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MEDLEY, JOHN, ministre de l’Église d’Angleterre, évêque et auteur, né le 19 décembre 1804, fils de George Medley, de Londres, et d’une prénommée Henrietta ; le 10 juillet 1826, il épousa à Salcombe Regis, Angleterre, Christiana Bacon, et ils eurent cinq fils et deux filles, puis le 16 juin 1863, dans l’île Campobello, Nouveau-Brunswick, Margaret Hudson ; décédé le 9 septembre 1892 à Fredericton.

Dès son jeune âge, John Medley fut destiné au ministère anglican par sa mère, qui était veuve. Il fréquenta des écoles de Bristol, Bewdley, Hammersmith (Londres) et Chobham. Quand il entra au Wadham College d’Oxford, en 1822, il maîtrisait l’hébreu, le latin et le grec ; en 1826, il y reçut un diplôme avec la mention distinction. Ordonné diacre en 1828 et prêtre l’année suivante, il exerça de 1828 à 1845 dans le diocèse d’Exeter. En 1838, il devint curé de la paroisse St Thomas the Apostle, près d’Exeter, et en 1842 prébendier à la cathédrale d’Exeter. Nommé évêque de Fredericton le 25 avril 1845, il fut sacré au palais de Lambeth le 4 mai et intronisé à Fredericton le 11 juin.

Medley était le premier tractarien à devenir évêque de l’Église d’Angleterre. On croit que ce sont ses amis William Ewart Gladstone et John Taylor Coleridge, tous deux trésoriers du Colonial Bishoprics Fund, qui recommandèrent sa nomination. Pendant son séjour à Exeter, il avait collaboré à une collection de publications tractariennes appelée « Library of the Fathers » en traduisant, avec Hubert Kestell Cornish, les homélies de saint Jean Chrysostome sur la première épître aux Corinthiens. Militant du renouveau gothique amorcé par la Cambridge Camden Society, il publia en 1841 Elementary remarks on church architecture. Un essai paru en 1835, The episcopal form of church government [...], et son recueil de Sermons [...], publié en 1845, révèlent qu’à l’instar des tractariens et à l’encontre d’Éraste il voyait en l’Église une société sacrée, autonome et jalouse de son indépendance. Ces écrits rédigés à Exeter insistent sur la doctrine de la succession apostolique et manifestent une vénération toute catholique à l’endroit des deux grands sacrements du baptême et de l’Eucharistie.

Débarqué à Fredericton l’année où John Henry Newman se convertit au catholicisme, Medley y avait même avant son arrivée la réputation d’être partisan de la Haute Église et empreint de dispositions catholiques. Il ne tarda pas à susciter la méfiance chez ceux qui en étaient venus à craindre que l’Église d’Angleterre ne se rapproche trop de Rome. Les anglicans du Nouveau-Brunswick, éloignés de l’évêque de Nouvelle-Écosse dont ils relevèrent jusqu’en 1845, avaient hérité des traditions congrégationalistes de l’Église coloniale américaine dans laquelle il n’y avait pas d’épiscopat. En affirmant bien haut que la fonction épiscopale donnait « à une seule personne le pouvoir de diriger une compagnie de prêtres et de diacres ainsi que l’ensemble de l’Église », Medley faisait figure de papiste et exprimait une position qui détonnait dans son nouveau milieu. Sous la direction du révérend John William Dering Gray*, rector de l’église Trinity de Saint-Jean, les adeptes de la tendance évangélique s’opposèrent à l’autorité de Medley et à son influence en faisant appel aux sentiments protestants. Cependant, Medley avait l’appui de George Coster*, archidiacre de Fredericton et tenant de la Haute Église de l’école prétractarienne, ainsi que d’un nombre considérable de prêtres anglicans de la vieille tradition loyaliste qui, même privés d’évêques locaux, avaient conservé pour les sacrements le respect caractéristique des partisans de la Haute Église.

