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HARDY, GEORGE, inspecteur des chemins, homme d’affaires et capitaine au long cours, né vers 1740, probablement à East ou à West Knighton, Angleterre ; décédé en 1803 au plus tôt.

La première source qui fasse mention de George Hardy est une lettre du 12 janvier 1769, conservée aux archives du Warwickshire, à Warwick, en Angleterre, et adressée par l’arpenteur néo-écossais Charles Morris à un certain John Butler, mandataire de John Pownall, propriétaire à ce moment du lot no 13 dans l’île Saint-Jean (Île-du-Prince-Édouard). L’été précédent, Morris avait visité la partie est du lot de Pownall, du côté ouest de la baie Malpeque, dans le voisinage de ce qui est aujourd’hui Port Hill. Il y avait trouvé la preuve que 20 familles acadiennes, environ, s’y étaient établies, mais il affirma dans sa lettre : « Il n’y a actuellement aucune maison qui vaille d’être réparée, sauf celle dans laquelle vit M. Hart. Cet homme y vint l’été dernier, de New York, avec une nombreuse famille et un troupeau, et il se propose, si la terre doit être cédée à des conditions raisonnables, d’y amener dix familles de [New York] qui connaissent l’agriculture et la pêche. »

Jusqu’à la découverte de cette lettre, la preuve la plus ancienne de la présence du pionnier George Hardy dans l’île Saint-Jean se trouvait dans le récit détaillé que fit Thomas Curtis du naufrage du brick Elizabeth au large de la côte nord de l’île, en novembre 1775. Toutefois, dans le « Hart » de Morris on peut reconnaître, au delà de tout doute raisonnable, George Hardy. D’après le récit de Curtis, Hardy vivait dans un endroit séparé du lieu du naufrage par un champ de glace de 14 milles ; le naufrage avait eu lieu dans le voisinage de l’inlet Cavendish, sur les longues dunes, au large de la côte. Une carte dressée par Morris, qui accompagnait sa lettre, montre la « maison de Hart », au centre de la région précédemment occupée par les colons francophones, non loin du quai actuel de Port Hill, et à quelque dix milles, en ligne droite, de l’inlet Cavendish. L’emplacement de la maison est encore tout à fait visible sur les photographies aériennes, grâce aux indices sciographiques (crop marks). Tout aussi apparentes, également, sont les traces de la piste qui, en direction ouest, allait de l’ancienne habitation vers le ruisseau Ramsay, l’abri le plus rapproché pour les embarcations et petits navires.

Hardy y vivait dans l’isolement, seul Européen connu qui fût établi dans la partie ouest de l’île en 1769. En 1775, il n’y avait qu’un autre colon, Donald Ramsay, qui était venu le rejoindre, et leurs maisons étaient les deux seules qui fussent à portée de l’Elizabeth. Ce dernier avait transporté des colons et des marchandises destinés à l’établissement de Robert Clark*, à New London, et Hardy fut d’un grand secours aux passagers dans leurs tentatives pour recouvrer la cargaison quelques mois après le désastre. Du récit de Curtis, il ressort que Hardy était un pionnier et un homme des bois adroit et plein de ressources, et aussi, selon les mots mêmes de Curtis, « un homme remarquablement honnête et de bon cœur ».

Il n’y a que de vagues allusions, dans les documents officiels, à la carrière subséquente de Hardy. Il fut inspecteur des chemins dans les années 1780. En août 1787, George Penman et lui achetèrent le schooner Mary, construit deux ans plus tôt. (George Penman avait été officier payeur de la première garnison britannique de l’île, et il s’était depuis peu établi à l’emplacement de ce qui est maintenant Old Port Hill Farm.) Ils le vendirent en 1788. Hardy fut arrêté l’année suivante sous une accusation de meurtre ; il fut acquitté après avoir plaidé la légitime défense. Il continua de vivre sur le lot no 13 jusqu’à ce que ce dernier changeât de propriétaire au début des années 1790. Quand les anciennes clairières défrichées par les Acadiens commencèrent à se repeupler et qu’il fut question de payer une rente, Hardy et sa famille allèrent s’installer dans un coin sauvage, dans les environs de l’actuel Alberton, plus au nord et plus à l’ouest qu’auparavant. Au recensement de 1798, il apparaît comme le seul colon du lot n° 6, avec sa famille – issue présumément d’un second mariage – composée de cinq garçons et de quatre filles de moins de 16 ans. La même année, Hardy était enregistré aux bureaux des douanes de Charlottetown comme le seul propriétaire du nouveau schooner Lark, dont il demeura propriétaire et commandant jusqu’à ce qu’il fit naufrage dans la baie des Chaleurs en 1803. Il est possible que Hardy ait péri dans cet accident, mais il n’existe, semble-t-il, aucune attestation officielle de son décès.

Ce qu’on connaît de la carrière de George Hardy et certaines indications du récit de Curtis laissent croire que l’une de ses occupations fut peut-être d’aider et de ravitailler les navires marchands engagés dans le commerce illégal. Quoi qu’il en soit, Hardy apparaît, dans les sources fragmentaires, comme un homme qui a réussi à se débrouiller dans des lieux sauvages, un homme bon et généreux, doué des talents nécessaires à la survie dans des conditions extrêmement difficiles, et qui, vivant en dehors des lieux habités, s’installait plus loin quand ceux-ci le rattrapaient.

Basil Greenhill

APC, RG 42, sér. 1, 459.— Warwickshire County Record Office (Warwick, Angl.), CR 114A/562 (papiers Seymour of Ragley).— Journeys to the Island of StJohn or Prince Edward Island, 1775–1832, D. C. Harvey, édit. (Toronto, 1955).— Duncan Campbell, History of Prince Edward Island (Charlottetown, 1875 ; réimpr., Belleville, Ontario, 1972).— Basil Greenhill et Ann Giffard, Westcountrymen in Prince Edward’s Isle : a fragment of the great migration (Newton Abbot, Angl., et [Toronto], 1967 ; réimpr., Toronto et Buffalo, 1975).

Bibliographie générale

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Basil Greenhill, « HARDY, GEORGE », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 5, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 22 oct. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/hardy_george_5F.html.

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Auteur de l'article:   Basil Greenhill
Titre de l'article:   HARDY, GEORGE
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 5
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1983
Année de la révision:   1983
Date de consultation:   22 octobre 2014