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McDONALD, JOHN, homme d’affaires, juge de paix, fonctionnaire et homme politique, né le 10 février 1787 à Saratoga (Schuylerville, New York), quatrième fils de John McDonald et d’Amelia Cameron ; le 10 février 1831, il épousa Henrietta Maria Mallory, fille de Benajah Mallory, et ils eurent un fils et quatre filles ; décédé le 20 septembre 1860 à Gananoque, Haut-Canada.

John McDonald passa ses premières années à Athol, dans l’état de New York, où ses parents avaient fini par s’installer après avoir émigré de Blair Atholl, en Écosse, en 1785. « Encore jeune », toutefois, John quitta Athol pour Troy, toujours dans l’état de New York, où il devait se lancer dans les « affaires commerciales ». En 1809, son frère Charles* s’établit dans le Haut-Canada, à Gananoque, sur le Saint-Laurent, où il mit progressivement sur pied une entreprise qui connut la prospérité. Pendant la guerre de 1812, il semble que les affaires de John McDonald à Troy déclinèrent et que, lors de la récession qui suivit la fin des hostilités, son avenir là-bas ne parut pas prometteur. C’est probablement parce qu’il fut impressionné par le succès de son frère, au cours d’une visite à Gananoque en septembre 1815, qu’il vint s’y installer à la fin de 1817 et s’associa à part entière avec lui, en janvier, pour fonder la nouvelle firme C. and J. McDonald.

Créée d’abord pour faire de l’exploitation forestière, cette compagnie allait tirer profit de la croissance que connaissait le marché du bois d’œuvre des colonies grâce aux tarifs préférentiels britanniques. Pendant les années 1820, la C. and J. McDonald, qui détenait les droits de captation d’eau sur la rive ouest de la rivière Gananoque, prit une expansion rapide et en vint à diriger une partie plus importante du commerce du bois qui se faisait par ce cours d’eau. En 1825, John McDonald acquit des terres sur la rive est, consolidant ainsi la mainmise de la compagnie sur les ressources hydrauliques de la rivière et assurant l’essor de son entreprise.

Quand les Britanniques étendirent leurs tarifs préférentiels au blé et à la farine du Canada, en 1825–1827, la compagnie s’empressa d’agrandir le moulin qu’elle exploitait depuis que la société avait été établie. En 1825, elle prit le nom de C. and J. McDonald and Company parce que le jeune frère des deux associés, Collin, y était entré, et tous trois se proposèrent de construire un barrage sur la rivière afin d’augmenter l’énergie hydraulique, puis de bâtir un nouveau moulin. En juillet 1826, le nouveau moulin, qui aurait été l’un des plus grands du Haut-Canada, comptait quatre paires de meules en pierre. Après la mort de Charles, le 7 octobre suivant, John assuma de fait la direction de l’entreprise. Le blé moulu par la compagnie provenait des environs ou était acheté par des représentants dans toute la partie de la province qui avoisinait le haut Saint-Laurent. La marque de farine produite par la C. and J. McDonald and Company acquit une solide réputation en même temps que les moulins de Gananoque assuraient à la compagnie une position de premier plan sur le marché canadien de la farine et du blé. Quand le révérend William Bell visita les moulins en août 1830, il rapporta n’avoir « jamais vu d’établissement aussi grand, aussi ingénieux et aussi complet », et signala qu’on lui avait dit que les moulins pouvaient produire 160 barils de farine par jour. Même s’il ne fut pas moins impressionné par les scieries et précisa que « nombre de gens étaient employés pour faire descendre sur la rivière les trains de bois de charpente et de planches destinés au marché de Québec », il semble que cet aspect de l’entreprise ait été jugé secondaire par rapport aux moulins à farine. En 1831, la compagnie expédia à Montréal et à Québec 20 000 barils de farine et 10 000 boisseaux de blé, de même que du bois débité provenant de 10 000 troncs d’arbres.

À mesure que son entreprise prospérait, McDonald s’intéressa aux multiples projets de canalisation qui virent le jour dans les deux Canadas entre 1820 et 1840. En 1828, pendant un voyage à Bytown (Ottawa) et à Hull, il avait été impressionné par les travaux du canal Rideau, alors en cours [V. Thomas McKay]. Huit ans plus tard, cet intérêt devait le pousser à s’engager dans deux projets relatifs à la navigation.