Ce fut l’une des principales tâches de Medley (et il y réussit largement) que d’apaiser les dissensions qui régnaient dans l’Église néo-brunswickoise et de prôner une compréhension assez vaste pour englober les adeptes de la Basse Église, ceux de la Haute Église ou les ritualistes. « Nous devons, disait-il, bannir ce terrible esprit partisan, cet exclusivisme tatillon qui fait refuser le nom de frères à ceux qui ont adhéré aux mêmes articles que nous, partagent les mêmes croyances et professent une foi édifiée sur la même fondation que la nôtre. Les cris odieux de high churchman et de low churchman ne doivent pas sortir de nos bouches, non plus que d’autres noms plus offensants, de peur que nos propres armes ne se retournent contre nous. » Medley cherchait à guérir les scissions en faisant régner un esprit de coexistence plutôt que de compromis, mais il ne tentait pas pour autant de masquer sa désapprobation envers certaines tendances de la Basse Église. Il reprochait à ses tenants de pratiquer un culte laxiste, d’avoir sur la doctrine sacramentelle une position « aussi erronée sur le plan des principes que d’un goût pervers » et, selon lui, contraire à l’anglicanisme, et de dévier de la théologie qui « pén[étrait] et transform[ait] la religion de masses entières de [fidèles anglicans] ».

Peu après son arrivée à Fredericton, Medley entreprit des visites annuelles au cours desquelles il rencontra des membres du clergé et des fidèles jusque dans les coins les plus reculés du Nouveau-Brunswick. Ces visites lui permirent de raffiner et de vivifier la pensée et la pratique des ministres, de fonder de nouvelles paroisses et d’évangéliser plus largement et plus vigoureusement qu’aucun membre du parti évangélique ne l’avait jamais fait. Le Nouveau-Brunswick était fait d’établissements et de villages disséminés, dont les deux tiers n’avaient pas de prêtre et dont un bon nombre ne tenaient pas compte du baptême et de l’inhumation chrétienne. Même dans les régions éloignées où l’Église assurait une certaine présence, la communion n’était pas célébrée plus de quatre fois l’an, les églises ressemblaient aux temples de la Nouvelle-Angleterre (des « granges », disait Medley) et la musique sacrée, dans les meilleurs cas, se réduisait au chant des hymnes. L’évêque s’employa sans délai à construire de nouvelles églises, à former des ordinands et à attirer de nouveau les chrétiens déchus ou tièdes, non seulement par la prédication mais par l’administration des sacrements avec toute la dignité et la beauté de la liturgie anglicane.

Medley était arrivé à Fredericton avec en main £20 000 de crédits votés par le Colonial Bishoprics Fund (auquel la Society for the Propagation of the Gospel in Foreign Parts contribuait généreusement) afin d’établir le nouveau diocèse. En outre, l’Exeter Diocesan Architectural Society lui avait fait don de £1 500 pour construire une cathédrale. Dans l’esprit de Medley, celle-ci était un élément essentiel de sa mission : elle serait le symbole de l’autorité épiscopale, et le culte que l’on y célébrerait servirait d’exemple à tout le diocèse. En 1846, il fit venir à Fredericton le jeune architecte Frank Wills* qui, sur son conseil, avait dessiné, pendant qu’il se trouvait encore en Angleterre, les plans de la cathédrale de Fredericton sur le modèle d’une église de la période du gothique rayonnant, St Mary de Snettisham, dans le Norfolk. William Butterfield, éminent architecte victorien du renouveau gothique, modifia les plans de Wills pour les adapter aux besoins spécifiques d’une cathédrale et au climat, et il en dessina le clocher, le sanctuaire et les éléments décoratifs. Le 15 octobre 1845, le lieutenant-gouverneur, sir William MacBean George Colebrooke*, avait posé la première pierre. Consacrées le 31 août 1853, la cathédrale Christ Church inaugura avec la chapelle annexe de l’évêque, St Anne (dessinée aussi par Wills), une ère de construction d’églises de style néo-gothique dans tout le diocèse. Ces travaux se firent sous la direction du révérend Edward Shuttleworth Medley, fils de l’évêque, que Butterfield avait formé en Angleterre. Comme la cathédrale, les nouvelles églises devaient retentir de musique adaptée à la liturgie. L’évêque composa des introïts, des motets et des hymnes. Directeur du chœur de la cathédrale, il fut le premier président de la Choral Society de Fredericton, qui comptait 100 chantres. Son influence sur la vie culturelle de Fredericton et de tout le diocèse est inestimable. L’évêque proclamait que la beauté était sainte : « En effet, demandons-nous pourquoi Dieu nous a confié la forme, la couleur, le nombre et l’harmonie [...] Si la langue Le loue, pourquoi pas le cœur, les pieds et les mains ? Quelle différence essentielle y a-t-il entre lire ou chanter les louanges de Dieu avec les lèvres, et graver ces louanges sur le bois, la pierre ou le verre ? »

