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ROBIE, SIMON BRADSTREET, avocat, homme politique et juge, né en 1770 à Marblehead, Massachusetts, fils de Thomas Robie et de Mary Bradstreet ; le 6 octobre 1806, il épousa à Halifax Elizabeth Creighton ; décédé le 3 janvier 1858 dans cette ville.

Simon Bradstreet Robie était le descendant direct de Simon Bradstreet, un des premiers gouverneurs du Massachusetts, décrit par certains comme « le Nestor de la Nouvelle-Angleterre ». Avec ses parents loyalistes, il arriva à Halifax peu après le déclenchement de la guerre d’Indépendance américaine. Ayant étudié le droit au cabinet de son beau-frère Jonathan Sterns, il fut admis au barreau au début des années 1790. Élu pour la première fois à la chambre d’Assemblée en 1799, il demeura membre du corps législatif de la Nouvelle-Écosse jusqu’en 1848. Cependant, comme les débats de l’Assemblée firent rarement l’objet de comptes rendus avant les années 1820 et que, par la suite, à titre de président de l’Assemblée, de membre du Conseil de la Nouvelle-Écosse – qui se réunissait à huis clos – et de président du Conseil législatif, Robie eut peu l’occasion de faire des interventions publiques, seuls subsistent des fragments de ses discours, et encore sont-ils rarissimes.

Député du canton de Truro jusqu’en 1806, Robie s’attacha tellement à cette région qu’il manifesta un jour le désir de se retirer dans le village de Truro ; une rue, d’ailleurs, porte son nom. Après 1806, il représenta la circonscription de Halifax, et la capitale baptisa l’une de ses grandes artères en son honneur. Au cours de sa carrière de député, il fut parfois qualifié de réformiste, et même de populiste ; il est certain, en tout cas, qu’il appartenait au parti country de William Cottnam Tonge*, premier groupe qui ait ressemblé à un parti politique en Nouvelle-Écosse. Mais avant tout, Robie fut un ardent défenseur des droits constitutionnels de l’Assemblée et, jusqu’aux années 1830, il fut à tout le moins un libéral modéré, quoique nullement démocrate.

Au début, Robie parut beaucoup plus radical qu’il ne l’était car, pendant les huit premières années où il siégea à l’Assemblée, il dut affronter sir John Wentworth*, le plus autoritaire des lieutenants-gouverneurs de la Nouvelle-Écosse. Même si, selon Wentworth, Tonge semait « la discorde et la haine tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de la chambre », Robie, dans l’ensemble, le soutenait. Ainsi, en 1803, lorsque le Conseil de la Nouvelle-Écosse, en vertu de ses pouvoirs législatifs, déclara qu’il ne convenait pas que l’Assemblée demande d’examiner ses délibérations, Robie présida le comité chargé d’étudier la question. Après analyse des précédents britanniques, le comité conclut que la Chambre basse ne s’était rendue « coupable d’aucune inconvenance » et qu’elle avait sans nul doute le droit d’examiner le journal du conseil.

C’est au moment où, en 1804, Wentworth tenta de changer le « mode d’affectation des crédits et de contrôle des dépenses », lequel en était « venu petit à petit à contredire tout à fait la pratique du Parlement », qu’eut lieu l’affrontement décisif entre le lieutenant-gouverneur et l’Assemblée. Depuis quelques années, celle-ci exerçait des fonctions normalement considérées comme des prérogatives de l’exécutif, notamment le dépôt du projet de loi concernant les estimations des routes ainsi que le choix et, à toutes fins pratiques, la nomination des commissaires de la voirie. « Ces pouvoirs étant des prérogatives, soutenait Wentworth, le représentant de Sa Majesté [peut], en vertu de la constitution, les reprendre dès qu’il estime que l’intérêt général le commande. » Le conseil ayant tenté lui aussi de revenir en arrière, un comité de l’Assemblée, présidé par Robie, affirma que les crédits de voirie continueraient d’être votés, « dépensés et comptabilisés selon la méthode employée jusqu’[alors] ». En conséquence, aucune loi de finances ne fut votée en 1804 et, même si l’Assemblée se montra un peu plus prudente au cours de la session de 1805–1806, elle revint à ses vieilles manœuvres l’année suivante. Désormais, Wentworth et ses successeurs reconnaîtraient la futilité des interventions de l’exécutif. Sans doute un mouvement réformiste prit-il lentement naissance en Nouvelle-Écosse parce que l’Assemblée s’était déjà assurée une grande autorité sur le financement d’un service que les députés des circonscriptions rurales considéraient presque comme leur raison d’être. En parvenant à conserver ces « prérogatives » à l’Assemblée, Tonge et Robie jouèrent un rôle déterminant.

