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HERCHMER, LAWRENCE WILLIAM, fermier, homme d’affaires, fonctionnaire et officier de milice, né le 25 avril 1840 à Shipton-on-Cherwell, Angleterre, fils de William Macaulay Herchmer et de Frances Turner ; le 8 novembre 1866, il épousa à Kingston, Haut-Canada, Mary Helen Sherwood (décédée en 1899), et ils eurent au moins trois fils et une fille, puis en 1905, Jane Ashworth, et de ce second mariage naquit une fille ; décédé le 17 février 1915 à Vancouver.

Né en Angleterre, Lawrence William Herchmer était descendant de loyalistes. Les Herchmer avaient fait partie des troupes hessoises venues dans les colonies américaines au xviiie siècle pour soutenir la Grande-Bretagne dans son conflit militaire contre la France. Ils s’installèrent ensuite dans la vallée de la Mohawk, dans la colonie de New York. Pendant la guerre d’Indépendance américaine, la famille eut des combattants des deux côtés ; ceux qui étaient restés fidèles à la couronne reçurent des concessions foncières dans le canton haut-canadien de Kingston.

Grâce aux relations de son père et à son propre mariage, Herchmer se lia au Parti conservateur et à l’élite du Haut-Canada, ce qui contribuerait beaucoup à son avancement. Son père, rector de l’église St George de Kingston durant de nombreuses années, était un vieil ami de John Alexander Macdonald*, futur premier ministre du Canada. Sa première femme était la fille de l’éminent avocat et homme politique Henry Sherwood* et la petite-fille de Levius Peters Sherwood*, juge à la Cour du banc du roi durant 15 ans.

À l’instar de ses frères, Herchmer fréquenta d’abord une école préparatoire à Henley-on-Thames, en Angleterre. Par la suite, il alla au Trinity College de Toronto, puis retourna en Angleterre afin d’étudier à la Royal Military Academy de Woolwich (Londres). Il obtint à l’âge de 17 ans un brevet d’enseigne dans le 46th Foot et servit avec cette unité en Inde et en Irlande. À la mort de son père en 1862, il vendit son brevet et regagna Kingston, où il fut fermier quelque temps avant d’accepter un poste d’agent du ravitaillement auprès de la commission britanno-américaine chargée en 1872 de tracer la frontière internationale le long du 49e parallèle, de l’Ontario à la Colombie-Britannique [V. Samuel Anderson*]. À compter de la fin de cette mission en 1874, il tint une brasserie à Winnipeg jusqu’à sa nomination en 1876 au poste d’agent des Affaires indiennes à Birtle, au Manitoba. D’autres agences indiennes des environs relevaient aussi de son autorité. En 1885, il fut promu inspecteur des agences indiennes des Territoires du Nord-Ouest. Après la rébellion du Nord-Ouest, il appartint à une commission d’examen des réclamations pour dommages subis pendant le conflit.

Le 1er avril 1886, sir John Alexander Macdonald confia à Herchmer la fonction de commissaire de la Police à cheval du Nord-Ouest, alors exercée par Acheson Gosford Irvine. Ce changement plut à tout le monde dans l’Ouest, car l’expérience de Herchmer en tant que soldat, homme d’affaires et agent des Affaires indiennes était considérée comme un gros atout. Macdonald lui-même jugeait Herchmer très qualifié pour professionnaliser la police, alors aux prises avec de sérieux problèmes internes. Non seulement les hommes étaient-ils mal formés, mais la discipline était relâchée et il n’y avait pas d’organisation ni de système de contrôle uniformes. Par leur influence politique, les officiers subordonnés avaient miné l’autorité du bureau du commissaire en matière de promotions, de discipline et de mutations. Le moral de la police était bas parce que, au cours de l’insurrection de 1885, on avait dénoncé publiquement son piètre rendement et monté en épingle les tergiversations du commissaire Irvine. De plus, l’impopularité des lois sur la prohibition, qu’ils étaient chargés d’appliquer, rejaillissait sur les policiers.

Une fois les hostilités terminées, l’effectif de la Police à cheval du Nord-Ouest était passé de 500 à 1 000 hommes. Les nouveaux candidats avaient été recrutés en vitesse ; bon nombre d’entre eux n’avaient ni les aptitudes physiques ni la bonne réputation nécessaires à l’exercice de leurs fonctions. En fait, le favoritisme politique avait joué davantage dans leur sélection que leur qualification pour le travail de policier. Cette situation engendrait notamment un problème chronique de désertion : en général, l’effectif n’était pas au complet. Elle provoqua aussi une grave mutinerie au fort Saskatchewan (Fort Saskatchewan, Alberta) en février 1886. Ce fut cet événement qui força Macdonald à nommer un nouveau commissaire.

