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MORRIS, EDWARD, homme d’affaires, homme politique et fonctionnaire, né en 1813 dans le comté de Waterford (République d’Irlande), fils de Simon Morris ; en 1852, il épousa Katherine Howley, de St John’s, et ils eurent une fille ; décédé le 3 avril 1887 à St John’s.

Edward Morris fit ses études au St John’s College de Waterford. En 1832, il immigra à Terre-Neuve pour se joindre à la firme de son oncle Patrick Morris* qui s’était lancé dans le transport des passagers et le commerce des denrées entre St John’s et l’Irlande. Morris s’occupa d’une grande partie des affaires de son oncle et fit de nombreux voyages en Europe à titre de représentant de l’entreprise. Toutefois, dans les années 1830, Patrick Morris se désintéressa de sa firme et la liquida en 1839. Trois ans plus tard, Edward Morris s’établit commissionnaire et encanteur à St John’s, mais il semble qu’il n’ait pas connu de succès et il abandonna les affaires à la fin des années 1840. Vers 1842, grâce à l’appui de son oncle, alors trésorier colonial, il obtint un emploi à la Savings Bank, qui faisait partie à cette époque du département du trésorier. En 1851, Morris écrivit dans son journal qu’il vivait modestement avec son père dans une petite ferme près de St John’s. Devenu caissier (directeur général) de la banque en 1852, il conserva ce poste jusqu’en 1886.

Après son arrivée à St John’s, Morris s’intégra immédiatement à l’élite irlandaise catholique et ne tarda pas à occuper un poste en vue au sein de la Benevolent Irish Society. Il se passionna aussi pour la politique. Son oncle avait été l’un des chefs du mouvement d’agitation qui avait contribué à obtenir des institutions représentatives à Terre-Neuve en 1832, et il était lui-même cousin de John Kent*, libéral éminent depuis 1833 et premier ministre de la colonie de 1858 à 1861. Morris aurait bien aimé siéger à l’Assemblée de Terre-Neuve comme son père, qui fut député de Placentia dans les années 1840, et comme son oncle. Cependant, Mgr John Thomas Mullock* lui interdit de se présenter aux élections de 1855 car il avait déjà choisi celui qui représenterait les libéraux avant que Morris annonçât sa candidature. Celui-ci en éprouva une profonde déception mais il se soumit à la décision de l’évêque avec sa résignation habituelle et demeura fidèle à l’Église catholique et au parti libéral. Ses liens de famille et sa participation pendant de nombreuses années à l’activité de la Benevolent Irish Society lui valurent une compensation en mai 1855, le nouveau gouvernement de Philip Francis Little* le choisissant alors comme rapporteur des débats à l’Assemblée. En 1858, le gouverneur, sir Alexander Bannerman*, le nomma au Conseil législatif et, la même année, il fut élu président de la Benevolent Irish Society.

Parvenu à un rang d’une certaine importance à St John’s, Morris déménagea dans un beau quartier. Pendant 15 ans, il travailla inlassablement aux œuvres charitables et sociales de la Benevolent Irish Society et dirigea la Savings Bank avec honnêteté et efficacité. Il fut l’un des rares membres du Conseil législatif à soutenir l’idée d’associer la colonie aux autres colonies de l’Amérique du Nord britannique pour former une confédération pendant les dernières années de la décennie 1860. Il acquit peu à peu de l’ancienneté au conseil et en devint président en 1870 malgré les objections du gouverneur sir Stephen John Hill* : la règle voulait que le président du conseil représentât le gouverneur en son absence, mais Hill estimait que Morris appartenait à un rang social trop peu élevé pour remplir ce rôle. Morris demeura cependant président du conseil pendant 16 ans, et, bien que Hill eût obtenu que le juge en chef fît office d’administrateur, Morris exerça à deux reprises les fonctions d’administrateur en chef, soit en 1870, parce que le changement n’avait pas encore été fait, et en 1883, parce que le juge en chef était absent.

Le journal de Morris révèle qu’il fut un homme honnête et bon. Dépourvu d’ambition ou d’une intelligence remarquable, il connut le succès grâce aux efforts de ses amis et à ses liens de famille. Toujours conscient de cette aide et se rendant compte qu’il ne pourrait jamais pénétrer dans le cercle fermé de la société de St John’s, il était habituellement mal à l’aise dans les réceptions officielles et beaucoup plus heureux lorsqu’il jouait aux cartes, causait et buvait du punch au whisky avec des amis. On peut dire qu’il mena une vie tranquille, faite de réalisations modestes.

James K. Hiller

Arch. of the Archdiocese of St John’s, Edward Morris diary (mfm aux Maritime Hist. Group Arch.).— Maritime Hist. Group Arch., Morris name file.— PRO, CO 194/179.— Newfoundlander, avril 1839, 22 sept. 1842.— Times and General Commercial Gazette, 6 avril 1887.

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James K. Hiller, « MORRIS, EDWARD », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 11, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 16 avril 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/morris_edward_11F.html.

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Auteur de l'article:   James K. Hiller
Titre de l'article:   MORRIS, EDWARD
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 11
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1982
Année de la révision:   1982
Date de consultation:   16 avril 2014