George Robert Parkin*, qui enseigna à William Bliss Carman* et à Charles George Douglas Roberts* à la Fredericton Collegiate School, était un disciple de Medley. Encouragé par l’évêque à entrer à la University of Oxford en 1873, il assista aux conférences de John Ruskin, rencontra Edward Bouverie Pusey, ami de Medley, puis de retour à Fredericton communiqua à ses jeunes élèves son enthousiasme pour le renouveau gothique, le mouvement préraphaélite et l’esthétisme. Carman, qui des années plus tard parlerait de l’évêque Medley comme de son « meilleur ami », avait été servant à l’autel de la cathédrale. Roberts, fils du chanoine George Goodridge Roberts* qui fut rector de Fredericton à compter de 1873 sous Medley, enseigna à l’école du dimanche de son père. Il ne fait pas de doute que, sans la présence et l’influence de Medley, Fredericton n’aurait pas connu, dans le dernier quart du xixe siècle, cet « étrange bouillonnement esthétique » auquel Charles George Douglas Roberts participa.

Malgré son « rêve gothique », son sens profond de la beauté de la nature, semblable à celui de Ruskin, et son amour de l’art, Medley ne concevait pas la beauté ou l’art comme une fin en soi. La construction de la cathédrale – tâche gigantesque interrompue plusieurs fois pour des raisons financières mais menée à bien surtout grâce au zèle et au talent de l’évêque pour recueillir des fonds dans la colonie et à l’étranger – ne le détourna jamais de ses fonctions pastorales et diocésaines. De 1845 à 1881, année de la nomination d’un coadjuteur de l’évêque, il accomplit ses épuisantes tournées annuelles dans la province, en traîneau, en canot ou en barque. En ces occasions, il ne se contentait pas de répandre les préceptes de la foi ni d’exiger que l’on célèbre le culte selon les règles, dans des églises de bonne tenue. II insistait aussi, à l’encontre d’une opposition têtue, pour éliminer la pratique de vendre et de louer les bancs d’église et toute forme de discrimination sociale dans la vie paroissiale. La congrégation St Peter de Upham alla jusqu’à résister à la consécration de l’église durant cinq ans à cause de l’intransigeance de l’évêque sur la question de la location des bancs. Dans ses premières années à Fredericton, Medley rouvrit une école pour les filles de familles pauvres, grâce à l’aide d’institutrices bénévoles recrutées parmi les dames de la cathédrale.

En matière de doctrine, Medley défendait résolument le moyen terme. « Contrairement à Rome, disait-il, nous ne devons jamais sacrifier la vérité pour réaliser l’unité ; contrairement à Genève, nous ne devons jamais poursuivre la vérité aux dépens de l’unité, de peur que, comme elle, nous perdions les deux. » Selon lui, l’anglicanisme partageait avec Rome et l’Église d’Orient les doctrines de base qui avaient été celles de l’Église chrétienne des premiers grands conciles. Comme il l’expliqua dans un sermon sur la Réforme prononcé à la cathédrale en 1847, Rome avait erré en faisant des ajouts à la Révélation. La suprématie papale et les « prières [...] à la Sainte Vierge en tant que [...] grande médiatrice auprès du Christ » faisaient partie de ces ajouts injustifiés et contraires aux Écritures, tout comme la transsubstantiation, le purgatoire, la communauté des mérites et le célibat obligatoire pour les membres du clergé. Medley répudiait la théorie de Newman sur l’évolution de la doctrine ; pour lui, la foi avait été révélée une fois pour toutes aux saints et exposée de façon définitive dans les credos et déclarations des grands conciles. Chacune à leur manière, selon lui, Rome et Genève étaient coupables d’avoir innové.

