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HARWOOD, LOUIS DE LOTBINIÈRE, médecin, gynécologue, professeur et administrateur d’hôpital, né le 27 avril 1866, probablement à Saint-Michel-de-Vaudreuil (Vaudreuil-Dorion, Québec), fils d’Henri-Stanislas Harwood, ingénieur, et de Joséphine Brauneis ; le 15 avril 1891, il épousa à Montréal Marie Masson (décédée le 16 octobre 1904), et de ce mariage naquirent trois enfants, puis le 18 novembre 1905, à Montréal, Catherine-Delphine Macdonald (décédée le 16 mars 1908), et finalement le 21 octobre 1919, à Montréal, Berthe Brosseau, veuve de Charles-Édouard Martin ; décédé le 15 mai 1934 à Montréal et inhumé deux jours plus tard au cimetière Notre-Dame-des-Neiges, dans la même ville.

À la suite de ses études classiques au petit séminaire de Sainte-Thérèse et au collège Bourget à Rigaud, Louis de Lotbinière Harwood s’inscrit en médecine à l’université Laval à Montréal en 1886, où il obtient son diplôme de docteur dans cette discipline en 1890. Il reçoit sa licence de pratique du Collège des médecins et chirurgiens de la province de Québec le 24 septembre de la même année. Après avoir fait son internat à l’hôpital Notre-Dame de Montréal durant six mois, il y exerce sa profession, dès 1891, à titre de gynécologue. En 1903, il part pour l’Europe, où il approfondit ses connaissances en gynécologie, notamment à l’hôpital Broca, à Paris, auprès de Samuel-Jean Pozzi, chirurgien réputé et l’un des grands pionniers de la gynécologie. À ses côtés, il s’initie aux méthodes naissantes de l’asepsie chirurgicale.

De retour à l’hôpital Notre-Dame en 1905, Harwood prend la relève du médecin Michel-Thomas Brennan à la direction du service de gynécologie et occupe la chaire de gynécologie de l’université Laval à Montréal, fonctions qu’il assumera jusqu’à sa mort. Dès l’année suivante, il remplace Emmanuel-Persillier Lachapelle* au poste de surintendant de l’hôpital Notre-Dame puis, en 1917, lui succède à la présidence du bureau médical qu’il occupera jusqu’en 1929. Il contribue à l’évolution de sa spécialité grâce à la mise en place de nouvelles techniques d’asepsie en chirurgie et en gynécologie. Avec ses collègues Oscar-Félix Mercier*, Télesphore Parizeau et Albert Le Sage, il participera activement à l’introduction de techniques chirurgicales modernes et à l’implantation de la médecine de laboratoire à l’hôpital Notre-Dame.

C’est surtout à titre de doyen de l’école de médecine et de chirurgie de Montréal/faculté de médecine de l’université Laval à Montréal, poste qu’il occupera jusqu’à sa mort, que Harwood laissera une marque importante dans l’histoire de la médecine de la province de Québec. Lorsqu’il prend la direction de la faculté, à l’été de 1918, il se montre très ouvert aux idées réformatrices formulées par certains de ses jeunes collègues. Il contribuera à combler les lacunes les plus évidentes de la faculté, comme la carence de fonds, l’encadrement insuffisant des étudiants, les locaux et les laboratoires inadéquats et l’enseignement clinique peu adapté au nombre d’étudiants.

Grâce aux efforts de Harwood, les méthodes pédagogiques s’écartent des modèles magistraux du xixe siècle pour se tourner de plus en plus vers les nouveaux idéaux de l’enseignement médical qui se répandent dans les territoires nord-américain et européen. Véritable réformateur, Harwood encourage l’évolution de la formation médicale vers une approche clinique plus poussée et axée sur les connaissances scientifiques et sur les sciences de laboratoire. Sous sa gouverne, la faculté crée le poste de directeur des études et rend l’internat obligatoire. Elle met sur pied, en 1921, une année préparatoire aux études de médecine, le PCN (physique, chimie, sciences naturelles). Ces cours, donnés par la faculté des sciences, permettent d’orienter le cursus vers une formation scientifique approfondie. Harwood introduit aussi, en 1927, l’internat rotatoire, c’est-à-dire qui se déroule dans plusieurs services médicaux et chirurgicaux. Ce nouveau modèle procure aux étudiants une expérience clinique étendue. Il leur offre la possibilité de se diriger vers un champ spécialisé conforme à leurs préférences et comble en partie les besoins des hôpitaux affiliés.

