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MASSON, FRANCIS, botaniste, né en août 1741 à Aberdeen, Écosse ; décédé, probablement célibataire, le 23 décembre 1805 à Montréal.

Francis Masson fut nommé jardinier auxiliaire aux Royal Botanic Gardens de Kew (maintenant partie de Londres) en 1771. Jusqu’à ce moment-là, les jardins botaniques de Kew avaient reçu des plantes et de « semences de diverses personnes, mais William Aiton, le directeur, désirait que l’établissement entreprît lui-même la cueillette de ses spécimens. Masson en devint le premier collectionneur officiel, et, en 1772, on l’envoya au cap de Bonne-Espérance (république d’Afrique du Sud), à bord du Resolution, avec le capitaine James Cook*. De cette année-là à 1774, il fit trois longues expéditions à l’intérieur du sud de l’Afrique, à la recherche de plantes. Il rentra er Angleterre en 1775, et, l’année suivante, il publia une relation de ses voyages dans les Philosophical Transactions de la Royal Society de Londres. Il commença de correspondre avec l’éminent naturaliste suédois Carl von Linné, qui fut son idole et qui, à la demande de Masson, baptisa une espèce d’asphodèle Massonia. En mai 1776, Masson fut envoyé au a Açores, aux îles Canaries, à Madère et aux Antilles en 1778, il publia « An account of the Island of St Miguel [...] » dans les Philosophical Transactions. Il retourna en Angleterre en 1781. Deux ans plus tard, i se rendit au Portugal, en Espagne, et à Tanger, at Maroc ; de là, il fit de nouveau voile vers le Portugal et Madère, et rentra en Angleterre en 1785. À la fin de cette année-là, il repartait pour le cap de Bonne-Espérance. Il resta dans le sud de l’Afrique jusqu’en 1795, et, l’année suivante, il publia un livre sur une espèce de Stapelia nova qu’il y avait découverte ; dessinateur de talent, Masson fit lui-même la plupart des illustrations.

Au début de 1797, sir Joseph Banks, président de la Royal Society et ami de Masson, convainquit ce dernier d’entreprendre un voyage d’herborisation dans le Haut-Canada. Masson s’embarqua en septembre, mais n’arriva à New York qu’à la fin de décembre, à cause du mauvais temps et des corsaires français. Vers la fin de mai 1798, il se rendit à Oswego, dans l’état de New York, puis il voyagea par bateau, longeant les bords du lac Ontario et faisant plusieurs incursions sur le rivage pour herboriser. Il arriva à Newark (Niagara-on-the-Lake, Ontario) au début de juillet et se rendit à Queenston (maintenant partie de Niagara-on-the-Lake). Il se proposait de visiter Detroit, mais, à cause des vents contraires, il ne put prendre le navire sur le lac Érié. Après avoir fait d’autres cueillettes autour de Newark, il s’embarqua pour York (Toronto) et, finalement, pour Montréal, où il arriva le 16 octobre. Le lendemain, il envoyait à Banks une boîte de semences et des spécimens de riz sauvage.

Au cours des premiers mois de 1799, Masson rencontra James McGill, de même que sir Alexander Mackenzie et d’autres membres de la North West Company. Au printemps, il voyagea avec des trafiquants, de la compagnie, par la rivière des Outaouais et le lac Supérieur, jusqu’à Grand Portage (près de Grand Portage, Minnesota). De retour à Niagara en septembre, il rentra à Montréal par la route de Kingston et y arriva en novembre. De ce voyage, il rapportait deux caisses de plantes vivantes, dont des espèces aquatiques, et des semences de 123 autres ; le tout fut expédié à Banks. En novembre 1800, il envoya de Québec des herbes, des arbustes et 90 sortes de graines. Dans une lettre qui accompagnait ce dernier envoi, il disait projeter, pour 1801, un voyage en Virginie et sur l’Ohio. En janvier 1801, toutefois, il jugeait un tel voyage trop coûteux et avait l’intention, plutôt, de remonter la rivière des Outaouais avec les trafiquants pour étudier la flore des lacs Huron, Michigan et Supérieur. Néanmoins, les spécimens de deux plantes de la Virginie qui se trouvent aux jardins botaniques de Kew et dont la cueillette pourrait être attribuée à Masson laissent croire qu’il a pu se rendre dans cet état à cette époque.