Sur le plan local, McDonald entra à la Gananoque and Wiltsie Navigation Company, fondée en 1836, qui se proposait de financer la construction d’une série d’écluses et de barrages sur la rivière Gananoque, afin d’étendre la navigation commerciale en amont jusqu’au lac Charleston. De cette façon, il en coûterait moins cher pour transporter le blé des cantons de l’arrière-pays jusqu’au Saint-Laurent. En septembre, McDonald, qui était président de la compagnie, engagea comme ingénieur Nicol Hugh Baird*, celui-là même qui avait préparé le premier rapport et les premiers devis sur ce projet de voie navigable. Les travaux d’arpentage commencèrent le même mois, mais la construction ne fut jamais achevée, apparemment à cause de la rébellion de 1837–1838 et du « climat d’incertitude » qu’elle engendra.

Plus tôt en 1836, McDonald s’était engagé dans un autre projet, beaucoup plus important. En mars, le président de la commission chargée d’améliorer la navigation sur le Saint-Laurent, Jonas Jones*, avait proposé qu’il remplace John Macaulay à titre de commissaire. Jones décrivait McDonald comme « un gentleman de grande réputation et de grande importance, très hardi, expérimenté et habile en affaires » qui s’était toujours vivement intéressé aux travaux de canalisation du Saint-Laurent et au progrès en général. Au moment où McDonald commença à occuper son siège au sein de la commission en mai, celle-ci avait réglé ses premiers problèmes de main-d’œuvre et gagné ses premières batailles juridiques au sujet des terres destinées à la canalisation. La construction avait déjà commencé sur le premier chantier, celui du canal de Cornwall, et les plans qui devaient permettre d’étendre les travaux à d’autres sections du fleuve étaient déjà en cours de préparation. Après 1837 cependant, l’avenir des canaux du Saint-Laurent se modifia radicalement. Par suite de la dépression de cette année-là et de la désorganisation causée par la rébellion, toute l’entreprise s’embourba dans des difficultés financières. En plein cœur de cette crise, en mai 1838, McDonald remplaça Jones à la présidence. Il dut affronter non seulement les problèmes financiers de la commission, mais aussi des divisions internes, causées par des querelles entre Philip VanKoughnet* et John Hamilton*, puis un scandale au sein de la commission elle-même. À la fin de juin 1838, il apprit que le gouvernement ne financerait plus les travaux de canalisation et qu’ils devaient être suspendus. La réalisation du projet était progressivement devenue trop coûteuse et elle fut interrompue en juin 1839.

L’importance de McDonald dans le monde des affaires se reflète dans les charges diverses qu’il remplit dans sa région. Même s’il était d’origine américaine, il avait épousé la belle-petite-fille du colonel Joel Stone*, un des premiers colons loyalistes, et sa loyauté envers la couronne ne faisait aucun doute. En 1828, on lui confia son premier mandat de juge de paix et on le nomma maître de poste de Gananoque, ce qui lui donnait un accès gratuit au service postal, privilège précieux pour ses affaires. Lors des élections générales de 1836, il fut scrutateur dans la circonscription de Leeds. En 1838, il devint commissaire à la Cour des requêtes de Gananoque (un des premiers tribunaux de petites causes). En outre, en 1838–1839, il renseigna le gouvernement sur les mouvements des patriotes dans la région de Gananoque et de l’autre côté de la frontière, dans l’état de New York [V. Daniel D. Heustis*].

Homme d’affaires avant tout, McDonald ne s’intéressait guère à la politique, sauf dans la mesure où elle avait des effets sur le commerce ou sur sa région. Il avait d’abord été un allié politique de Jonas Jones, l’ardent tory de Brockville. Toutefois, à la fin des années 1830, ses opinions, d’inspiration conservatrice, semblaient s’être modérées. Il se peut qu’il ait été déçu de Jones qui, en 1837–1838, avait ouvertement tenté de se retirer de la commission des canaux du Saint-Laurent en pleine période difficile et qui, comme député de Leeds, n’avait ni voulu ni pu l’aider à remédier à la pénurie de magistrats dans la région de Gananoque. En 1837, il se tourna vers l’influent Ogle Robert Gowan*, l’autre député de Leeds, pour obtenir son aide.

