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PROULX, LOUIS, prêtre séculier, éducateur, écrivain, curé, grand vicaire, né à Baie-du-Febvre (Baieville, comté d’Yamaska) le 10 avril 1804, fils de Louis Proulx et d’Élisabeth Grondin, décédé à Sainte-Marie (comté de Beauce), le 6 juillet 1871.

Après ses études classiques au séminaire de Nicolet, Louis Proulx enseigna et assuma même la direction des études et de la discipline au séminaire de Saint-Hyacinthe, de 1826 à 1830. Entre temps, il était ordonné prêtre à Boucherville (comté de Chambly), le 28 septembre 1828. Grâce à la sagesse de sa direction autant qu’à l’éclat de ses talents, son supérieur de Nicolet, l’abbé Jean Raimbault le désigna, en 1830, pour aller prêter main-forte au fondateur du collège de Sainte-Anne-de-la-Pocatière, l’abbé Charles-François Painchaud*, et y restaurer la discipline : la direction maladroite du célèbre abbé Étienne Chartier* avait plongé l’institution dans un chaos inimaginable. Proulx y réussit, mais n’y demeura que trois années.

Après avoir été curé de Saint-Pierre-les-Becquets (comté de Nicolet), avec desserte à Deschaillons (comté de Lotbinière) de 1834 à 1835, puis curé de Saint-Antoine-de-Tilly (comté de Lotbinière) de 1835 à 1847, il fut appelé à l’archevêché de Québec par Mgr Pierre-Flavien Turgeon*, pour devenir son conseiller et peut-être, dans la suite, son coadjuteur. Il possédait en effet les qualités d’un grand évêque ; mais, comme il avait aussi son franc-parler, il trouva des opposants pour l’écarter de cette voie. En 1850, on lui donna la cure de Notre-Dame de Québec, libérée par le départ du futur coadjuteur, Mgr Charles-François Baillargeon*.

Pendant son séjour à Québec, Proulx se découvrit un talent nouveau, celui d’écrivain et de polémiste. Sous le pseudonyme de Marteau, il combattit dans le Journal de Québec les idées radicales de l’Avenir. Il eut aussi maille à partir avec les immigrés irlandais, réfugiés en grand nombre dans la paroisse Notre-Dame de Québec, auxquels il reprochait leur ingratitude et leur exigence pour les services que lui-même ou son vicaire leur rendaient à leur mission de la rue Champlain. Ces difficultés avec les Irlandais piquèrent sa susceptibilité et le moindre refus de l’archevêché devint à ses yeux de l’hostilité et de l’ostracisme. Quatorze mois après son accession à la cure de Québec, se sentant mal compris, il demanda « un humble poste à la campagne ». Peu de temps après, s’opéra la substitution pour le moins inattendue du curé démissionnaire à celui de Sainte-Marie de Beauce, l’abbé Joseph Auclair*, substitution qui restera sur le cœur de Proulx comme une proscription. Tels étaient alors les préjugés contre la Beauce que le curé prendra du temps avant d’accepter son exil et de s’y enraciner pour de bon.

Durant son séjour à Québec, Louis Proulx avait contribué à la fondation de deux communautés religieuses. En 1849, il aida à l’établissement, à Québec, de la Congrégation des sœurs de la Charité de l’hôpital Général de Montréal, dirigée par mère Marie-Anne-Marcelle Mallet ; il fut leur premier chapelain et directeur. La même année, il convainquit Marie Fitzbach, plus tard mère Marie du Sacré-Cœur, de fonder un refuge pour les prisonnières ; le 12 janvier 1850, l’asile du Bon-Pasteur recevait sa première pensionnaire et, six ans plus tard, la Congrégation des sœurs servantes du Cœur-Immaculé de Marie était canoniquement érigée.

En 1857, Proulx entreprit à Sainte-Marie, sur les plans de l’architecte Charles Baillargé*, la construction d’une nouvelle église de pierre, aux lignes gothiques, qui fut considérée comme une extravagance. Elle fut bénite le 20 octobre 1859 et on travailla à sa finition intérieure de 1862 à 1864. Une nouvelle sacristie s’éleva avec l’église dans laquelle on plaça un orgue et des autels sculptés par François-Xavier Berlinguet*.

Louis Proulx, grand bâtisseur, était aussi grand éducateur. Dès son arrivée à Sainte-Marie, il se trouva engagé, avec Elzéar-Henri Juchereau Duchesnay, dans un pénible relèvement des écoles (1850–1855), après la crise qu’on a appelée la « guerre des éteignoirs » [V. Meilleur]. Pour satisfaire les notables de la région, Proulx releva le niveau des études et introduisit l’enseignement de la musique dans le couvent pour jeunes filles, dirigé par les religieuses de la Congrégation de Notre-Dame. En 1855, il fallut doubler les dimensions du couvent. La même année, après avoir obtenu une subvention du gouvernement grâce à l’influence de Jean-Baptiste Meilleur – l’obtention d’une subvention n’était pas alors chose facile –, il agrandit la vieille école des garçons, pour en faire un collège qu’il confia aux Frères des écoles chrétiennes.

En mai et juin 1871, Louis Proulx fut délégué par l’archevêque de Québec, Mgr Elzéar-Alexandre Taschereau*, pour aller régler les difficultés financières au collège de Sainte-Anne-de-la-Pocatière. Il réussit, mais y laissa le reste de ses forces, déjà minées par les travaux et la maladie. Revenu à Sainte-Marie, il s’alita et mourut un mois plus tard ; on l’inhuma dans l’église paroissiale. Il avait été nommé grand vicaire en 1867, sous Mgr Baillargeon.

Très intelligent et ouvert d’esprit, Louis Proulx avait son franc-parler avec tout le monde, même avec ses supérieurs. Mais susceptible à l’extrême, il ne supportait guère la contradiction dont restait profondément marquée sa sensibilité.

Honorius Provost

AAQ, Registres des lettres des évêques de Québec, 24, 25, 28, 29 ; Sainte-Marie, II.— ANQ, QBC, Instruction publique.— Archives de la Fabrique Sainte-Marie (Beauce, Qué.), Cahiers de prônes ; Comptes et délibérations, II, III.— L’Asile du Bon-Pasteur de Québec d’après les annales de cet institut (Québec, 1896).— Wilfrid Lebon, Histoire du collège de Sainte-Anne-de-la-Pocatière (2 vol., Québec, 1948–1949), I : 431–434.— Honorius Provost, Sainte-Marie de la Nouvelle-Beauce ; histoire religieuse (Québec, 1967).— Une fondatrice et son œuvre : mère Mallet (1805–1871) et l’Institut des sœurs de la Charité de Québec, fondé en 1849 (Québec, 1939).

Bibliographie générale

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Honorius Provost, « PROULX, LOUIS (1804-1871) », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 10, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 29 août 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/proulx_louis_1804_1871_10F.html.

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Auteur de l'article:   Honorius Provost
Titre de l'article:   PROULX, LOUIS (1804-1871)
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 10
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1972
Année de la révision:   1972
Date de consultation:   29 août 2014