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HILL, sir STEPHEN JOHN, gouverneur, né le 10 juin 1809, fils du major William Hill et d’une prénommée Sarah ; le 30 novembre 1829, il épousa Sarah Ann Munnings, et ils eurent des enfants, puis le 3 août 1871 Louisa Gordon Sheil ; décédé le 20 octobre 1891 à Londres.

On sait peu de chose de la jeunesse de Stephen John Hill, si ce n’est qu’il suivit son père dans l’armée et devint lieutenant dans le 2nd West India Régiment en 1828. Ces quelques renseignements et le fait qu’il ait épousé en premières noces la fille du juge en chef des Bahamas nous permettent cependant de supposer qu’il est né dans les Antilles. Après avoir fait partie du régiment des Antilles en Afrique occidentale, Hill fut nommé gouverneur de la Côte-de-l’Or (Ghâna) en 1851. Fonctionnaire énergique, il chercha à promouvoir tant l’éducation que la participation des Africains au gouvernement local. Trois ans plus tard, on le nomma gouverneur de la Sierra Leone, le principal poste administratif britannique en Afrique occidentale. L’« embarrassante énergie » avec laquelle il tenta d’y imposer l’ordre l’amena à entreprendre deux expansions territoriales, que le ministère des Colonies approuva sans enthousiasme. Hill quitta l’Afrique occidentale en 1862, soi-disant pour des raisons de santé ; on le nomma alors gouverneur des îles Leeward et d’Antigua, en remplacement de Ker Baillie* Hamilton.

En juillet 1869, Hill devint gouverneur de Terre-Neuve. Il débarqua dans cette île juste avant une campagne électorale dont l’enjeu était l’entrée de Terre-Neuve dans la Confédération. Il prit parti pour les fédéralistes de Frederic Bowker Terrington Carter et fit ce qu’il pouvait pour les aider, mais il croyait beaucoup moins en leurs chances de réussite que son prédécesseur Anthony Musgrave*. La victoire des adversaires de la Confédération en novembre le désola. Furieux, il écrivit au ministère des Colonies : « La masse des électeurs de cette colonie est ignorante, anarchique et pleine de préjugés ; la majorité d’entre eux, vivant comme ils le font dans de petits villages de pêcheurs où ils mènent une existence presque primitive, ne sont pas des sujets avec lesquels des hommes instruits et cultivés peuvent discuter des avantages de la Confédération. J’estime donc que ce fut une erreur capitale de s’en remettre à de telles gens pour décider d’une question aussi importante. » Il poursuivait en soutenant que, moins nombreux, les partisans de la Confédération étaient néanmoins « largement majoritaires au chapitre de l’intelligence, de la richesse, du rang social et de l’honnêteté des intentions » ; pour cette raison, croyait-il, le gouvernement impérial, qui souhaitait unifier toute l’Amérique du Nord britannique, devait envisager d’obliger Terre-Neuve, par décret, à se joindre aux provinces qui formaient déjà le Canada. Comme Londres avait rejeté cette proposition jugée irréaliste, sinon impossible, Hill alla jusqu’à prier instamment le gouvernement impérial de passer aux menaces : ou l’on céderait le Labrador au Canada, ou l’on ferait passer Terre-Neuve sous dépendance canadienne. L’une ou l’autre menace, pensait-il, réduirait vite le nombre des opposants à la Confédération. Le fait que Hill ait pu faire ce genre de proposition illustre non seulement son impatience de militaire devant le processus politique, mais aussi sa méconnaissance du principe de la responsabilité ministérielle et du rôle du gouverneur dans ce système. (Il avait acquis son expérience dans des colonies de la couronne.) Il semble toutefois que Hill se soit rapidement adapté tant à son nouveau poste qu’aux réalités politiques de Terre-Neuve. S’il ne cacha jamais ses sympathies, il accepta, tout comme Carter et ses alliés fédéralistes, que le vote de 1869 ait effectivement mis fin à toute possibilité d’association avec le Canada dans un avenir prévisible.

Bien qu’il ait profondément douté de la stabilité et du talent du gouvernement anticonfédéral de Charles James Fox Bennett*, qui prit le pouvoir au début de 1870, Hill se révéla diplomate et digne de confiance comme gouverneur. Il appuya fortement les arguments de Carter et de Bennett pour le maintien de la garnison impériale à St John’s, mais sans résultat. Il ne parvint pas non plus à convaincre le gouvernement d’instituer une milice. En général, il réussit à ne pas s’empêtrer dans la politique locale, manœuvrant prudemment entre les écueils sur la question des droits de pêche étrangers [V. Carter]. Il le fit en agissant, comme il convenait, sur les recommandations de son Conseil exécutif, même si celles-ci pouvaient prêter à controverse. Ainsi sut-il se faire aimer et inspirer confiance. Le géologue Alexander Murray*, qui le connaissait bien, l’a décrit comme « un homme des plus charmants et des plus amusants ».

Compagnon de l’ordre du Bain depuis 1860, Stephen John Hill fut fait chevalier commandeur de l’ordre de Saint-Michel et Saint-Georges en 1874. Deux ans plus tard, après une longue maladie, il quitta son poste de gouverneur pour aller vivre à Londres. On l’avait probablement envoyé à Terre-Neuve pour qu’il préside à l’accession de la colonie au rang de province canadienne. Au lieu de cela, le sexagénaire affable y était resté pour surveiller et encourager les premières tentatives de Terre-Neuve en vue de jeter les bases économiques de la voie qu’elle avait choisie.

James K. Hiller

AN, MG 29, B1, Alexander Murray à Sandford Fleming, 13 juin 1877.— Arch. of the Archdiocese of St John’s, Edward Morris diary.— Centre for Newfoundland Studies, Memorial Univ. of Nfld. (St John’s), « A biographical dictionary of the governors of Newfoundland », Gordon Duff, compil. (copie dactylographiée, [St John’s], 1964).— PRO, CO 194/178–179, 183.— Evening Herald (St John’s), 23 nov. 1891.— Times (Londres), 27 oct. 1891.— DNB.— Encyclopedia of Nfld. (Smallwood et al.).— William Lux, Historical dictionary of the British Caribbean (Metuchen, N.J., 1975), 175.— J. D. Hargreaves, Prelude to the partition of West Africa (Londres, 1963).— David Kimble, A political history of Ghana : the rise of Gold Coast nationalism, 1850–1928 (Oxford, Angl., 1963).— W. D. MacWhirter, « A political history of Newfoundland, 1865–1874 » (thèse de {{m.a}}., Memorial Univ. of Nfld., 1963).— A. B. C. Sibthorpe, The history of Sierra Leone (4 e éd., Londres, 1906 ; réimpr., 1970).— A. A. Parsons, « Governors I have known », Newfoundland Quarterly (St John’s), 20 (1920–1921), no 2 : 7.

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James K. Hiller, « HILL, sir STEPHEN JOHN », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 12, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 21 août 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/hill_stephen_john_12F.html.

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Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 12
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1990
Année de la révision:   1990
Date de consultation:   21 août 2014