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LEIGH, JOHN, ministre de l’Église d’Angleterre, lexicographe et juge de paix, baptisé le 20 février 1789 dans la paroisse de St Decuman, Angleterre, fils de Robert Leigh et d’une prénommée Maria ; décédé célibataire le 17 août 1823 à St John’s.

John Leigh fit ses études au St Mary Hall d’Oxford et fut ordonné prêtre anglican en 1813 à Wells, dans le Somerset. Trois ans plus tard, il était le premier missionnaire envoyé par la Society for the Propagation of the Gospel in Foreign Parts à Twillingate, au large de la côte nord-est de Terre-Neuve. En mars 1819, une expédition dirigée par John Peyton fils ayant ramené du lac Red Indian une Béothuk nommée Demasduwit*, Leigh commença de s’intéresser à ces autochtones. Il accompagna Demasduwit à St John’s et, dans une lettre adressée à la Society for the Propagation of the Gospel, il se dit assuré que cette société ne voudrait ménager aucun effort pour « sortir ces pauvres créatures de leur misérable condition ». Il joignait ainsi sa voix à celles de nombreuses personnes qui, par souci humanitaire, appelaient la fin des hostilités entre les colons blancs et les Béothuks et il fut le premier ecclésiastique à se déclarer publiquement intéressé à les évangéliser.

C’est en ayant cet objectif en vue que, pendant l’été de 1819, Leigh recueillit auprès de Demasduwit un vocabulaire assez imposant. Bien que son lexique contienne des termes relevés dans d’autres vocabulaires, dont celui de John Clinch*, on y trouve plus de 200 des 350 mots béothuks connus. Leigh annonça à la Society for the Propagation of the Gospel qu’il avait l’intention de lui envoyer son recueil, en remarquant que le béothuk, « par sa prononciation, [paraissait] assez semblable au gallois », mais les archives de la société n’indiquent pas que celle-ci le reçut. Ce qui semble avoir été la version originale, ou du moins ce qu’il en reste, a été retrouvé dans une famille de Twillingate en 1957. Une copie du document, faite à l’intention de John Peyton fils, a été publiée par Thomas George Biddle Lloyd dans le Journal de l’Anthropological Institute of Great Britain and Ireland en 1875 et par d’autres ensuite. Un officier de la marine royale britannique, Hercules Robinson, en a fait une autre copie en 1820 à Harbour Grace et l’a publiée en 1834 dans le Journal de la Geographical Society de Londres.

Les privations subies dans la lointaine île South Twillingate avaient durement éprouvé la santé de Leigh ; ainsi, en décembre 1818, il avait souffert du scorbut. À la fin de l’été de 1819, parce que sa santé était encore mauvaise et qu’il était peu probable qu’un autre navire se présente avant l’hiver, il accepta l’invitation du commander David Buchan*, qui lui offrait de le conduire dans sa nouvelle mission de Harbour Grace. Leigh avait été magistrat à Twillingate et il conserva ce poste, siégeant avec Buchan à un tribunal de surrogate. En juillet 1820, ils soulevèrent l’indignation de la population en ordonnant que Philip Butler et James Lundrigan, trouvés coupables d’outrage au tribunal, soient fouettés en public. Buchan et Leigh furent blâmés et l’affaire fut portée à l’attention du gouvernement britannique. En 1824, on élimina les tribunaux de surrogate et on pourvut à la nomination de juges ayant une formation adéquate.

Au début du {{xix}}e siècle, à Terre-Neuve, l’Église d’Angleterre était « entièrement dépourvue de soutien épiscopal » et de toute forme d’administration. Aussi Robert Stanser, évêque de la Nouvelle-Écosse, nomma-t-il John Leigh grand vicaire en 1821 pour qu’il supervise les missionnaires de l’île. En dépit de sa santé chancelante, Leigh se mit à l’œuvre avec un zèle infatigable. Comme il le rapporta à la Society for the Propagation of the Gospel, il parcourut en 1822 « 280 milles sur des navires pontés et 291 dans des embarcations non pontées ». De plus, il passa l’hiver de 1822–1823 à Bonavista, parce qu’aucun autre missionnaire ne pouvait y rester. Toutes ces épreuves eurent raison de lui : encore jeune, il mourut le 17 août 1823 après avoir souffert d’une « grave et douloureuse maladie pendant près de cinq semaines ».

John Hewson

USPG, Journal of SPG.— SPG, [Annual report] (Londres).— John Hewson, Beothuk vocabularies (St John’s, 1978).— Howley, Beothucks or Red Indians.— Pascoe, S.P.G.

Bibliographie générale

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John Hewson, « LEIGH, JOHN », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 6, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 2 sept. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/leigh_john_6F.html.

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Auteur de l'article:   John Hewson
Titre de l'article:   LEIGH, JOHN
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 6
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1987
Année de la révision:   1987
Date de consultation:   2 septembre 2014