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SPROULE (Sprowle), GEORGE, officier, arpenteur, fonctionnaire et homme politique ; né vers 1743 à Athlone (république d’Irlande), fils aîné d’Adam Sproule et de Prudence Lloyd ; décédé le 30 novembre 1817 à Fredericton.

George Sproule naquit dans une famille de militaires. Après avoir fait des études à Athlone et, tout près, à Dublin, il se joignit à l’armée britannique en 1762, comme enseigne dans le 121e d’infanterie. Il reçut une formation d’arpenteur et d’ingénieur, et atteignit par la suite le rang de capitaine, titre par lequel on le désigna jusqu’à sa mort. Des cinq enfants connus nés de son union avec une prénommée Alicia, deux fils suivirent les pas de leur père dans l’armée et deux des trois filles épousèrent des officiers.

Les grandes réalisations de Sproule se firent dans le domaine de l’arpentage. En 1766, pendant qu’il était en garnison à Louisbourg, en Nouvelle-Écosse, avec le 59e d’infanterie (sa mutation avait eu lieu l’année précédente), on l’ajouta au personnel du capitaine Samuel Johannes Holland, célèbre arpenteur qui le décrivit « fort apte à ce travail par ses connaissances et sa constitution ». À ce moment-là, Joseph Frederick Wallet DesBarres*, James Cook* et Holland étaient occupés à de vastes travaux de levés topographiques dans la région de la côte de l’Atlantique, pour le compte du gouvernement britannique. En 1766 et 1767, Sproule travailla avec Holland dans l’île du Cap-Breton puis ils se joignirent à Thomas Wright et à d’autres pour dresser les cartes des rives du bas du fleuve Saint-Laurent. Ils arpentèrent aussi l’île d’Anticosti et une certaine étendue de la côte du Labrador.

En 1770, Sproule faisait partie de l’équipe qui effectua les levés topographiques de la côte est de la Nouvelle-Angleterre, concurremment aux travaux faits par DesBarres. Ses travaux d’arpentage et de cartographie furent finalement inclus dans la célèbre compilation de DesBarres, The Atlantic Neptune [...], parue en deux volumes, entre 1777 et 1781, à Londres. Engagé à partir de 1772 dans le premier arpentage approfondi des frontières du New Hampshire, Sproule était nommé deux ans plus tard arpenteur général de cette colonie ; il restera à ce poste jusqu’à ce qu’éclate la guerre d’Indépendance américaine. Il avait reçu la permission de quitter l’armée afin d’établir sa famille en permanence dans le New Hampshire, mais dès le début des hostilités, il reprit du service actif en tant que lieutenant dans le 16e d’infanterie. Immédiatement après s’être joint à l’armée britannique à Boston, il fut nommé sous-ingénieur de campagne. Le 9 juin 1781, il acheta un grade de capitaine dans le 16e d’infanterie, « notant qu’une réintégration dans ses fonctions et dans sa propriété du New Hampshire était peu probable ». L’année suivante, l’État confisqua les terres qu’il avait là. À la fin de la guerre, Sproule se trouva dans une position difficile : il avait non seulement perdu son poste et sa propriété, mais il n’avait devant lui que la perspective d’une mise à la demi-solde. « Pour faire face à ses obligations familiales », il dut vendre son grade de capitaine, même s’il ne pouvait en tirer que la moitié de ce qu’il aurait obtenu pendant la guerre. Dans des pétitions adressées à la commission chargée d’examiner les réclamations des Loyalistes, il évalua ses pertes totales par suite de la révolution à plus de £2 300. À titre de compensation, ainsi qu’en récompense de ses services dans l’armée et de son travail d’arpentage, on le nomma, le 2 septembre 1784, arpenteur général de la colonie nouvellement créée du Nouveau-Brunswick, avec un traitement annuel de £150.