Herchmer aborda sa nouvelle fonction avec une énergie, une détermination et des talents administratifs rares. Il aurait bien des détracteurs dans l’avenir, mais peu d’entre eux l’accuseraient de ne pas avoir réussi à rendre la police très efficace. La concentration constante du pouvoir entre ses mains fut l’une des clés de son succès. En 1889, il édicta de nouveaux règlements qui renforçaient son hégémonie administrative sur la police grâce à un système de rapports hautement bureaucratisé. Ces mêmes règlements instaurèrent une discipline de style plus militaire, ce qui donna plus de pouvoir à Herchmer sur le châtiment des officiers et simples policiers. Pour dissuader ses hommes de commettre de graves infractions disciplinaires, l’ébriété par exemple, il uniformisa et renforça les sentences.

En outre, Herchmer améliora la sélection et la formation des recrues. Il rendit les examens médicaux plus rigoureux et créa un centre permanent de formation au quartier général de Regina. Toutes les recrues devaient suivre un cours donné par des instructeurs qualifiés et comprenant non seulement des manœuvres militaires, mais aussi des conférences sur le travail de policier. D’autres cours étaient destinés aux officiers et sous-officiers. Pour empêcher les indésirables d’entrer dans la police, Herchmer instaura une période de probation. Les recrues qui ne donnaient pas satisfaction pouvaient être congédiées dans les deux premiers mois.

Herchmer était fermement convaincu de ne pouvoir améliorer l’efficacité de la police tant que la perspective d’une carrière n’inciterait pas les bons éléments à rester. À l’époque, la plupart d’entre eux ne se réengageaient pas après leur période initiale de cinq ans. Pour corriger cet état de fait, Herchmer pressa ses supérieurs d’améliorer les conditions de travail. La mise en place d’un régime de retraite pour sous-officiers et constables en 1889 fut la principale innovation. À cela s’ajoutèrent des primes de bonne conduite, de meilleurs avantages sociaux pour les sous-officiers et des cantines de poste où les hommes pouvaient acheter des marchandises à meilleur prix qu’ailleurs. Enfin, pour contrer la monotonie de la vie policière à l’origine d’un bon nombre des problèmes disciplinaires et des cas de désertion, Herchmer obtint des fonds pour ouvrir des bibliothèques et des salles de loisirs, réaménager les mess et organiser diverses activités sportives.

Comme ses prédécesseurs au poste de commissaire – George Arthur French*, James Farquharson Macleod* et Irvine –, Herchmer se buta à des difficultés qui l’obligèrent finalement à quitter la police contre son gré. Malgré ses talents d’organisateur, il était loin d’être populaire auprès de bon nombre de ses subordonnés et de quelques citoyens. Plusieurs de ses officiers supérieurs estimaient qu’il avait usurpé une position pour laquelle ils étaient mieux qualifiés que lui et voyaient d’un mauvais oeil qu’il tente d’éliminer leur influence politique et d’accroître son autorité sur eux. En outre, Herchmer se fit un ennemi en la personne de Nicholas Flood Davin*, éditeur du Regina Leader. Leur conflit datait du mois d’août 1883 : Davin, en état d’ivresse, avait été arrêté par William Macauley Herchmer*, surintendant de la Police à cheval et frère de Lawrence, parce qu’il s’était promené partiellement dévêtu dans les wagons d’un train allant d’Ottawa à Regina. En 1889, Davin, aidé de Charles Edward Dudley Wood, de la Fort Macleod Gazette, et de policiers mécontents, lança une campagne haineuse contre Herchmer dans son journal et à la Chambre des communes, où il représentait la circonscription d’Assiniboia-Ouest. En l’accusant de divers méfaits, par exemple de mauvais traitements envers ses hommes et d’utilisation de fonds publics à son propre bénéfice, Davin et ses alliés tentèrent de faire congédier Herchmer au moyen d’une enquête judiciaire sur son commandement. En 1890, Macdonald autorisa la tenue d’une enquête départementale qui exonéra Herchmer de tout blâme. Cependant, les critiques de Herchmer, toujours insatisfaits, continuèrent de réclamer une enquête publique sous serment. Quelques semaines après la mort de Macdonald, son successeur, sir John Sparrow David Thompson*, accéda à leur demande.

L’enquête sur les « scandales Herchmer », comme disait la presse, s’ouvrit à Regina en janvier 1892 sous la présidence d’Edward Ludlow Wetmore*, juge à la Cour suprême des Territoires du Nord-Ouest. Les témoignages montrèrent vite que ce serait une tempête dans un verre d’eau. Les enquêteurs examinèrent 137 accusations contre Herchmer ; 14 seulement furent prouvées, toutes mineures. On découvrit qu’il avait perdu patience et abusé de son autorité dans quelques cas disciplinaires. Rien de ce qui fut produit ne mettait en cause son honnêteté, ses qualités administratives ou son commandement de la police. Il n’y avait aucune raison de le destituer et lui-même n’avait nulle intention de démissionner. L’enquête dissipa quelque peu l’acrimonie accumulée dans la police, mais elle n’élimina pas l’irrespect de certains subordonnés de Herchmer à son endroit.

