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RIDOUT, GEORGE PERCIVAL, marchand et homme politique, né à Bristol, Angleterre, le 21 août 1807, fils de George Ridout et de Mary Ann Wright, décédé célibataire à Toronto, Ont., le 28 juin 1873.

George Ridout père, quitta Bristol en 1820 et émigra d’abord à Philadelphie, puis, en 1826, à York (Toronto), où son oncle, Thomas Ridout*, arpenteur général, lui procura un poste dans les services gouvernementaux. Ses deux fils aînés, George Percival et Joseph Davis, demeurèrent aux États-Unis. En 1826, ils travaillaient pour le compte des Tarratt, marchands de fer et quincailliers, de Wolverhampton, Angleterre. George Percival travailla pour cette entreprise, à Philadelphie d’abord, puis à New York où son frère, Joseph Davis, vint le rejoindre ; mais, en 1828, George Percival alla se fixer à York où il commença l’étude du droit. La maison Tarratt muta Joseph Davis à Boston en 1830, mais en 1831 celui-ci rejoignit son frère à York. Là, avec l’appui financier de Tarratt, les deux frères, sous la raison sociale de Ridout Brothers and Company, ouvrirent en 1832 une quincaillerie où l’on vendait en gros et en détail. Au début des années 30, à Toronto, le commerce en gros n’en était qu’à ses débuts et les frères Ridout furent les premiers à se spécialiser dans la quincaillerie. Leur expérience du commerce et l’appui financier qu’ils recevaient d’Angleterre, ajoutés à l’expansion rapide du marché, leur permirent de bâtir un commerce de quincaillerie qui, pendant 20 ans, fut un des plus importants de Toronto.

George Percival Ridout ne tarda pas à s’occuper activement de politique locale. Conservateur modéré, il entra souvent en conflit avec les tories les plus extrémistes de Toronto, avec, entre autres, William Henry Boulton et Henry Sherwood*. En 1837, il prit la tête d’une compagnie de volontaires de York. Au cours des années 40, il s’opposa au projet de loi sur l’indemnisation des pertes subies pendant la rébellion et dénonça la politique de libre-échange de l’Angleterre, comme beaucoup de tories et de modérés, qui craignaient la rupture des liens avec la Grande-Bretagne. Néanmoins, en 1841, il travailla énergiquement à faire élire à Toronto deux partisans du réformiste Sydenham [Thomson*], Isaac Buchanan* et John Henry Dunn*. Trois ans plus tard, il se présenta dans Toronto comme partisan modéré de sir Charles Metcalfe*, mais sa candidature souleva une telle opposition chez les tories extrémistes qu’il se vit forcé de se désister avant le jour du scrutin. En 1844, il fut élu à la présidence du Toronto Board of Trade et y demeura jusqu’en 1852. Il était désormais engagé activement dans la vie publique. Président de la St Georges Society de 1845 à 1847, il fut élu au conseil municipal et au conseil d’administration des écoles publiques de Toronto en 1851. Il se présenta à la mairie la même année mais fut battu par une faible marge.

En 1851, il fut élu à l’Assemblée dans l’une des circonscriptions de Toronto, sous l’étiquette de conservateur indépendant. Il s’intéressa tout particulièrement aux questions qui concernaient le monde des affaires à Toronto. Ainsi, il tenta d’obtenir des amendements à la loi du Haut-Canada sur les impôts, à la charte de la compagnie du Grand Tronc et aux lois sur les taux usuraires ; il s’opposa à la politique tarifaire de Francis Hincks* et tenta de faire échec aux efforts de certains groupes financiers de Montréal qui voulaient faire de leur ville le centre d’un empire commercial. Il prôna également l’abolition du travail dominical. Aux élections de 1854, malgré l’appui des hommes d’affaires conservateurs, il fut battu à Toronto par deux autres conservateurs, John George Bowes* et John Hillyard Cameron. Dès lors, il ne chercha plus à se faire élire.

À l’encontre de son frère, Joseph Davis, et de nombre d’autres marchands torontois de l’époque, il ne fut pas mêlé de près à la formation de nouvelles sociétés commerciales, mais, en 1853, il devint président de la British America Assurance Company de Toronto, fonction à laquelle le préparait bien son expérience d’homme politique et de marchand. En 1866, il se retira du commerce de quincaillerie, laissant son frère prendre la relève, et consacra tout son temps à la compagnie d’assurance. Il fut nommé directeur de la compagnie en 1871, fonction qu’il cumula jusqu’à sa mort avec celle de président.

Douglas McCalla

Journals of the Legislative Assembly of the Province of Canada, 1852–1853.— [Hugh Scobie], Letters of 1844 and 1846 from Scobie to Ryerson, C. B. Sissons, édit., CHR, XXIX (1948) : 393–411.— Town of York, 1815–1834 (Firth).— Globe (Toronto), 1850–1860.— Rowsell’s city of Toronto and county of York directory, for 1850–1 [...], J. Armstrong, édit. (Toronto, 1850).— Brown’s Toronto general directory, 1856 [...] (Toronto, 1856).— Brown’s Toronto general directory, 1861 [...] (Toronto, 1861).— Hist. of Toronto and county of York, II : 137–139.— D. C. Masters, The rise of Toronto, 1850–1890 (Toronto, 1947).— Douglas McCalla, The commercial politics of the Toronto Board of Trade, 1850–1860, CHR, L (1969) : 51–67.

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Douglas McCalla, « RIDOUT, GEORGE PERCIVAL », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 10, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 18 déc. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/ridout_george_percival_10F.html.

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Auteur de l'article:   Douglas McCalla
Titre de l'article:   RIDOUT, GEORGE PERCIVAL
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 10
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1972
Année de la révision:   1972
Date de consultation:   18 décembre 2014