En 1806, Robie n’était pas présent à l’Assemblée quand Wentworth refusa le siège de président à Tonge mais, en 1807–1808, il affronta de nouveau le lieutenant-gouverneur lorsque celui-ci eut la maladresse de contester l’invalidation de Thomas Walker, élu dans le canton d’Annapolis. Membre important du comité des privilèges, Robie défendit avec force le droit de l’Assemblée, maintenu avec succès « depuis sa formation initiale [...], de juger et de décider [...] de toutes les questions relatives aux élections ». Par la suite, en Angleterre, les légistes de la couronne affirmeraient que la chambre avait « seule, et en dernier appel, [le droit de] décider de la validité de l’élection d’un des députés ». Pourtant, Robie n’allait pas toujours se montrer aussi extrémiste que Tonge, surtout lorsque celui-ci tenterait en 1808 de limiter à un an la pension de retraite de Wentworth. Dans ce cas, son attitude le servirait auprès du nouveau lieutenant-gouverneur, sir George Prevost*, qui avait lui-même recommandé un traitement plus généreux pour Wentworth.

En 1809, Robie s’opposa énergiquement au grand réactionnaire Alexander Croke*, doyen du conseil et juge de la Cour de vice-amirauté, qui administrait la province en l’absence de Prevost. Croke ayant refusé sans raison d’entériner le projet de loi de finances, le comité des privilèges, dont Robie était membre, lui fit remarquer qu’il réduisait ainsi la crédibilité du gouvernement à un moment où les relations avec les États-Unis étaient dans une phase critique. Généralement partisan d’une gestion prudente des fonds gouvernementaux, Robie protesta aussi, en 1811, contre les méfaits du tribunal de Croke. Pourquoi, demanda-t-il, les fonctionnaires des douanes entamaient-ils toujours leurs poursuites à la Cour de vice-amirauté, où il n’y avait pas de jury et où les frais étaient excessifs, plutôt que devant les tribunaux de droit commun, qui ne présentaient aucun de ces inconvénients ?

L’expérience juridique et législative de Robie commença à être reconnue en 1815, année où il fut nommé solliciteur général. Défait à la présidence de la chambre en 1812 par Lewis Morris Wilkins*, il obtint ce poste en 1817 et y fut réélu par la nouvelle Assemblée un an plus tard. En qualité de président, il s’attira le mécontentement du lieutenant-gouverneur, lord Dalhousie [Ramsay*], qui ne cachait ni ses préférences ni ses antipathies et qui le traitait de « crabe, imbu de principes yankees », et d’homme qui n’avait « ni crainte de Dieu ni respect pour le roi ». En 1820, comme l’Assemblée avait rejeté ses propositions – initiative dont il attribuait en partie la responsabilité au président –, Dalhousie refusa, après les avoir acceptées, « une étoile et une épée », cadeaux d’adieux pour lesquels la Chambre basse avait voté £1 000. Il se plaignit amèrement de voir que l’Assemblée était « disposée à négliger les prérogatives de [la] première branche du Parlement constitutionnel et le respect qui lui [était] dû », notant en particulier qu’elle avait refusé d’accorder des crédits pour l’inspection de la milice, comme il l’avait demandé, et qu’elle n’avait pas répondu à ses messages spéciaux. Désolé, Robie reconnut être à l’origine du deuxième manquement et l’attribua à des circonstances particulières : dans la confusion qui avait suivi la mort de George III, il avait cru que l’Assemblée devait automatiquement mettre fin à ses travaux. Après avoir consulté d’autres députés, Robie se sentit néanmoins soulagé : l’un d’eux se demandait « sous l’influence de quel mauvais génie » Dalhousie s’était conduit de manière aussi « incohérente et absurde ». Ce « mauvais génie », c’était l’insulte qui, selon lui, avait été portée à sa dignité ; sur le coup, il avait perdu toute mesure et s’était laissé aller à un mouvement d’humeur. Plus tard, à titre de gouverneur en chef, Dalhousie aurait meilleure opinion de Robie ; en fait, en 1826–1827, il décrirait même son ancien ennemi comme l’un de ses principaux alliés en Nouvelle-Écosse.

