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McTAVISH, DONALD, trafiquant de fourrures, né en 1771 ou 1772 dans la Strath Errick, Écosse, fils d’Alexander McTavish ; il se noya le 22 mai 1814 à l’embouchure du fleuve Columbia.

Comme beaucoup de Nor’Westers, Donald McTavish se lança dans la traite des fourrures grâce à des liens de parenté, son cousin germain étant Simon McTavish, associé principal de la North West Company. Il entra dans la compagnie comme apprenti commis vers 1790 et passa apparemment les 18 années suivantes au département d’Upper English River, nom que la North West Company donnait au bassin du haut Churchill. Quelque temps avant 1795, il se trouvait sur la rivière Beaver, dans le même département, établissant très probablement le poste du lac Vert (lac Green, Saskatchewan). David Thompson* le rencontra à la rivière Beaver en 1797 ; l’année suivante, McTavish signala que, du lac Vert, il avait envoyé Thompson « par voie de terre jusqu’au fort George », poste de la compagnie sur la Saskatchewan-du-Nord, à 40 milles environ à l’ouest de la frontière actuelle de l’Alberta. Dès 1797 peut-être, McTavish devint associé. Il l’était certainement en 1799, puisque son nom figurait alors sur une liste, avec celui d’Angus Shaw*, comme associé hivernant au département d’Upper English River. Après l’assemblée annuelle de la compagnie à Kaministiquia (Thunder Bay, Ontario) en 1804, son tour vint d’aller à Montréal. En 1806, on l’affecta de nouveau au département d’English River.

Au cours de l’assemblée de 1808 au fort William (comme on appelait Kaministiquia à ce moment-là), McTavish fut l’un des cinq hivernants désignés pour recommander des solutions aux diverses difficultés financières, y compris le problème de trop grands stocks. À titre d’un des associés hivernants nommés au département d’Athabasca cette année-là, il assuma ses fonctions au fort Dunvegan (sur la rivière de la Paix, à 118° 40’ de longitude ouest) à la place d’Archibald Norman McLeod*. À part son voyage annuel au fort William, McTavish resta au fort Dunvegan jusqu’en 1811.

Pendant ce temps, la compagnie continuait d’étendre son commerce vers l’ouest. David Thompson explora le fleuve Columbia et ses affluents, et des pourparlers furent entamés pour que l’East India Company autorisât la North West Company à vendre ses fourrures en Chine. À l’été de 1811, la North West Company décida de « se lancer à l’aventure dans un commerce [entre] l’Angleterre, la Chine et la côte nord-ouest de l’Amérique », sous le commandement de Donald McTavish. Son tour venu, McTavish alla en Grande-Bretagne pour l’hiver de 1811–1812. En Écosse, il acheta une propriété pour sa retraite, puis, à Londres, il se joignit à William McGillivray* en vue de préparer une expédition sur la côte nord-ouest de l’Amérique. Ce doit être à cette époque qu’il fut inscrit parmi les premiers membres du Canada Club, fondé en 1810 pour faire pression auprès du gouvernement britannique en faveur des intérêts commerciaux canadiens. Après la vente des fourrures qui eut lieu en avril 1812 à Londres, il retourna au fort William où Thompson lui apprit non seulement qu’il avait réussi à gagner le Pacifique, mais aussi que la Pacifie Fur Company de John Jacob Astor* avait établi Astoria à l’embouchure du Columbia. Les hivernants, saisissant l’occasion de la récente déclaration de guerre entre les États-Unis et la Grande-Bretagne, résolurent de s’emparer d’Astoria en « y envoyant un navire » et, en même temps, confirmèrent la nomination de McTavish comme chef de l’entreprise, car ils « compt[aient] beaucoup sur son intégrité reconnue ». Accompagné de son commandant en second, John McDonald* of Garth (qui fut, paraît-il, quelque peu vexé d’être « privé » du premier rang), McTavish mit voile à destination de l’Angleterre où l’on avait prévu qu’une frégate de la marine escorterait le navire de la North West Company, l’Isaac Todd, avec ordre « de détruire et, si possible, d’annihiler complètement » tout établissement américain sur la côte nord-ouest de l’Amérique du Nord.

L’Isaac Todd, sous le commandement du capitaine Fraser Smith, ne quitta Portsmouth que le 25 mars 1813, après que la plupart des voyageurs et des commis de la compagnie eurent été enrôlés de force, à titre provisoire, dans la marine royale. McTavish rejeta sur McDonald la responsabilité de cet épisode de même que celle d’un autre incident à Tenerife, aux îles Canaries, où l’on emprisonna pendant quelque temps les voyageurs, que l’on soupçonnait d’être citoyens français. À Rio de Janeiro, au Brésil, McDonald embarqua sur le navire d’escorte. Étant demeuré pendant le reste des 13 mois que dura le voyage sur le lourd Isaac Todd avec un équipage qui en serait venu à le détester « outre mesure », McTavish eut pour consolation les charmes de Jane Bornes, barmaid de Portsmouth, qu’il avait persuadée de l’accompagner.