C’est dans cette perspective que Harwood, à titre de doyen de l’université de Montréal (nom que prend l’université Laval à Montréal à partir de 1920) et de président du bureau médical de l’hôpital Notre-Dame, amorce une initiative singulière pour l’époque : la construction d’un véritable hôpital universitaire. L’idée est d’établir une nouvelle structure hospitalo-universitaire où la recherche et l’enseignement seraient intimement liés et qui permettrait, à long terme, non seulement de susciter l’instauration de rapports étroits entre les sciences médicales fondamentales et les recherches cliniques, mais aussi, à court terme, d’attirer des professeurs d’Europe et des États-Unis.

Le projet, qui démarre en 1923, consiste à ériger, à proximité du nouvel hôpital Notre-Dame alors en construction, un édifice universitaire qui logerait des laboratoires, une bibliothèque, des salles de cours, un musée et des bureaux d’administration. Il n’aura pas de suite faute de l’appui financier du Rockefeller Institute for Medical Research, qui préfère alors investir dans l’amélioration de l’enseignement clinique et dans la promotion des travaux de laboratoire. Mais le projet de construction des pavillons de l’université de Montréal sur le mont Royal, qui s’amorce en 1924, le relance.

Un comité d’études, composé de Harwood, du vice-doyen Télesphore Parizeau, du professeur de chimie Georges-Hermyle Baril et de l’architecte Ernest Cormier*, est mis sur pied pour concevoir les plans du nouvel hôpital. Ces derniers se rendent à New York en 1927 afin d’élaborer les plans d’un complexe hospitalo-universitaire moderne avec le directeur du Rockefeller Institute for Medical Research, puis visitent les grandes facultés de médecine américaines telles que celles de la Harvard University, de la Yale University, de la Columbia University, de la University of Pennsylvania, de la Johns Hopkins University et de la Western Reserve University. L’appui du Rockefeller Institute for Medical Research est important, car celui-ci accorde des subventions majeures aux facultés de médecine qui souhaitent, par l’entremise de la construction de nouveaux pavillons, renforcer les relations entre les sciences médicales fondamentales et les recherches cliniques. Le projet d’envergure, qui vise à créer le premier centre hospitalier universitaire dans la province de Québec, favoriserait un tel rapprochement. Les autorités de la faculté et de l’université décident finalement d’annexer la faculté et l’hôpital, qui seront dotés d’équipements pédagogiques et médicaux les plus à jour, au corps principal de l’établissement universitaire qui sera construit sur le mont Royal. Les plans sont approuvés en 1928 et les travaux commencent la même année. La crise des années 1930 met fin temporairement aux travaux de construction. À ce moment, les fondations sont consolidées et les murs extérieurs érigés. L’édifice ne sera inauguré que le 3 juin 1943 et ne comprendra pas l’hôpital universitaire, dont les coûts d’aménagement seront jugés trop élevés. En revanche, les liens étroits que Harwood a tissés avec les autorités du Rockefeller Institute for Medical Research lui permettent d’obtenir des subventions importantes qui financent l’année préparatoire aux études de médecine et l’organisation des laboratoires.

