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TAONDECHOREN, baptisé Louis, capitaine huron, dogique de la mission de Notre-Dame-de-Foy, né vers 1600, décédé après 1677.

Louis fut baptisé à Sainte-Marie-des-Hurons en 1640. Les missionnaires, qui le jugeaient à ce moment « un des bons esprits du pays Da Huronie] » et « des plus capables de nos mystères », ne furent pas déçus. Sa ferveur était reconnue : un « excellent chrétien », écrit Marie de l’Incarnation [V. Guyart], qui causa longuement avec lui et qui, en 1671, lui fit présent « d’une tres-belle image de cire en relief du saint Enfant Jesus, dans son berceau » ; « il n’est pas croyable, ajoute la Relation, combien cet homme est zelé pour toutes les choses de la piété ». En 1668, Louis était dogique de la petite colonie huronne de Québec, c’est-à-dire qu’il était chargé de diriger les prières et de veiller à la bonne conduite des Indiens en l’absence du missionnaire. Ce rôle, il le joua jusqu’en 1677 au moins. En plus de sa piété et de son zèle, les Jésuites vantaient son éloquence : « fort eloquent en sa langue », il prononce des discours pleins « d’esprit et de solidité » et « qui ne tiennent rien du sauvage ».

Animé d’un véritable esprit apostolique, Louis rêvait depuis longtemps d’annoncer « les veritez de nostre Religion » dans son ancienne patrie et dans les cantons iroquois. L’occasion s’en présenta bientôt. En 1673, il accompagna le gouverneur de Buade de Frontenac dans son voyage au lac Ontario. Bien qu’infirme et malade, il prolongea son séjour, faisant à Onontagué « fonction de predicateur tant en publicq, dans Les Conseils que dans les visites particulieres des Cabanes ». Le père Jean de Lamberville* se félicitait « d’avoir trouvé un tel vicaire ».

En 1660, Louis avait été, au Long-Sault, l’un des compagnons de Dollard. Capturé par les Iroquois, il s’était échappé huit ou dix jours plus tard. Il avait été « quatre jours et quatre nuits à courir sans relâche » avant d’atteindre Montréal, vers le 25 mai. C’est lui qui fut le principal informateur du père Chaumonot et de l’auteur de la Relation de 1659–1660, qui rédigèrent chacun un récit du combat du Long-Sault.

À partir de 1677, les Relations ne parlent plus de Louis, alors âgé de près de 80 ans.

André Vachon

Marie Guyart de l’Incarnation, Lettres (Richaudeau), II : 162s.— JR (Thwaites), XIX : 148–150 ; L : 210–212 ; LII : 236 ; LV : 266–268, 276, 300 ; LVIII : 134, 148, 150, 196–198 ; LX : 78, 306.— André Vachon, L’Affaire du Long-Sault : valeur de la source huronne, RUL, XVIII (1963–64) : 495–515.

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André Vachon, « TAONDECHOREN », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 1, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 19 avril 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/taondechoren_1F.html.

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Auteur de l'article:   André Vachon
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Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 1
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1966
Année de la révision:   1966
Date de consultation:   19 avril 2014