Malgré le statisme de ses croyances, Medley concédait sur un point (dans un sermon sur l’épître de Paul aux Philippiens, ii, 4) : « nos controverses et nos convictions ne doivent pas nous empêcher de voir qu’il existe d’autres chrétiens aussi sincères que nous-mêmes, dont un bon nombre [ont occupé] le terrain avant nous, et un bon nombre après nous, et [qui sont] tous désireux de réaliser le précepte de l’apôtre ». En déplorant le fanatisme de l’ordre d’Orange (qui était puissant au Nouveau-Brunswick à l’époque), il soulignait fréquemment qu’anglicans et catholiques s’entendaient sur les aspects fondamentaux de la doctrine. II n’hésitait pas non plus à louer, voire à envier, le zèle des méthodistes et des baptistes.

Malgré son sermon sans équivoque sur la Réforme et la constance avec laquelle il défendait le moyen terme, on continua longtemps de soupçonner Medley d’être un « semi-papiste », sinon un « cryptojésuite ». N’avait-il pas refusé d’imposer des mesures disciplinaires au révérend James Hudson de la paroisse de Miramichi, qui distribuait des opuscules tractariens et prononçait des sermons puseyistes ? N’avait-il pas mis en application des « abominations » d’inspiration romaine comme le chant de cantiques et la communion fréquente ? N’avait-il pas approuvé les pratiques ritualistes de la chapelle Mission de Portland, située non loin de la ville de tendance évangélique de Saint-Jean ? Dans une allocution à son clergé, n’avait-il pas défendu ouvertement le ritualisme : « Je pense que nous avons bien plus à craindre du matérialisme pur et dur, qui ne manifeste aucun respect à l’Église et à ses sacrements, leur nie toute réalité et réduit l’office à un piètre spectacle donné par un pasteur, que nous avons à craindre de tout excès de ritualisme. » On n’ignorait pas non plus que l’évêque avait défendu éloquemment le ritualisme « avancé » de l’église Advent de Boston et demandé à William Ewart Gladstone de combattre puis de rescinder le Public Worship Regulation Act de 1874, qui avait mené à des poursuites contre les ritualistes de l’Église d’Angleterre dans ce pays même. En 1878, à la deuxième conférence de Lambeth, Medley réclamait encore l’abrogation de cette loi. Malgré l’appui des évêques américains et de la plupart des évêques coloniaux, on rejeta sa motion.

Les adeptes de la tendance évangélique qui critiquaient Medley ne voyaient pas qu’en défendant le ritualisme il plaidait pour la tolérance de toutes les formes du culte anglican, Basse Église comme Haute Église, pourvu qu’elles soient marquées de révérence et ne témoignent pas d’un laisser-aller. Tout en préconisant la communion fréquente et en affirmant la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie, il rejetait la doctrine catholique de la transsubstantiation et adorait le Christ présent « non pas tant dans le sacrement qu’au sacrement ». Selon lui, les querelles doctrinales sur les modalités de cette présence, tout comme les définitions dogmatiques (celle de la transsubstantiation par exemple), faisaient violence à un mystère que l’on devait appréhender par la voie de la méditation plutôt que de l’argumentation. « L’Église d’Angleterre nous conseille de laisser de côté toutes ces curieuses questions, de recevoir le mystère [...] fidèlement, de l’enseigner simplement, mais de ne pas chercher à en expliquer la nature. » Pour Medley, la présence réelle ne se confinait pas au pain et au vin ; elle se manifestait dans tout le sacrement de l’Eucharistie et dans la réception pieuse des éléments consacrés. Qu’il soit parvenu peu à peu à dissiper les soupçons montre quel théologien cohérent il était, combien indomptable était son énergie, combien ses prédications et enseignements étaient marqués par la clarté et la charité, et surtout à quel point il entretenait des liens avec les paroisses.

