1859–1869 ; British Columbia, Dispatches to Colonial Office, 1859–1869.— St Mary’s Church, Donnybrook, Ireland, certificat de mariage de William George Cox et de Sophia Elizabeth Webb (copie aux PABC).— Daily British Colonist (Victoria, C.-B.), 13 nov. 1878.

Bibliographie générale

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G. R. Newell, « COX, WILLIAM GEORGE », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 10, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 2 oct. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/cox_william_george_10F.html.

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Auteur de l'article:   G. R. Newell
Titre de l'article:   COX, WILLIAM GEORGE
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 10
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1972
Année de la révision:   1972
Date de consultation:   2 octobre 2014