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CREIGHTON, JOHN, fonctionnaire, officier de milice, juge et homme politique, né en 1721 à Glastonbury, Angleterre ; il épousa une prénommée Maria, puis le 8 décembre 1760, à Lunenburg, Nouvelle-Écosse, Lucy Clapp, et ils eurent trois fils et trois filles ; décédé le 8 novembre 1807 à Lunenburg.

John Creighton commença sa carrière comme lieutenant de dragons et participa à la bataille de Fontenoy (Belgique) en 1745, mais quatre ans plus tard il fut mis à la demi-solde. Cette année-là, avec sa femme et deux domestiques, il fit voile avec Edward Cornwallis* pour la Nouvelle-Écosse sur le Charlton. Quoiqu’il fût dans l’aisance, il saisit l’occasion, semble-t-il, d’aller à Mirligueche (Lunenburg), en 1753, avec les Allemands et les Suisses à la fois pour s’assurer un emploi stimulant et augmenter ses revenus. Les autorités de Halifax, désireuses de le voir jouer un rôle de premier plan dans la création et l’aménagement de cet établissement, le nommèrent avant son départ juge de paix et capitaine de milice. À ce dernier titre, il se trouva à la tête des colons de la division de Creighton, l’une des six divisions de Lunenburg ; c’est pourquoi, jusqu’à aujourd’hui, tous les actes concernant les terres données aux colons de cette division portent son nom.

Dans les premières années de l’établissement, Creighton fit partie de la commission responsable du tracé et de l’attribution de lots de 300 acres ; en 1753, il fut nommé juge de la Cour inférieure des plaids communs, bien qu’il n’exerçât effectivement la fonction que lors de la création de cette cour sept ans plus tard ; en juin 1755, il fit un rapport au Conseil de la Nouvelle-Écosse sur l’approvisionnement de l’établissement ; en 1776, il devint juge de la Cour d’enregistrement et d’examen des testaments. Telles étaient quelques-unes des multiples charges que les autorités de Halifax conféraient à quelqu’un en qui elles avaient confiance. En retour, Creighton se trouva parmi le petit nombre qui reçut l’autorisation d’envoyer des hommes à Grand-Pré pour se procurer du bétail et des chevaux après la déportation des Acadiens en 1755.

Par contre, il se peut que les Allemands et les Suisses aient tardé à accorder leur confiance à Creighton car, aux élections à la première chambre d’Assemblée en 1758, il ne reçut qu’une seule voix ; cependant, entre 1770 et 1775, il représenta la circonscription de Lunenburg. Bien que le gouverneur, lord William Campbell*, eût recommandé sa nomination au conseil dès 1767, Creighton ne finit par être accepté que le 6 mai 1775, après que le gouverneur Francis Legge* l’eut décrit comme « un homme intelligent et de bonne réputation, dans l’aisance, bien disposé envers Sa Majesté ». Seulement, il était absurde de croire que le conseil pût être autre chose qu’un organisme composé de personnes résidant à Halifax, étant donné les communications de l’époque. Ainsi, au cours des 13 années suivantes, Creighton ne se rendit qu’à très peu de réunions. Il y assista pour la dernière fois le 6 octobre 1785, puis fut remplacé le 3 janvier 1788, ne pouvant désormais y être présent.

Creighton est mieux connu pour sa conduite au cours du raid du 1er juillet 1782 sur Lunenburg par des corsaires américains. Quelque 90 hommes débarquèrent de plusieurs navires non loin de l’établissement, firent prisonnière la petite garnison de réguliers, puis se livrèrent au pillage. À titre de lieutenant-colonel de la milice, Creighton occupa la casemate et blessa trois ennemis avant d’être capturé avec deux de ses hommes. Si le village fut en grande partie épargné, les biens de Creighton ne le furent pas : sa maison et son contenu furent brûlés. Cependant sa domestique Silvia, qui de son corps avait protégé le fils de Creighton, sauva des pièces de monnaie et de la vaisselle précieuses en les cachant au fond du puits. Plus tard, l’Assemblée vota une compensation de £109 19 shillings à Creighton et à ses compagnons prisonniers.

La position sociale de John Creighton était probablement unique parmi celle des habitants de Lunenburg. Son fils aîné John fit ses études en Angleterre et servit dans l’armée britannique, de même que son plus jeune fils Joseph, pour qui Creighton acheta un grade de capitaine au coût de £950. Hibbert Newton Binney et Lewis Morris Wilkins*, qui épousèrent ses filles Lucy et Sarah, appartenaient tous deux à l’establishment de Halifax, dont Creighton était en fait le représentant à Lunenburg. Hors de la Nouvelle-Écosse, ses biens consistaient principalement en £9 000 de fonds consolidés placés à 3 p. cent, qui allaient rapporter à sa veuve un revenu annuel de £245 environ. Ses descendants ont occupé et occupent encore, à chaque génération, des postes les plus divers, allant de celui de shérif à celui de conseiller.

J. Murray Beck

Arch. privées, Mme D. Burke (Lunenburg, N.-É.), H. W. Hewitt, « History of the town of Lunenburg » (copie dactylographiée, photocopie aux PANS).— PANS, MG 4, 92 : 1–10 (copie dactylographiée).— Bell, Foreign Protestants, 410, 415, n. 11a, 488, 491, 575, n.5a.— M. B. DesBrisay, History of the county of Lunenburg (2e éd., Toronto, 1895), 62–68.

Bibliographie générale

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J. Murray Beck, « CREIGHTON, JOHN (1721-1807) », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 5, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 17 avril 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/creighton_john_1721_1807_5F.html.

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Auteur de l'article:   J. Murray Beck
Titre de l'article:   CREIGHTON, JOHN (1721-1807)
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 5
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1983
Année de la révision:   1983
Date de consultation:   17 avril 2014