Comme membre de la hiérarchie ecclésiastique qui prônait des vues diamétralement opposées à celles d’Éraste, Medley travaillait à renforcer l’organisation et l’indépendance de son diocèse. C’est pourquoi il jugeait impératif de créer un synode qui aurait le pouvoir de légiférer. La Church Society of the Archdeaconry of New-Brunswick, formée par George Coster en 1836, réunissait des membres du clergé et des laïques à des fins de consultation, mais Medley réclamait la formation d’un organisme qui serait habilité à rédiger un code de lois. En 1852 et en 1853, Gladstone tenta de faire approuver par le Parlement britannique un projet de loi qui aurait autorisé les Églises coloniales à constituer des synodes. Dès 1852, Medley, qui correspondait régulièrement avec lui, préconisa ouvertement la création d’un gouvernement synodal dans son diocèse. Les tenants de la tendance évangélique s’y opposèrent fermement : ils se méfiaient de l’Anglo-catholique Gladstone et craignaient que le synode ne renforce le pouvoir de l’évêque et ne donne le droit de vote aux paroisses les plus pauvres du diocèse. En 1856, dans son allocution au clergé, Medley présenta des arguments irrésistibles en faveur de la formation d’un synode diocésain, mais l’organisation de celui-ci n’eut lieu qu’en 1867. Il tint des assemblées annuelles à compter de l’année suivante et, en 1871, le Parlement provincial lui octroya une charte. En refusant d’adopter le projet de loi de Gladstone, le Parlement britannique avait concédé que les autorités coloniales avaient le droit d’agir. En 1874, le diocèse de Fredericton se joignit au synode de la province ecclésiastique du Canada et, en 1879, Medley succéda à Ashton Oxenden au poste de métropolitain du Canada ; c’était alors la fonction la plus élevée dans l’Église canadienne.

Pour Medley, il s’agissait en effet d’une Église canadienne. En 1883, dans son adresse au synode provincial, il parla de l’Église du Canada, « n’oubliant pas un seul instant la chère Église d’Angleterre [...] mais surtout pour rappeler [à ses auditeurs] que l’amour de la mère patrie, l’union et la communion avec l’Église d’Angleterre, dans la véritable foi » ne pouvaient les décharger de « l’obligation sacrée et solennelle à l’égard du Canada ». Dès ses premières années au Nouveau-Brunswick, Medley s’était employé à rendre son diocèse financièrement indépendant ; il ne fut donc pas consterné que la Society for the Propagation of the Gospel in Foreign Parts diminue considérablement ses subventions. Pour lui, il était absurde de songer à créer une Église établie au Canada, tout comme d’escompter que l’Église canadienne tire sa subsistance de la hiérarchie anglaise. Il n’occupa jamais le siège réservé à l’évêque au Conseil législatif de la province et résista chaque fois qu’un lieutenant-gouverneur voulut procéder à une nomination ecclésiastique avant qu’il ne l’ait fait lui-même. Medley souhaitait une communion anglicane universelle, unie dans la foi mais dont chaque constituante serait autonome. C’est par souci profond de la dignité et de l’intégrité des Églises constituantes qu’il avait refusé en 1867 d’assister à la première conférence de Lambeth. Dans une allocution à son clergé, il expliqua : « Il m’est apparu qu’en raison de la distance qui sépare bien des diocèses coloniaux de l’Angleterre et de l’importance de l’étape que l’on s’apprête à franchir, il aurait fallu accorder plus de temps pour étudier à fond les questions choisies pour délibération [...] Surtout, il m’a semblé contraire à la sagesse d’appeler des confins de la terre les évêques de la communion anglicane [...] sans énoncer précisément la raison pour laquelle nous étions convoqués et les questions qui seraient étudiées. » On tint compte des objections de Medley, et il assista à la deuxième conférence de Lambeth en 1878. C’est alors qu’il plaida en faveur de l’annulation du Public Worship Regulation Act. Même s’il ne gagna pas l’adhésion des évêques anglais, il vit son allocution bénéficier d’une grande publicité et finir par porter fruit.

En 1879, Medley demanda au synode diocésain de lui donner le droit de nommer un coadjuteur de son choix. Comme cette permission lui avait été accordée, il nomma le 12 janvier 1881 le révérend Hollingworth Tully Kingdon*, curé de Good Easter, dans l’Essex. Kingdon fut sacré en la cathédrale Christ Church de Fredericton le 10 juillet 1881.

Il allait y avoir une autre conférence à Lambeth en juillet 1888. Medley, alors dans sa quatre-vingt-quatrième année, y assista avec son coadjuteur. Au cours de cette dernière visite en Angleterre, il reçut un doctorat en droit de la University of Cambridge et un en théologie de la University of Durham. Peu après son retour à Fredericton, son fils, le révérend Charles Steinkopff Medley, mourut du cancer ; l’évêque vieillissant ne se consola jamais de cette perte. Il assista pour la dernière fois à un synode diocésain à Saint-Jean le 6 juillet 1892 et prononça son dernier sermon à l’église St Paul, dans la même ville, le 17 juillet. À cette époque, même s’il n’avait plus la santé et la lucidité nécessaires pour consacrer plus qu’une attention superficielle à ses devoirs, il hésitait à démissionner. Son coadjuteur se plaignit que Mme Medley dirigeait le diocèse. Vers la fin de ses jours, l’évêque manifesta l’intention de quitter son poste, mais il s’y attarda jusqu’à sa mort en septembre 1892.

