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HOWARD, JAMES SCOTT, fonctionnaire, né le 2 septembre 1798 à Bandon (comté de Cork, République d’Irlande), fils de John Howard et de Mary Scott ; épousa le 8 juin 1822 à Fredericton, Nouveau-Brunswick, Salome, fille d’Archibald McLean*, membre de l’Assemblée législative du Nouveau-Brunswick, et ils eurent trois enfants ; décédé le 1er mars 1866 à Toronto, Haut-Canada.

James Scott Howard émigra d’Irlande en 1819 et vint s’établir à Fredericton, qu’il quitta dès 1820 pour s’installer à York (Toronto). Peu de temps après son arrivée, on lui confia d’importantes fonctions au bureau de poste de York. Il devait plus tard décrire ses fonctions en ces termes : « principal et unique assistant de [...] [William Ahan*] dans ses tâches respectives de maître de poste, percepteur des douanes, inspecteur des licences et trésorier du district [Home] ». Lorsque Howard succéda à Allan comme maître de poste le 2 juillet 1828, Allan mentionna dans une lettre officielle que le service des postes pouvait s’estimer heureux d’avoir une personne qui connût si bien les devoirs de sa charge et qui fit preuve sous tous les rapports de la plus grande loyauté. Thomas Stayner, qui était son supérieur, le consulta sur de nombreuses questions relatives à la poste, telles l’affranchissement et le transport du courrier à travers les États-Unis, et il loua sa collaboration.

Aussi fut-ce avec étonnement que le 13 décembre 1837, pendant l’insurrection du Haut-Canada, Howard apprit qu’il était relevé de ses fonctions par le lieutenant-gouverneur Francis Bond Head*. Conscient d’être l’objet de certains soupçons, Howard avait écrit le 9 décembre à Charles Berczy*, inspecteur du bureau de poste, pour lui demander d’enquêter sur la situation. On l’avait assuré que rien ne pesait sur lui, si ce n’est le fait qu’il entretenait trop de rapports avec « ces gens ». À la fin de janvier 1838, Howard apprit par Stayner que Head le soupçonnait de soutenir les buts et les plans des rebelles du fait qu’il avait entretenu des relations avec John et Joseph Lesslie et qu’il le soupçonnait en outre d’avoir engagé en majeure partie, au bureau de poste de Toronto, des sympathisants du mouvement révolutionnaire. Howard ne prit pas les armes contre les rebelles, et cela ne vint que renforcer les soupçons de Head.

Dans sa réponse aux accusations portées contre lui, Howard insista sur sa neutralité politique, affirmant qu’à titre de maître de poste il n’avait jamais assisté à une réunion politique ou même voté, qu’il avait la preuve que Stayner approuvait son attitude et qu’on ne lui avait pas demandé de quitter son poste pour prendre les armes. Les faits apportés par Howard pour sa défense étaient sans doute assez exacts, mais Head ne pouvait comprendre ni admettre la neutralité de Howard : il voulait à la tête du bureau de poste un homme loyal et zélé. En février 1838, l’affaire fut soumise à lord Glenelg, ministre des Colonies, qui consulta Head et le successeur de ce dernier dans le Haut-Canada, George Arthur*. Head maintint ses accusations ; Arthur, bien que du même avis, se fit remettre au mois de mai par le Conseil exécutif un rapport signé par Robert Baldwin Sullivan*, Allan et Augustus Baldwin, dans lequel on reconnaissait la neutralité politique de Howard, sans toutefois désapprouver les mesures prises par Head. Étant donné l’atmosphère confuse qui régnait alors dans le Haut-Canada, Glenelg laissa la question en suspens.

La neutralité et la loyauté de Howard pendant ces années de rébellion ne peuvent être sérieusement mises en doute. Il a pu avoir quelques amis aux idées plutôt radicales, mais ceux-ci ne firent que démontrer son impartialité. Il n’était certainement pas de connivence avec William Lyon Mackenzie, qui critiquait depuis longtemps l’administration du bureau de poste, et qui, pendant l’insurrection, pénétra dans la maison de Howard, harcela son épouse et s’empara de provisions pour les troupes rebelles. Howard fut de toute évidence victime de l’action précipitée de Head au cours de l’insurrection.

Au cours des années suivantes, Howard poursuivit ses efforts en vue d’obtenir sa réintégration au bureau de poste ou encore une certaine compensation. Cette affaire ne tomba d’ailleurs pas dans l’oubli : en 1840, Francis Hincks* fit remarquer dans l’Examiner que le gouvernement aurait pu au moins nommer Howard, lésé dans ses droits, au sein de la commission instituée cette année-là pour étudier la situation des bureaux de poste dans les deux Canadas. Néanmoins, on lui trouva en 1842 un poste comme trésorier du district de Home. Il devint par la suite trésorier des comtés unis de York et de Peel et il occupa ce poste jusqu’à sa mort. Il fut nommé membre du conseil de l’Éducation lorsque celui-ci fut créé par la loi des écoles publiques en 1846. En 1850, cet organisme devint le conseil de l’Instruction publique, et Howard continua à en faire partie jusqu’à sa mort ; il fut cité pour ses bons services, « spécialement dans le domaine financier pendant et après la fondation de la Toronto Normal School ». En 1828, Howard avait été nommé au sein d’un comité chargé de surveiller la publication du Christian Guardian, d’inspiration méthodiste wesleyenne. Il fut trésorier de l’Irish Relief Fund en 1847, secrétaire de l’Upper Canada Bible Society de 1846 à 1860 et trésorier de l’Upper Canada Tract Society.

Marion L. Beyea

MTCL, William Allan papers, 6.— PAO, Howard (MacLean) papers ; RG 2, B–3.— PRO, CO 42/448 ; 42/454.— J. S. Howard, A statement of facts relative to the dismissal of James S. Howard, esq., late postmaster of the city of Toronto, U.C. (Toronto, 1839).— Town of York, 18151834 (Firth).— Examiner (Toronto), 4 nov. 1840.— Chadwick, Ontarian families, II : 188.— Commemorative biographical record, county York.— Dent, Upper Canadian rebellion.

Bibliographie générale

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Marion L. Beyea, « HOWARD, JAMES SCOTT », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 9, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 20 avril 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/howard_james_scott_9F.html.

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Auteur de l'article:   Marion L. Beyea
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Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 9
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1977
Année de la révision:   1977
Date de consultation:   20 avril 2014