McDonald commença à occuper sa première fonction politique en 1839 quand il fut nommé au Conseil législatif pendant le mandat du lieutenant-gouverneur sir George Arthur. Son maigre intérêt pour la politique et son conservatisme modéré se révèlent dans la carrière qu’il y fit. Après avoir été conseiller pendant les tumultueux débats qui avaient précédé l’Acte d’Union, il fut nommé en 1841, sous lord Sydenham [Thomson*], au nouveau Conseil législatif des provinces unies, qui était de tendance modérée. Durant la première session du conseil, à l’époque où le gouvernement siégeait à Kingston, la présence de McDonald fut régulière, mais dès 1843 il se fit plus rare. Préoccupé par ses affaires et les travaux de canalisation du Saint-Laurent, qui avaient repris en 1842, il trouva peu de temps pour assister aux séances qui se tinrent à Montréal après 1843. En 1848, il perdit son siège à cause de ses absences répétées.

Pendant les années 1830 et le début des années 1840, les affaires de McDonald avaient continué de prospérer. En 1834, son neveu William Stone McDonald était entré à la compagnie comme associé. Collin McDonald s’en était retiré en juillet 1839 pour fonder peu après une compagnie à Cleveland, dans l’Ohio, laquelle était peut-être une filiale de la C. and J. McDonald and Company, car il semble qu’elle achetait du blé américain pour l’acheminer jusqu’aux moulins de Gananoque. Tirant parti du Canada Corn Act de 1843, qui autorisait l’application de tarifs préférentiels au blé américain moulu dans le Haut-Canada, McDonald fit déclarer Gananoque port d’entrepôt franc à la fin de 1845, ce qui lui permit d’importer encore plus de blé pour ses moulins. La compagnie n’avait pas progressé seulement grâce au sens aigu des affaires de ses administrateurs, mais également grâce aux privilèges coloniaux. Aussi, quand les entreprises de farine et de bois de charpente de toute la province subirent les contrecoups de l’abolition des lois sur le blé et des tarifs préférentiels sur le bois, en 1846, la C. and J. McDonald and Company ne fit pas exception.

En 1847, John McDonald avait 60 ans, trop âgé peut-être pour faire face à ces nouvelles difficultés économiques. Dès 1851, il confia la direction de la compagnie à William Stone McDonald. À sa mort, en 1860, il était encore riche. Après le remboursement d’une grosse dette à la Forsyth, Richardson and Company, son ancien transitaire, son héritage demeurait assez considérable pour que sa veuve reçoive une pension annuelle de 600 $ et pour que des biens importants soient répartis entre ses quatre enfants encore vivants. Sa grande maison de brique à deux étages, construite vers 1831–1832, abrite aujourd’hui l’hôtel de ville de Gananoque.

C. J. Shepard

AO, MS 393, E-3, box 17, « Other projects : Gananoque and Wiltse Waterway » ; MS 519 ; MU 1760 ; RG 21, United Counties of Leeds and Grenville, Leeds and Lansdowne townships (front), census and assessment rolls, 1818–1833 ; RG 22, Johnstown District, oaths of office, 1833–1842, John McDonald, oath, 26 mars 1836 ; affidavit, 13 févr. 1838 ; sér. 12, vol. 7, 14 nov. 1837 ; sér. 176, John McDonald.— APC, MG 23, HII, 1, vol. 2–4 ; RG 1, E1, 48 : 650 ; E3, 31 ; RG 5, A1 : 42136–42137, 70768–70770, 79083–79086, 89181–89184, 95115–95119, 103043–103044, 108211–108214, 110327–110332, 111482–111483, 113408–113411, 114452–114458, 114772–114775, 130974–130978 ; RG 11, A2, 94 : 276 ; RG 43, CV, 1 ; RG 68, 76 : 323 ; General index, 1651–1841 : 455, 462, 477, 516, 671.— BLHU, R. G. Dun & Co. credit ledger, Canada, 18 : 89.— Leeds Land Registry Office (Brockville, Ontario), Abstract index to deeds, Leeds Township (mfm aux AO, GS 4572).— QUA, William Bell, diaries, 7 : 77–78.— Canada, prov. du, Assemblée législative, App. des journaux, 1846, app. F ; Journaux, 1841–1845.— H.-C., House of Assembly, Journal, 1828–1840 ; Statutes, 1836, chap. 8.— Colonial Advocate, 24 févr. 1831.— Daily British Whig, sept. 1860.— Kingston Chronicle, oct. 1826.— Reporter (Gananoque, Ontario), sept. 1860.

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C. J. Shepard, « McDONALD, JOHN (1787-1860) », dans FR:UNDEF:public_citation_publication, vol. 8, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 18 avril 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/mcdonald_john_1787_1860_8F.html.

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Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
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