John Medley était un homme de petite taille, à l’esprit puissant, à la volonté forte et d’un tempérament qu’il avait du mal à maîtriser dans ses premières années à Fredericton. Conscient de ses faiblesses, il les regrettait et faisait constamment pénitence. Il légua à son successeur un diocèse transformé, revigoré, largement unifié et intégré à l’Église canadienne. Gladstone a dit de lui : « Jamais tête plus sage que la sienne n’a porté la mitre. »

Malcolm Ross

Les sermons et allocutions triennales de John Medley sont dispersés dans nombre de bibliothèques et dépôts d’archives. Les collections les plus importantes se trouvent aux Diocese of Fredericton Arch. (maintenant APNB, MC 223) ; à la bibliothèque de l’EEC, General Synod (Toronto) ; à la New Brunswick Legislative Library (Fredericton) ; à l’UNBL ; aux bibliothèques des universités Acadia et Dalhousie à Wolfville, N.-É., et Halifax respectivement ; et dans les bibliothèques des PANS et du Musée du N.-B.

Un registre manuscrit de l’épiscopat de Medley intitulé « Bishop Medley’s journal » se trouve aux APNB, MC 223, tout comme l’album de William Odber Raymond, « Scrapbook on Bishop Medley and his sons ». Une collection des lettres de Medley à sir Edmund Walker Head* de 1851 à 1853 se trouve à la New Brunswick Legislative Library. Sa correspondance avec W. E. Gladstone est dans les Gladstone papers à la British Library (Londres), Add. mss 44372 : fo 68 ; 44374 : fo 15 ; 44420 : fo 120 ; 44443 : fo 310 ; 44444 : fo 191 ; 44445 : fos 206, 322 ; 44457 fo 140 ; 44786 : fo 61. Sa correspondance personnelle a été détruite par sa veuve. Les dépêches du ministère des Colonies pour le Nouveau-Brunswick, au PRO, CO 188, sont disponibles sur microfilm à l’UNBL.

Les publications de Medley comprennent : The episcopal form of church government ; its antiquity, its expediency, and its conformity to the word of God (Londres, 1835 ; réimpr., Saint-Jean, N.-B., 1845) ; une traduction qu’il fit en collaboration avec H. K. Cornish de The homilies of S. John Chrysostom on the First Epistle of St. Paul the Apostle to the Corinthians (Oxford, Angl., 1839) ; How the mighty are fallen ; a sermon preached at the visitation of the Archdeacon M. Stevens [...] (Exeter, Angl., 1840) ; Elementary remarks on church architecture (Exeter, 1841) ; Sermons, published at the request of many of his late parishioners (Exeter et Londres, 1845) ; The Reformation, its nature, its necessity, and its benefits, a sermon preached in the cathedral of Christ Church, Fredericton, on Sunday, February 14, 1847 (Fredericton, 1847) ; The staff of beauty and the staff of bands : a sermon preached in St. Anne’s Chapel, Fredericton, on the day of its consecration, March 18, 1847 (Saint-Jean, 1847) ; les préfaces de The canticles, arranged for chanting [...] ([Fredericton], 1851) et de Hymns for public worship in the diocese of Fredericton [...] (Saint-Jean, 1855) ; A lecture [...] before the Church of England Young Men’s Society, of the city of Saint John [...] 23d January, 1857 ; subject, « Good taste »(Saint-Jean, 1857) ; The mission of the comforter : two sermons preached in the cathedral of Christ Church, Fredericton, New Brunswick, on Whitsunday and Trinity Sunday, 1867 (Fredericton, 1867) ; A charge to the clergy of the diocese of Fredericton, delivered at his eighth triennial visitation, in the Church of St. Paul’s, Portland, St. John, June 30th, 1868 (Fredericton, 1868) ; « Other little ships » : a sermon, preached [...] in the Cathedral Church of S. Peter, Exeter, on Tuesday, August 13th, 1878 [...] ([Londres, 1878]) ; et The Book of Job, translated from the Hebrew text [...] (Saint-Jean, 1879).