Comme « les affaires de la chambre occupaient une bien grande partie de [son] temps » et que les soucis liés aux incidents comme celui de Dalhousie étaient « très mauvais » pour sa santé, Robie décida d’abord de ne pas se présenter aux élections de 1820 et, même si ses amis finirent par le convaincre, son « opinion et [ses] désirs ne changèrent pas ». Ce furent ses dernières élections car, en avril 1824, pendant le mandat du lieutenant-gouverneur sir James Kempt, il entra au conseil. Moins de deux ans plus tard, il abandonna le poste de solliciteur général pour devenir premier maître des rôles de la province, fonction à laquelle était attachée la présidence de la Cour de la chancellerie, jusque-là occupée de mauvais gré par le lieutenant-gouverneur. Normalement homogène, le conseil était divisé sur la question des relations entre l’Église et l’État. Bien que membre convaincu de l’Église d’Angleterre, qui était l’Église établie, Robie estimait à tout le moins nécessaire d’en arriver à quelques accommodements avec les non-conformistes, qui représentaient une grande partie de la population. En 1818, en comité plénier, il avait appuyé la pétition dans laquelle ils réclamaient que leurs propres ministres puissent célébrer légalement les mariages, estimant injuste d’être obligés de se marier devant une Église à laquelle ils n’appartenaient pas. Deux ans plus tôt, il avait soutenu la fondation de la Pictou Academy, établissement non confessionnel, et déploré les restrictions que lui imposaient les anglicans extrémistes du conseil. Quand les administrateurs de l’établissement réclamèrent de l’aide pour bâtir un édifice en 1818, Robie déclara qu’une province qui construisait un « palace » comme le Province House [V. John Merrick*] était facilement en mesure de pourvoir à la diffusion des connaissances. Ridiculisant l’affirmation du député John George Marshall*, selon qui les époques de savoir ne se distinguaient généralement pas par leur vertu, il souligna les grands avantages que l’instruction avait conférés à l’Écosse et à la Nouvelle-Angleterre.

En aidant la Pictou Academy, Robie noua une amitié étroite avec son directeur presbytérien, Thomas McCulloch*, qui lui écrivait en 1822 : « Le service essentiel que vous avez rendu à notre Église vous donne droit à toute notre affection. » Toutefois, même si l’Assemblée s’efforça aussi d’obtenir pour cette maison d’enseignement une aide permanente, comme le King’s College, d’obédience anglicane, en recevait depuis longtemps, les extrémistes anglicans du conseil, dirigé par le procureur général Richard John Uniacke*, remportèrent toujours la victoire sur elle. « Pourquoi ne révélez-vous pas le vrai visage [d’Uniacke] à la population ? » demanda un jour McCulloch à Robie. Mais c’était suggérer une manœuvre contraire à l’attitude que Robie avait toujours eue en politique.