Au milieu de toute cette controverse, Herchmer dut affronter d’autres problèmes. Dans les années 1890, les deux partis politiques fédéraux étaient résolus à imposer des réductions à la Police à cheval du Nord-Ouest. Ils faisaient valoir que les colons, de plus en plus nombreux dans les Prairies, prendraient eux-mêmes la responsabilité de faire appliquer la loi, comme cela s’était fait dans les provinces plus anciennes, et que la Police à cheval finirait par disparaître. Or, les nouveaux habitants des Territoires du Nord-Ouest ne manifestaient aucun désir de créer et d’entretenir leurs propres forces policières. Au contraire, ils réclamaient une protection de plus en plus serrée de la part de la Police à cheval. Herchmer se trouvait donc pris entre deux feux : d’une part, des gouvernements qui réduisaient les dépenses et l’effectif, d’autre part, une population qui réclamait davantage de services. Pour desservir la population blanche, en augmentation constante, et couvrir autant que possible tous les secteurs peuplés, il réorganisa et étendit le système des patrouilles à cheval. Tout en réduisant le crime, ces patrouilles permirent aux colons et aux policiers d’établir des relations amicales, ce qui aurait un effet positif sur le travail de la police.

Les difficultés engendrées par la diminution des ressources de la Police à cheval et l’augmentation de ses responsabilités devinrent aiguës à la fin des années 1890, à l’époque de la ruée vers l’or, quand un tiers de l’effectif fut muté au Yukon pour y assurer l’ordre. Afin de maintenir les services dans les Territoires du Nord-Ouest, Herchmer déploya ses hommes selon un plan fondamentalement différent de celui appliqué jusque-là : il retira un grand nombre de policiers des réserves amérindiennes et les réaffecta aux établissements blancs. Dans le courant de la décennie, les Amérindiens avaient donné du fil à retordre à la police ; en 1897 par exemple, Herchmer s’était demandé si un « soulèvement général » n’était pas sur le point d’éclater à cause de Kitchi-manito-waya*, ou Almighty Voice. Mais la Police à cheval, sous le commandement de Herchmer, comprenait que, malgré de tels incidents, l’équilibre du pouvoir entre autochtones et colons était en train de changer. À la fin des années 1880 et dans les années 1890, l’attitude de la police envers la population amérindienne passa du respect à la pitié et, même si les policiers tentaient encore de traiter les Amérindiens équitablement, ils étaient de plus en plus portés à recourir à la coercition plutôt qu’à la persuasion. À l’aube du xxe siècle, les Amérindiens ne semblaient plus représenter une grave menace pour la paix. Herchmer pouvait donc réaffecter son rare effectif dans les régions peuplées de Blancs sans trop en craindre les conséquences.

En 1896, quand le Parti libéral de Wilfrid Laurier prit le pouvoir, beaucoup pensèrent que Herchmer serait forcé de démissionner. Il avait toujours été proche de Macdonald, et les libéraux de l’Ouest l’accusaient d’avoir usé de sa position pour obliger les policiers à voter pour les candidats conservateurs aux dernières élections. Certes, Laurier ne lui faisait pas confiance, mais dans l’ensemble, il laissait l’administration des affaires policières à Clifford Sifton*, son ministre de l’Intérieur. Sifton s’employa à humilier Herchmer et à réduire son autorité à un point tel que, s’il avait été moins obstiné, il aurait démissionné. En 1897, Herchmer fut remplacé à la dernière minute par l’un de ses officiers subordonnés en tant que commandant de l’escouade de la Police à cheval qu’il avait lui-même choisie et entraînée en vue du jubilé de diamant de la reine Victoria. À Londres, le contingent reçut des éloges de la part de représentants de pays étrangers. La même année, Sifton décida que le commandant local des policiers affectés au Yukon, James Morrow Walsh*, relèverait directement de son cabinet, ce qui priva Herchmer de son autorité sur le nombre croissant de ses hommes qui étaient affectés dans cette région en raison de la ruée vers l’or. En outre, Sifton s’ingérait plus encore dans les affaires internes de la police que ses prédécesseurs conservateurs.