L’Isaac Todd atteignit le Columbia le 23 avril 1814, seulement pour découvrir qu’un groupe de Nor’Westers venu par terre était déjà propriétaire d’Astoria, l’ayant acheté le 16 octobre 1813 [V. Duncan McDougall], et que le fort avait été rebaptisé du nom de fort George lorsque le sloop Racoon en avait pris officiellement possession le 13 décembre. L’administration du poste était en pleine confusion quand McTavish en assuma la responsabilité. D’emblée, il démontra le bien-fondé de sa réputation « en s’assurant la bonne volonté des nations indiennes et leur alliance ». Non seulement prêta-t-il une « attention peu commune » à tous les Indiens qui venaient faire la traite, quel que fût leur rang, et laissa-t-il les chefs dormir à l’intérieur du fort à cause de la pluie, mais il réussit à organiser un procès pour homicide et l’exécution de quelques Indiens par un peloton avec l’entière approbation des chefs avec qui il « fuma [ensuite] le calumet de paix ». Mais ce qui créa davantage d’émoi, ce fut sa compagne « aux cheveux très blonds et aux yeux bleus », Mlle Bornes, et le fait qu’elle transféra ses sentiments à Alexander Henry. Maigre cela, McTavish, qui avait un « tempérament amoureux », se montra bienveillant à l’égard des liaisons d’autrui ; sa compréhension lui fit céder sa chambre deux soirs plus tard « pour la commodité » de trois collègues et de leurs compagnes chinooks. Par la suite, il prit aussi une femme chinook « à sa remorque ».

Le 22 mai 1814, McTavish se noya avec Henry après que leur bateau qui allait rejoindre l’Isaac Todd eut chaviré, accident que des Nor’Westers reprochèrent ensuite au capitaine Smith. On retrouva le corps de McTavish un ou deux jours plus tard et on l’enterra près du fort. D’après sa pierre tombale, il avait 42 ans. Au mois de novembre suivant, avant que sa mort ne fût connue à Montréal, la McTavish, McGillivrays and Company, principale actionnaire de la North West Company, le nomma agent.

Mises à part l’aventure du Columbia et la façon dont il mourut, Donald McTavish aurait pu ne pas être l’un des Nor’Westers dont on se souvient le plus. Et pourtant, ce fut grâce à son activité plutôt typique dans les régions d’Upper English River et de l’Athabasca qu’il acquit non seulement une « fortune indépendante » mais aussi le respect des agents, des associés et des commis de la North West Company. La Gazette de Québec le louangea pour son « génie entreprenant », et Ross Cox*, qui faisait partie de l’expédition à Astoria, se le rappelait comme « un homme d’un caractère hardi et décidé » qui appréciait la valeur « de quelqu’un sans référence à sa famille ou à ses relations ».

Jean Morrison

APC, MG 19, E1, sér. 1 (transcriptions ; mfm au Old Fort William (Thunder Bay, Ontario).— Oreg. Hist. Soc. (Portland), Scrapbooks, SB 49 : 3.— UTL-TF, {{ms }}coll. 30.— Les bourgeois de la Compagnie du Nord-Ouest (Masson).Docs. relating to NWC (Wallace), 442s.— D. W. Harmon, Sixteen years in the Indian country : the journal of Daniel Williams Harmon, 1800–1816, W. K. Lamb, édit. (Toronto, 1957).— Duncan McGillivray, The journal of Duncan M’Gillivray of the North West Company at Fort George on the Saskatchewan, 1794–5, introd. de A. S. Morton, édit. (Toronto, 1929).— Mackenzie, Journals and letters (Lamb), 476.— New light on early hist. of greater northwest (Coues).— David Thompson, David Thompson’s narrative of his explorations in western America, J. B. Tyrrell, édit. (Toronto, 1916 ; réimpr., New York, 1968).— La Gazette de Québec, 14 déc. 1814.— B. B. Barker, The McLoughlin empire and its rulers [...] (Glendale, Calif., 1959), 161.— J. G. Colmer, The Canada Club (London) [...] ([London, Ontario], 1934), 7.— Ross Cox, The Columbia River ; or scenes and adventures during a residence of six years on the western side of the Rocky Mountains [...], E. I. et J. R. Stewart, édit. (Norman, Okla., 1957).— Grace Flandrau, Astor and the Oregon country ([St Paul,Minn.], s.d.).– Alexander Ross, The fur hunters of the far west, K. A. Spaulding, édit. (Norman, 1956).— B. M. Gough, « The 1813 expedition to Astoria », Beaver, outfit 304 (automne 1973) : 4451.

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Jean Morrison, « McTAVISH, DONALD », dans FR:UNDEF:public_citation_publication, vol. 5, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 21 déc. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/mctavish_donald_5F.html.

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Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1983
Année de la révision:   1983
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