En 1826, Robie et les trois autres conseillers modérés s’unirent pour réclamer de nouveau une aide permanente, mais ils perdirent par 5 voix contre 4. Ils exposèrent alors longuement leur dissidence dans le journal du conseil, soulignant que, si le lieutenant-gouverneur participait à la nomination des administrateurs de l’établissement, cela empêcherait d’embaucher des professeurs dont les « principes pourraient être contraires aux institutions politiques », que plus des quatre cinquièmes des Néo-Écossais étaient des non-conformistes et que, advenant le rejet du projet de loi, l’hostilité envers l’Église établie s’accroîtrait encore. La Pictou Academy obtint sa subvention habituelle en 1826, mais non les années suivantes : trois des quatre conseillers modérés (James Stewart, Brenton Halliburton et Charles Morris*) lui retirèrent en effet leur appui après que l’Église d’Écosse eut déclaré son opposition au collège et à McCulloch, ministre scissionniste, et que celui-ci se fut engagé dans une guerre ouverte contre John Inglis*, évêque de l’Église d’Angleterre. Seul Robie continua de soutenir sans réserve l’établissement en 1827 et 1828. Mais il était alors évident que la tentative pour établir un collège non confessionnel à Pictou avait échoué.

Au début des années 1830, voyant qu’une réforme politique était en cours en Angleterre et que les premiers signes d’un éveil politique se manifestaient en Nouvelle-Écosse, Robie devint beaucoup plus conservateur. Selon lui, la Grande-Bretagne et ses colonies étaient affligées de tous les maux des États déclinants : « Je suis heureux, disait-il, qu’il existe quelqu’un comme Nicolas Ier. » Convaincu que la réforme, une fois entreprise en Angleterre, ne pourrait être interrompue, il s’inquiétait particulièrement de l’avenir de la Nouvelle-Écosse. Après avoir demandé un Conseil législatif distinct, on réclamerait un Conseil législatif élu et, finalement, le pouvoir exécutif serait réduit « à rien » et la province se retrouverait avec « une pure démocratie, si le mot « pur » peut vraiment être appliqué à une chose aussi contraire, par sa nature même, à la pureté ».

Lettre après lettre, Robie se plaignait de la « misérable politique », qu’il souhaitait quitter. Avec mépris, il regardait les députés discuter des moyens de restaurer la confiance en une monnaie gravement dépréciée, question « sur laquelle ils en connaiss[aient] à peu près autant, sinon moins, que l’homme de la lune ». Lui-même n’échappa pas au mouvement de remise en question qui se dessinait en Nouvelle-Écosse. À titre de maître des rôles, il avait présidé la Cour de la chancellerie sans jamais tenter de modifier les règles qui s’étaient établies par hasard au fil des ans. Joseph Howe* lança l’offensive contre lui en 1832. Si, à la manière de lord Brougham, Robie avait identifié ce qui pouvait être éliminé dans la procédure du tribunal, disait Howe, il aurait été au-dessus de tout reproche. Au lieu de cela, il avait « empoché année après année les deniers publics pour maintenir une institution faite d’absurdités dangereuses et coûteuses qu’il aurait dû dénoncer depuis bien longtemps ». De même, l’Acadian Recorder se plaignait de « l’abominable et désolant système de vol à la tire » qui florissait à la Cour de la chancellerie et, en 1833, l’Assemblée se joignit à ceux qui réclamaient une réforme. Enfin, 22 nouvelles règles proposées par Robie entrèrent en vigueur en décembre 1833, mais elles contribuèrent peu à réparer les torts les plus sérieux. Plus tard, un juge en chef à la retraite, sir Charles James Townshend*, dirait que, ces changements mis à part, « rien de particulier » ne s’était produit à la Cour de la chancellerie pendant le mandat de Robie. Il semble qu’il exerça ses fonctions avec compétence dans un cadre qu’il hésitait à modifier.

