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DENNIS, JOHN, constructeur de navires, né en 1758 en Pennsylvanie, fils de Henry Dennis et de Martha Lynn ; en 1781, il épousa à New York Martha McLaney, qui était veuve, et ils eurent cinq enfants ; décédé le 25 août 1832 à York (Toronto).

Les Dennis étaient des quakers prospères de Philadelphie. Durant la guerre d’Indépendance américaine, Henry Dennis, qui était constructeur de navires, se rangea du côté des Britanniques. Lorsque ceux-ci abandonnèrent la ville en juin 1778, la famille dut s’enfuir à New York où Henry et John Dennis trouvèrent du travail dans la réparation et le réarmement des navires britanniques. John se lassa vite du « paisible emploi de son père », comme il allait le dire plus tard, et s’engagea dans l’armée britannique. Il participa à la prise de Sainte-Lucie en décembre 1778 et attrapa une fièvre qui le laissa estropié de la jambe gauche et, par conséquent, « inapte aux fatigues du service ». Il retourna à New York et à la construction navale.

À la mort de son père, qui survint en 1782, Dennis émigra avec sa jeune famille et finit par s’établir au Nouveau-Brunswick. Après que ses biens eurent été détruits par un incendie en 1795, il alla s’installer à Alexandria, en Virginie. L’année suivante, il était de retour en territoire britannique, ayant été invité dans le Haut-Canada par le lieutenant-gouverneur John Graves Simcoe*, qui souhaitait le voir construire des canonnières. Dennis installa son chantier juste à l’ouest d’York, à l’embouchure de la rivière Humber. Il y construisit plusieurs navires, entre autres le schooner Toronto, qui appartenait au gouvernement et que l’Upper Canada Gazette considérait en 1799 comme « l’un des plus beaux navires de cette taille qui ait jamais vogué sur le lac Ontario ».

Le talent manifeste de Dennis lui valut l’emploi de maître constructeur de navires aux chantiers du gouvernement à Kingston. Ayant été nommé en janvier 1803, il occupa le poste durant une dizaine d’années et, au cours de cette période, il construisit plusieurs bâtiments pour la marine royale. À l’été de 1812, après que la guerre avec les États-Unis eut été déclarée, il fut muté à York pour y terminer la construction d’un navire. Lorsqu’ils prirent la capitale en avril 1813, les Américains détruisirent le bâtiment. Les autorités de la marine provinciale décidèrent de fermer le vulnérable chantier d’York et offrirent de nouveau à Dennis un poste à Kingston. Il refusa, toutefois, parce qu’il ne voulait pas travailler sous les ordres du personnel de la marine royale, qui venait tout juste d’arriver. Il fut alors rayé des rôles.

Le travail de Dennis avait certes été satisfaisant, mais sa compétence n’était pas d’un niveau assez élevé pour qu’il puisse imposer ses conditions. En vérité, il y avait quelques taches à son dossier. Même s’il se considérait comme une personne « naturellement timide », il avait eu plusieurs conflits avec ses collègues. En 1806, lors d’une fâcheuse affaire de matériel disparu à Kingston, il fut blâmé par une commission d’enquête pour avoir porté avec empressement des accusations injustifiées contre les autres. À York, par la suite, une querelle entre lui et un dessinateur parvint aux oreilles du commandant en chef, sir George Prévost*, qui résolut de « se débarrasser » de lui. Ayant été convaincu que Dennis n’était pas fautif, Prévost revint sur sa décision en septembre 1813. Néanmoins, à cette date, le constructeur avait montré qu’il était peu commode et les autorités n’ont probablement pas hésité à le renvoyer. Estimant qu’il avait été traité injustement, Dennis profita certainement de l’occasion qui lui fut bientôt offerte pour rappeler la valeur de son travail à ses ex-employeurs peu reconnaissants. En 1814, les autorités militaires demandèrent à Dennis, la seule personne compétente qui était disponible, de construire des canonnières à Penetanguishene. Bien qu’il ait été alors sans emploi, il déclina l’offre en expliquant qu’il serait impossible de trouver des travailleurs spécialisés à cet endroit.

John Dennis passa le reste de sa vie à York, où il avait acquis une propriété. Il continua à construire des navires, par nécessité financière, affirmait-il en 1826. Il s’intéressa activement à la politique locale et provinciale ; il s’allia aux réformistes et vota pour Robert Baldwin* aux élections de 1830. Son existence, longue et utile, se termina à l’été de 1832 lorsqu’il fut victime d’une épidémie de choléra qui ravageait la province. Son petit-fils, John Stoughton Dennis*, fut le premier arpenteur général du Canada.

Colin Frederick Read

AO, MU 1131, W. W. Duncan, « Narrative of the Skirving and Dennis families, by a descendant » (copie dactylographiée, Toronto, 1967), Dennis family section.— APC, RG 1, L3, 149 : D1/5 ; 151 : D4/61, D5/20 ; 158 : D15/4 ; 159, part. i : D16/22 ; RG 8, I (C sér. ), 84 : 222, 228, 246, 254 ; 108 : 72 ; 110 : 32, 37–38 ; 732 : 10.— Town of York, 1793–1815 (Firth), 88, 96, 147 ; 1815–34 (Firth), 128, 267.

Bibliographie générale

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Colin Frederick Read, « DENNIS, JOHN », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 6, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 25 oct. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/dennis_john_6F.html.

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Auteur de l'article:   Colin Frederick Read
Titre de l'article:   DENNIS, JOHN
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 6
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1987
Année de la révision:   1987
Date de consultation:   25 octobre 2014