La correspondance de Medley a été publiée dans les articles de E. R. Fairweather, « A Tractarian patriarch : John Medley of Fredericton », Canadian Journal of Theology (Toronto), 6 (1960) : 15–24 ; « John Medley as defender of « ritualism » : an unpublished correspondence », 8 (1962) : 208–211 ; « John Medley on Irish church disestablishment : an unpublished letter », E. R. Fairweather, édit., Canadian Journal of Theology, 7 (1961) : 198–200 ; et « An unpublished correspondence between John Medley and E. B. Pusey », C. [F.] Headon, édit., Canadian Church Hist. Soc., Journal (Sudbury, Ontario), 16 (1974) : 72–74.

Devon Record Office (Exeter), Salcombe Regis, reg. of marriages, 10 juill. 1827.— J. H. [Gatty] Ewing, Canada home : Juliana Horatia Ewing’s Fredericton letters, 1867–1869, Margaret Howard Blom et T. E. Blom, édit. (Vancouver, 1983).— W. Q. Ketchum, The life and work of the Most Reverend John Medley, D.D., first bishop of Fredericton and metropolitan of Canada (Saint-Jean, 1893).— Church Witness (Saint-Jean), 1860–1863.— New-Brunswick Courier, 1842–1856.— N.B. vital statistics, 1863–64 (Johnson).— W. O. Raymond, « John Medley », Leaders of the Canadian church, W. B. Heeney, édit. (3 sér., Toronto, 1918–1943), sér. 1 : 97–134.— O. R. Rowley et al., The Anglican episcopate of Canada and Newfoundland (2 vol., Milwaukee, Wis., et Toronto, 1928–1961), 1 : 27.— T. E. Blom, « Bishop John Medley » (communication faite à la Christ Church Cathedral, Fredericton, 27 mai 1984 ; copie aux Diocese of Fredericton Arch.).— C. F. Headon, « The influence of the Oxford movement upon the Church of England in eastern and central Canada, 1840–1900 » (thèse de ph.d., McGill Univ., Montréal, 1974). L’auteur tient à exprimer sa reconnaissance envers M. Headon pour sa discussion de la théologie eucharistique de Medley  [m. r.]— History of the Mission Church of S. John Baptist, Saint John, N.B., 1882–1932 (Saint-Jean, 1932).— John Langtry, History of the Church in eastern Canada and Newfoundland (Londres, 1892).— T. R. Millman et A. R. Kelley, Atlantic Canada to 1900 ; a history of the Anglican Church (Toronto, 1983).— C. H. Mockridge, The bishops of the Church of England in Canada and Newfoundland [...] (Toronto, 1896).— J. L. Potter,  « The episcopate of Hollingworth Tully Kingdon, second lord bishop of Fredericton » (thèse de m.a., Univ. of N.B., Fredericton, 1970).— J. D. Purdy, « The Church of England in New Brunswick during the colonial era, 1783–1860 » (thèse de m.a., Univ. of N.B., 1954).— D. S. Richardson, « Christ Church Cathedral, Fredericton, New Brunswick » (thèse de m.a., Yale Univ., New Haven, Conn., 1966).— P. B. Stanton, The Gothic Revival & American church architecture : an episode in taste, 1840–1856 (Baltimore, Md., 1968).— R. L. Watson, Christ Church Cathedral, Fredericton : a history (Fredericton, 1984).— L. N. Harding, « John, by divine permission », Canadian Church Hist. Soc., Journal, 8 (1966) : 76–87.— Malcolm Ross, « A strange aesthetic ferment », Littérature canadienne (Vancouver), nos 68–69 (printemps-été 1976) : 13–25.

Bibliographie générale

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Malcolm Ross, « MEDLEY, JOHN », dans FR:UNDEF:public_citation_publication, vol. 12, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 18 avril 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/medley_john_12F.html.

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Auteur de l'article:   Malcolm Ross
Titre de l'article:   MEDLEY, JOHN
Titre de la publication:   FR:UNDEF:public_citation_publication, vol. 12
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1990
Année de la révision:   1990
Date de consultation:   18 avril 2014