En apparence du moins, Robie ne se laissa pas abattre par les critiques qui pleuvaient sur lui : « Vous savez combien ils ont dénigré la Cour et m’ont dénigré ; par bonheur, le travail de bien des années m’a rendu indépendant de ma charge. » Son cabinet d’avocat, fort lucratif, lui avait en effet permis d’amasser quelque £60 000, soit bien plus qu’il ne lui en fallait. Mais comme l’indique une remarquable série de lettres à Peleg Wiswall, juge à la retraite, son malaise était loin de provenir seulement de la situation politique. Il n’était pas moins fatigué des éternelles querelles du barreau : « Les vices et les folies des hommes font depuis trop longtemps l’objet de mes investigations. » Il n’avait jamais aimé le pays que son père avait adopté pour lui, ni le climat et les manières de Halifax ; au moment même où il écrivait, le brouillard était si épais qu’on aurait pu « le couper au couteau ». Cela, il ne croyait pas « devoir le supporter pour ajouter simplement quelques centaines de livres » à ce qu’il possédait déjà, d’autant plus qu’il n’avait pas de fils à qui laisser ses biens.

Par-dessus tout, Robie était impatient d’avoir la liberté de spéculer sur la seule question qui, pour lui, avait quelque importance : « cette terre lointaine et [...] plus heureuse où, je l’espère, nous pourrons mieux [...] connaître autrui qu’en ce bas monde ». Plus il songeait à l’univers, plus il lui semblait mystérieux ; pourtant, malgré la difficulté de la quête, il aspirait à la vérité et espérait discerner « le chemin qui y mène ». Après que la peste noire eut dévasté l’Asie et l’Europe, les mères avaient plus souvent donné naissance à des jumeaux et même à des triplés. « Pourquoi cette dévastation a-t-elle eu lieu ? », se demandait-il. Et « si c’était la volonté de la Providence, pourquoi la ruine fut-elle réparée de la manière que j’ai décrite » ? De plus, si la Providence permettait à la pauvreté d’exister pour donner à quelques-uns « l’occasion de manifester leur bienveillance », pourquoi les pauvres étaient-ils en si grand nombre ? Ainsi, dans sa correspondance avec Wiswall, Robie explore toute une gamme de sujets, s’interrogeant par exemple sur la signification des comètes ou sur la possibilité, pour les humains, de communiquer avec des esprits désincarnés.

Robie démissionna de son poste de maître des rôles en 1834 et prit sa retraite, mais il ne quitta ni la Nouvelle-Écosse ni le conseil. En fait, quand le conseil fut scindé au début de 1838, il devint conseiller exécutif et président du Conseil législatif. Pendant dix ans, il orienterait les lieutenants-gouverneurs vers leurs positions les moins libérales. Ainsi, en 1840, il affirma au lieutenant-gouverneur, sir Colin Campbell*, que le Conseil législatif ne pouvait absolument pas, sans violer les droits acquis ni trahir son sens de la justice, accepter les propositions de l’Assemblée sur la commutation des revenus imprévus. Pour un motif semblable, Robie se joignit à la minorité de ceux qui désapprouvaient le projet de loi visant à démettre sir Rupert D. George de son poste de registraire et à transférer ses tâches aux registrateurs de comté. Lorsque le lieutenant-gouverneur, lord Falkland [Cary*], lui demanda son avis sur un réaménagement du Conseil législatif, il insista pour que la couronne conserve un pouvoir absolu de nomination : « je crois que, disait-il, à moins que nous ne voulions une démocratie dépouillée de tout mélange de concessions aux principes monarchiques, nous avons déjà trop donné aux défenseurs de cette démocratie ».

