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ROBLIN, DAVID, commerçant de bois et homme politique, né le 19 avril 1812 dans le canton d’Adolphustown, Haut-Canada, cinquième des neuf enfants de John Roblin et de Mary Moore ; en 1832, il épousa Pamelia Hawley qui lui donna dix enfants ; décédé le 1er mars 1863 à Napanee, Haut-Canada.

John Roblin, fermier d’Adolphustown et prédicateur laïque méthodiste, mourut alors que David était encore enfant. « Autodidacte » dans une large mesure, David ouvrit un petit « magasin général » dans le canton de Richmond en 1832, puis déménagea son entreprise à Napanee en 1841 ; au cours des dix années qui suivirent, il obtint beaucoup de succès en se lançant dans le commerce du bois et la spéculation sur les titres de terrains accordés aux Loyalistes.

Comme la plupart des hommes politiques du Haut-Canada à cette époque, Roblin entra en politique à l’échelon municipal. Il devint le premier président du conseil municipal du canton de Richmond (1841–1857) et le premier préfet des comtés unis de Frontenac et de Lennox et Addington (1849–1857). La grande influence dont il jouissait sur la scène municipale lui permit de promouvoir l’adoption de la loi concernant la Compagnie du chemin de fer du Grand Tronc du Canada, la construction de l’Addington Colonization Road, ainsi que la reconstruction du palais de justice et de la prison du comté, à Kingston. Son influence dans les milieux politiques lui rapporta également des bénéfices dans les années 1850 : une vaste « limite » à bois dans Frontenac, qu’il obtint de l’administration de Francis Hincks*, un sous-contrat du Grand Tronc en vue de construire un pont sur la rivière Napanee et un poste d’arbitre pour le compte de cette compagnie, en avril 1854.

Cependant, Roblin était d’une famille gagnée à la cause réformiste et ses visées politiques ne se limitaient pas au domaine des chemins de fer. Son père et son cousin, John Philip Roblin*, avaient occupé un siège à l’Assemblée. David avait été défait dans le comté de Lennox et Addington aux élections de 1844 et 1851, par le député tory Benjamin Seymour. Durant toute sa carrière politique, il se présenta comme un réformiste ; il admirait Marshall Spring Bidwell*, Peter Perry* et particulièrement Robert Baldwin* qu’il décrivit en 1861 comme « ce bon et grand homme, le regretté et à tout jamais vénérable champion de nos libertés ».

Il remporta la victoire aux élections de 1854. En même temps que des collègues comme John Ross*, Angus Morrison* et Sidney Smith*, il se laissa convaincre par Hincks de se joindre à la nouvelle coalition libérale-conservatrice. Sans renier les idées réformistes qui faisaient de lui un disciple de Baldwin, il accorda un appui loyal à John Alexander Macdonald* sur toutes les questions importantes, y compris la lutte impopulaire livrée par celui-ci contre la représentation basée sur la population.

Roblin fut réélu en 1857, mais l’éclipse de sa réussite personnelle et politique était déjà commencée. L’appui qu’il donna à deux projets de loi défaits, visant à séparer Lennox et Addington de Frontenac (en 1858 et 1860), lui aliéna à la fois ses partisans d’Addington et le triumvirat politique de Kingston, formé par Macdonald, Alexander Campbell* et Sidney Smith. Son commerce de bois, qui avait subi de lourdes pertes au cours de la dépression des années 1857–1858, consécutive à l’effondrement du marché londonien du bois, continua de décliner ; il finit par perdre sa « limite » à bois de Frontenac et tous ses biens, à l’exception de la maison familiale. À l’élection de 1861, il fut battu par le candidat conservateur officiel, Augustus Frederic Garland Hooper, un marchand de Newburgh. Malade et ruiné, Roblin abandonna la politique et mourut en 1863.

En 1857, John Alexander Macdonald écrivit à son sujet : « Dans les moments difficiles, il était à mes côtés comme un homme et je ne l’oublierai jamais. » Toutefois, en dépit de l’appui loyal qu’il accorda à la coalition libérale-conservatrice, Roblin fut toujours considéré comme un réformiste, et cette prise de position ambivalente fut sans aucun doute la cause de sa défaite, car elle ne pouvait satisfaire ni les Clear Grits ni les conservateurs, à une époque où la polarisation des partis rendait futile et agaçante l’autonomie du groupe réformiste de Baldwin. Le Globe de Toronto, par exemple, le dénonça comme un « renégat de la réforme », tandis que le conservateur Chronicle and News de Kingston le qualifia d’un des « instruments les plus souples » de Macdonald. Et pourtant, si les conservateurs purent jouir d’un avantage précaire à l’Assemblée canadienne pendant la plus grande partie des dix années postérieures à 1854, ce fut bien grâce à l’appui de réformistes de compromis tels que Roblin.

James A. Eadie

Lennox and Addington Hist. Soc. (Napanee, Ont.), IV (Roblin family papers), A (David Roblin papers) ; V (John Stevenson papers) (copies aux APC).— Napanee Standard (Napanee, Ont.), 1854–1863.— J. A. Eadie, Politics in Lennox and Addington County in the pre-confederation period, 1854–1867 (thèse de m.a., Queen’s University, Kingston, Ont., 1967).— W. S. Herrington, History of the county of Lennox and Addington (Toronto, 1913), 151, 157, 206, 223, 275, 317, 341, 401–403.— J. A. Eadie, The political career of David Roblin, Lennox and Addington Hist. Soc. Papers and Records (Napanee, Ont.), XIV (1972) : 48–63.

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James A. Eadie, « ROBLIN, DAVID », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 9, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 18 sept. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/roblin_david_9F.html.

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Auteur de l'article:   James A. Eadie
Titre de l'article:   ROBLIN, DAVID
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 9
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1977
Année de la révision:   1977
Date de consultation:   18 septembre 2014