Louis de Lotbinière Harwood a aussi facilité le rapprochement de sa faculté avec celle des sciences. L’inauguration, en 1923, de l’Institut du radium, mis sur pied par Joseph-Ernest Gendreau* en collaboration avec les deux facultés, en est un exemple. Leurs actions conjuguées, grâce aux initiatives et au dynamisme du frère Marie-Victorin [Kirouac*], professeur de botanique, de Harwood et de Louis-Janvier Dalbis, professeur de biologie, inscrivent aussi l’université de Montréal au cœur d’un mouvement majeur dont l’objectif est de favoriser l’enseignement, la vulgarisation et la pratique des sciences. Ce mouvement conduit à la création, en 1922, de la Société de biologie de Montréal, présidée par le médecin Arthur Bernier*, professeur de bactériologie à la faculté de médecine, puis, le 15 mai 1923, à la mise sur pied de l’Association canadienne-française pour l’avancement des sciences. À titre de cofondateur de ces deux importantes sociétés, Harwood a laissé une contribution considérable au développement d’un mouvement scientifique et biomédical francophone.

Denis Goulet

Louis de Lotbinière Harwood a rédigé quelques rares articles, publiés pour la plupart dans l’Union médicale du Canada (Montréal), notamment : « Grossesse extra-utérine », 30 (1901) : 521–531 ; « les Tendances de la gynécologie moderne », 33 (1904) : 509–515 ; « Tératome solide de l’ovaire avec grossesse concomitante », 54 (1925) : 747–755, en collaboration avec plusieurs auteurs ; et « Fibro-myome interstitiel du col utérin », 61 (1932) : 305–308, avec L.-A. Magnan.

Arch. de l’hôpital Notre-Dame (Montréal), Procès-verbaux du bureau médical, 1890–1934.— BAnQ-CAM, CE601-S33, 15 avril 1891 ; CE601-S51, 29 avril 1866.— FD, Notre-Dame (Montréal), 18 nov. 1905, 17 mai 1934 ; Saint-Jacques, cathédrale de Montréal [Saint-Jacques-le-Majeur], 21 oct. 1919.— Univ. de Montréal, Div. des arch., E 38 (faculté de médecine), procès-verbaux de l’école de médecine et de chirurgie de Montréal/faculté de médecine de l’univ. Laval à Montréal, 1905–1920 ; procès-verbaux du conseil de la faculté de médecine de l’univ. de Montréal, 1920–1934 ; Règlements pour internat de 5e année, 1927.— Le Devoir, 15–17 mai 1934.— BCF, 1933 : 308.— E.-P. Benoît, « In memoriam : Louis de Lotbinière-Harwood, doyen », l’Union médicale du Canada, 63 (1934) : 523–530.— Collège des médecins et chirurgiens de la province de Québec, Reg. médical (Montréal, 1895).— École de médecine et de chirurgie de Montréal/faculté de médecine de l’univ. Laval à Montréal, Annuaire, 1905–1920 (exemplaires conservés à univ. de Montréal, Div. des arch., E 38).— Léon Gérin-Lajoie, « le Professeur Louis de Lotbinière-Harwood : un hommage », l’Union médicale du Canada, 63 (1934) : 627–628.— Denis Goulet, Histoire de la faculté de médecine de l’université de Montréal, 1843–1993 (Montréal, 1993).— Denis Goulet et al., Histoire de l’hôpital Notre-Dame de Montréal, 1880–1980 (Montréal, 1993).— Hôpital Notre-Dame, Rapport annuel (Montréal), 1890–1929, 1934.— L.-A. Magnan, « À mon maître le professeur Louis de Lotbinière-Harwood », l’Union médicale du Canada, 63 (1934) : 629–633.— Univ. de Montréal, Faculté de médecine, Annuaire, 1920–1934.

Bibliographie générale

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Denis Goulet, « HARWOOD, LOUIS DE LOTBINIÈRE », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 16, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 19 oct. 2017, http://www.biographi.ca/fr/bio/harwood_louis_de_lotbiniere_16F.html.

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Auteur de l'article:   Denis Goulet
Titre de l'article:   HARWOOD, LOUIS DE LOTBINIÈRE
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 16
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   2017
Année de la révision:   2017
Date de consultation:   19 octobre 2017