Homme politique malgré lui, Robie avait été persuadé tour à tour par Campbell et Falkland de ne pas abandonner ses postes, mais les courants qui s’imposaient dans la colonie lui étaient contraires. Après la victoire des réformistes en août 1847, il démissionna avec les autres conseillers exécutifs tories, le 28 janvier 1848, pour faire place au gouvernement de James Boyle Uniacke. À mesure que progressait la session de 1848, Robie se trouva dans une position de plus en plus inconfortable comme président du Conseil législatif. Même s’il parvint à diluer le projet de loi gouvernemental permettant de démettre un juge de la Cour suprême au moyen d’une adresse conjointe du Conseil législatif et de l’Assemblée, le Conseil législatif, finalement, n’accepta pas ses amendements. Il n’approuva pas davantage le projet de loi ministériel qui éliminait le trésorier de la province et le remplaçait par deux fonctionnaires politiques, un receveur général et un secrétaire aux Finances, qui siégeaient tous deux au Conseil exécutif ; selon Robie, ce projet de loi détruisait la confiance que la couronne devait manifester publiquement à ses fonctionnaires. Adoptant une position vague selon laquelle il ne pouvait appuyer des mesures qui « viol[aient] les principes qu’[il avait] tenté toute [sa] vie de préserver » et estimant que, à titre de président du Conseil législatif, il ne devait pas s’opposer aux plus importantes propositions législatives du gouvernement, il démissionna le 3 avril 1848. Le lieutenant-gouverneur, sir John Harvey, se demanda si son geste n’avait pas pour but d’embarrasser le gouvernement mais, en fait, il n’eut guère d’autre effet que de mettre fin à sa carrière politique.

Juriste compétent et homme aux amitiés nombreuses, Simon Bradstreet Robie était en outre bien connu pour sa philanthropie ; selon un témoignage, les pauvres allaient « pleurer sa perte, car sa générosité était presque sans limites ». Sa carrière montre comment, au fil des changements, le libéral d’une époque peut devenir conservateur à l’époque suivante. Peut-être ses spéculations sur les mystères de la vie et de l’au-delà lui permirent-elles d’oublier de temps à autre le monde réel qu’il aima ou comprit de moins en moins après 1830.

J. Murray Beck

Les papiers de Simon Bradstreet Robie sont déposés aux PANS, MG 1, 793. Une sélection en a été faite et a été publiée dans PANS, Report of the Board of Trustees (Halifax), 1961 : 19–42.

PANS, MG 1, 550–558 ; 980 ; RG 1, 53 ; 113 1/2 ; 120 ; 191, particulièrement 1808 ; 218SS–218DDD.— Univ. of King’s College Library (Halifax), Israel Longworth, « A history of the county of Colchester » (2 part., Truro, N.-É., 1866–1878 ; copie dactylographiée aux PANS), 1, particulièrement 221–240.— N.-É., Acts, particulièrement 1825, 1833, 1848 ; House of Assembly, Journals and proc., 1800–1824 ; Legislative Council, Journal and proc., 1836–1848.— Ramsay, Dalhousie journals (Whitelaw).— Acadian Recorder, particulièrement 1818, 1832.— Novascotian, or Colonial Herald, particulièrement 1832.— Nova-Scotia Royal Gazette, 14 oct. 1806.— Directory of N.S. MLAs.— J. H. Stark, The loyalists of Massachusetts and the other side of the American revolution (Boston, [1907)), 457–459.— Beck, Government of N.S. ; Joseph Howe.— W. B. Hamilton, « Education, politics and reform in Nova Scotia, 1800–1848 » (thèse de {{ph.d}}., Univ. of Western Ontario, London, 1970).— Beamish Murdoch, A history of Nova-Scotia, or Acadie (3 vol., Halifax, 1865–1867), 3.— Israel Longworth, « Hon. Simon Bradstreet Robie : a biography », N. S. Hist. Soc., Coll., 20 (1921) : 1–15.— Norah Story, « The church and state « party » in Nova Scotia, 1749–1851 », N. S. Hist. Soc., Coll., 27 (1947) : 33–57.— C. J. Townshend, « History of the Court of Chancery in Nova Scotia », Canadian Law Times (Toronto), 20 (1901) : 74–80, 105–117.

Bibliographie générale

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J. Murray Beck, « ROBIE, SIMON BRADSTREET », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 8, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 20 avril 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/robie_simon_bradstreet_8F.html.

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Auteur de l'article:   J. Murray Beck
Titre de l'article:   ROBIE, SIMON BRADSTREET
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 8
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1985
Année de la révision:   1985
Date de consultation:   20 avril 2014