Le mandat de Herchmer à la direction de la Police à cheval fut interrompu lorsqu’il décida de se porter volontaire pour la guerre des Boers. Il fut placé à la tête du Canadian Mounted Rifles, dont il recruta lui-même deux escadrons en faisant appel à des volontaires, policiers et civils, des Prairies. Il arriva au Cap avec son régiment en février 1900. Cependant, il tomba malade en marchant vers le nord pour rejoindre les troupes britanniques et fut renvoyé en convalescence au Cap. Quelques semaines après, quand il rejoignit ses hommes, son supérieur, le major-général Edward Thomas Henry Hutton*, ex-officier commandant de la milice canadienne, refusa qu’il fasse du service actif, car il ne le trouvait pas suffisamment rétabli. Herchmer, lui, protesta qu’il était guéri. Les indices dont on dispose donnent raison à Hutton, mais Herchmer crut à une conspiration pour le priver du commandement de son régiment. Selon son habitude, il se mit en colère, fit preuve d’insubordination envers Hutton et s’adressa directement au chef d’état-major, lord Kitchener. Comme cette démarche n’avait rien donné, il commit l’erreur de croire que le gouvernement Laurier veillerait à ce qu’il obtienne justice.

À son retour au Canada, Herchmer déclara à la presse qu’il exigeait une enquête gouvernementale sur la perte de son commandement. Ce geste irrita Laurier qui, pour des raisons politiques, n’avait nul désir et nulle intention d’être mêlé à un débat sur la façon dont les Britanniques faisaient la guerre en Afrique du Sud. Le premier ministre conclut que Herchmer était déraisonnable, qu’il avait fait preuve d’insubordination et que, par conséquent, il n’était plus apte à commander la Police à cheval du Nord-Ouest. Il le mit donc à la retraite le 1er août 1900. Herchmer considéra cette décision comme une autre injustice. Jusqu’à la fin de ses jours, il n’aurait plus qu’une idée en tête : prouver qu’il était dans son droit et obtenir une meilleure pension. Ce qu’il refusait d’admettre, c’était que, en Afrique du Sud, il avait été sous l’autorité militaire des Britanniques. S’il avait été traité injustement, il aurait dû demander réparation à Londres, non à Ottawa.

Lawrence William Herchmer ne fut jamais populaire en tant que commissaire de la Police à cheval du Nord-Ouest. À cause de son entêtement et de son tempérament imprévisible, il fut souvent en conflit avec des individus, à l’intérieur et à l’extérieur de la police. Il pouvait exprimer de la compassion pour ceux qui étaient sous ses ordres et, l’instant d’après, exploser de colère contre eux et les punir sévèrement. La révélation de ses mouvements d’humeur lui valut une réputation de tyran, ce qui contribua malheureusement à faire oublier ses succès administratifs. Au moment de sa nomination, la police était démoralisée et mal organisée. Herchmer rehaussa les critères d’engagement, releva la qualité de la formation, restaura la discipline et l’esprit de corps, améliora les conditions de service et créa une organisation interne efficace. En outre, il amorça la transition au cours de laquelle la Police à cheval cesserait d’être une force militaire des régions pionnières et deviendrait un corps policier urbain. Lorsque Herchmer quitta la Police à cheval du Nord-Ouest, celle-ci avait une belle réputation, tant au pays qu’à l’étranger, et commençait à être un symbole du Canada. D’ailleurs, c’est lui qui fit adopter le feutre à larges bords et instaura les premières chevauchées en musique.

S. W. Horrall

AN, MG 26, A ; MG 27, II, B1 ; D15 ; RG 18.— Gendarmerie royale du Canada (Ottawa), Hist. sect., Service file 0.72.— Calgary Herald, 1886–1900.— Edmonton Bulletin, 1886–1900.— Regina Leader, 1886–1900, particulièrement 5 nov. 1889, 18 févr. 1915.— Canada, Parl., Doc. de la session, 1886–1901, rapports de la Police à cheval du Nord-Ouest, 1885–1900.— « Commissioner L. W. Herchmer, 1886–1900 », Royal Canadian Mounted Police Quarterly (Ottawa), 2 (1934–1935), no 4 : 4–7.— Lord Minto–s Canadian papers : a selection of the public and private papers of the fourth Earl of Minto, 1898–1904, Paul Stevens et J. T. Saywell, édit. (2 vol., Toronto, 1981–1983).— R. C. Macleod, The NWMP and law enforcement, 1873–1905 (Toronto, 1976).— Carman Miller, Painting the map red : Canada and the South African War, 1899–1902 (Montréal et Kingston, Ontario, 1993).

Bibliographie générale

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S. W. Horrall, « HERCHMER, LAWRENCE WILLIAM », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 14, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 20 avril 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/herchmer_lawrence_william_14F.html.

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Auteur de l'article:   S. W. Horrall
Titre de l'article:   HERCHMER, LAWRENCE WILLIAM
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 14
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1998
Année de la révision:   1998
Date de consultation:   20 avril 2014