En mai 1805, les arrangements avaient été faits pour la traversée de Masson en Angleterre, mais il décida de rester au Bas-Canada, à cause du danger que représentait la marine française. Il se proposait d’herboriser dans les postes britanniques du golfe du Saint-Laurent, et c’est ce qu’il semble avoir fait pendant l’été. En octobre, il fit des plans bien précis pour son retour en Angleterre au printemps suivant et expédia des spécimens d’arbres fruitiers, de noisetiers et de saules, en se plaignant que de grandes pluies l’avaient empêché de pousser sa cueillette autour de Montréal. Mais, le 23 décembre, il mourait dans cette ville, chez John Gray* ; il était enseveli deux jours plus tard, après un service à l’église Scotch Presbyterian, connue ultérieurement sous le nom de St Gabriel Street.

Bien qu’il ne fût pas très instruit et qu’il eût peu publié, Francis Masson s’acquit une solide réputation. À l’instar de son contemporain français André Michaux, il était intelligent, observateur et voyageur-né. Dans la notice nécrologique de cet homme « doux et modeste », la Gazette de Montréal notait que « des voyageurs qui, occasionnellement, le rencontraient dans des régions éloignées [...] et des hommes de science qui connaissaient son travail incessant en botanique et pouvaient apprécier ses talents, témoignaient également de son mérite, et [que] leurs écrits mettaient incontestablement en évidence ses succès fort peu communs ». Néanmoins, et même si Masson introduisit en Angleterre un grand nombre de plantes indigènes du Canada, dont le trillium, l’actuel emblème floral de l’Ontario, et s’il attira l’attention des Royal Botanic Gardens de Kew sur les plantes canadiennes, il fut vite oublié dans les cercles botaniques du Canada.

Richard A. Jarrell

Francis Masson est l’auteur de Stapeliœ novœ ; or, a collection of several new species of that genus, discovered in the interior parts of Africa (Londres, 1796), ainsi que de deux articles parus dans les Philosophical Trans. de la Royal Soc. of London : « An account of three journeys from Cape Town to the southern parts of Africa [...] », 66 (1776) 268–317, et « An account of the Island of St. Miguel [...] », 68 (1778) : 601–610. Une collection de ses plantes et de ses aquarelles de plantes se trouve au British Museum.

Royal Botanic Gardens (Londres), Record bock, 1793–1809, J. A. Ewan à G. P. de Wolf, s.d. (« Chronology of Masson in Canada »).— State Library of New South Wales, Mitchell Library (Sydney, Australie), Banks papers, Brabourne coll.— Landmann, Adventures and recollections, 1 : 315s.— « Of the three species of the natural order orchidæ represented in plate VI », Journal of Science and the Arts (New York et Londres), 4 (1818) : 199–206.— « Select orchidæ ; from the Cape of Good Hope », Journal of Science and the Arts, 5 (1818) : 104s. ; 6 (1819) : 44–46 ; 8 (1820) : 221s. ; 9 (1820) : 310–314.— La Gazette de Montréal, 30 déc. 180.— Dictionary of South African biography, W. J. de Kock et al., édit. (3 vol. parus, Pretoria, Afrique du Sud, 1968– ), 1 : 521–523.— DNB. James Britten, « Francis Masson », Journal of Botany (Londres), 22 (1884) : 114–123.— V. S. Forbes, « Massons travels », South African Geographical Journal (Johannesburg), 29 (1947) : 16–18.— M. C. Karsten, « Francis Masson, a gardener-botanist who collected at the Cape », Journal of South African Botany (Le Cap), 24 (1958) : 203–218 ; 25 (1959) : 167–188, 283–310 ; 26 (1960) : 9–15 ; 27 (1961) : 15–45.

Bibliographie générale

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Richard A. Jarrell, « MASSON, FRANCIS », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 5, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 29 juill. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/masson_francis_5F.html.

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Auteur de l'article:   Richard A. Jarrell
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Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 5
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1983
Année de la révision:   1983
Date de consultation:   29 juillet 2014