Au printemps de 1785, Sproule prit énergiquement en main ces nouvelles fonctions qu’il conserva jusqu’à sa mort. Il se révéla une figure importante de l’histoire administrative de la province : il fonda le bureau de l’arpenteur général, créa et conserva l’important registre des terres et, en agissant ainsi, fut un gage de stabilité pour les nouveaux colons au cours d’une période particulièrement trouble. À son arrivée, il trouva les dossiers « dans un état de grande confusion ». Il lui fallut corriger des relevés précédents et régulariser certaines descriptions de concessions. Il dut aussi organiser son personnel, établir des lignes de conduite dans les fonctions de ses membres et mettre en place des méthodes pour la conservation d’archives adéquates. On nomma un grand nombre d’arpenteurs adjoints, dont Israel Perley et Abraham Iredell, qui sous la direction de Sproule entreprirent l’immense travail de l’arpentage des terres de quelque 12 000 réfugiés loyalistes. Sproule, qui exigeait beaucoup de qualité et fit énormément pour améliorer les techniques d’arpentage, veillait aussi au tracé des routes et des réserves, ainsi qu’à l’établissement des limites des paroisses et des comtés. Il était également préoccupé par la question des frontières provinciales. En 1787, le lieutenant-gouverneur Thomas Carleton lui demanda de rencontrer Hugh Finlay, de Québec, pour discuter des conflits de droits entre les deux colonies dans la région de Madawaska, dispute qui sera finalement réglée en faveur du Nouveau-Brunswick. Cette année-là, Sproule fit le tracé de lots pour des Acadiens qui s’étaient établis dans cette région [V. Louis Mercure]. En 1795, il fut arpenteur et cartographe des travaux de délimitation de la frontière entre le Maine et le Nouveau-Brunswick ; trois ans plus tard, il combina les résultats des levés de Dugald Campbell, de Thomas Wright et d’autres, en une seule carte générale à l’usage des commissaires.

Sproule, « ce fonctionnaire honnête, loyal et dévoué », comme le décrivit Edward Winslow, fut l’un des fonctionnaires du gouvernement du Nouveau-Brunswick les plus influents et les plus actifs, durant les premières décennies qui suivirent la création de la province. Non seulement s’acquitta-t-il efficacement de ses tâches d’arpenteur, mais il prêta également son concours au gouvernement par l’intérêt qu’il porta aux travaux publics. Il prit souvent part à la construction des ponts et des routes, en plus d’aider à la construction du nouvel édifice de la chambre d’Assemblée et du bureau de l’arpenteur général. En 1805, il accepta une responsabilité supplémentaire, celle de receveur général de la province, et, en septembre 1808, on le nommait membre du Conseil du Nouveau-Brunswick. Il participa souvent à la vie militaire de Fredericton où il fut garde-magasin. Membre de l’Église d’Angleterre, il fut marguillier et membre du conseil paroissial.

George Sproule, par sa longue et remarquable carrière d’arpenteur, de soldat et de fonctionnaire, mérite de la reconnaissance. Il a apporté au Nouveau-Brunswick une expérience précieuse et des qualités de chef qui aidèrent grandement la jeune province au cours des premières étapes de son développement. Il a occupé les fonctions d’arpenteur général durant 33 ans ; ce poste changera de mains neuf fois au cours des trois décennies qui suivront sa mort en 1817.

Robert Fellows

APNB, RG 2, RS6, 1 : 283 ; 2 : 13 ; RG 7, RS75, George Sproule, 1817.— Église épiscopale du Canada, Diocese of Fredericton Arch., Christ Church (Fredericton), minutes, 1793–1818 (mfm aux APNB).— Old Burying Ground (Fredericton), George and Alicia Sproule, tombstone.— PRO, AO 12/100 : 300 ; AO 13, bundles 52–53, 79 ; CO 188/4 : 46 ; 188/15 : 74 ; 188/23 : 30s.— Royal Irish Academy (Dublin), Upton papers, no 7, « The Sproules since 1669 » (copie dactylographiée).— [S. J. Holland], Holland’s description of Cape Breton Island and other documents, D. C. Harvey, compil. (Halifax, 1935).— Royal commission on American loyalists (Coke et Egerton).— Winslow papers (Raymond), 461, 514.— G.-B., WO, Army list, 1762–1781.— MacNutt, New Brunswick, 80s., 119s.— Murdoch, Hist. of N.S., 2 : 128.— E. S. Stackpole, History of New Hampshire (4 vol., New York, [1916]), 2 : 64s.— D. W. Thomson, Men and meridians : the history of surveying and mapping in Canada (3 vol., Ottawa, 1966–1969), 1 : 105, 112, 141.— Robert Fellows, « The loyalists and land settlement in New Brunswick, 17831790 : a study in colonial administration », Canadian Archivist ([Calgary]), 2 (1970–1974), no 2 : 5–15.

Bibliographie générale

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Robert Fellows, « SPROULE, GEORGE », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 5, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 29 août 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/sproule_george_5F.html.

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Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 5
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1983
Année de la révision:   1983
Date de consultation:   29 août 2014