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TOMAH (Toma, Thomas), PIERRE, dit Gouverneur Tomah (connu aussi sous le nom de Toma Pierre), chef malécite, né vers 1734, peut-être à Aukpaque (près de Fredericton), fils de Pierre Tomah*, sachem suprême des Malécites ; le 5 juin 1768, devant l’abbé Charles-François Bailly* de Messein, il épousa Marie-Joseph, d’Aukpaque ; décédé en 1827 ou après, probablement à Meductic (près de Meductic, Nouveau-Brunswick).

Pierre Tomah se distingua à plusieurs égards au cours de sa longue vie. En 1759, il combattit avec l’armée de Montcalm sur les plaines d’Abraham, où il perdit un bras et un oeil. On possède peu d’informations sur ses activités durant la Révolution américaine mais, le 28 juillet 1780, il est inscrit sur la liste dressée par John Allan*, surintendant américain des Affaires des Indiens de l’Est, comme ayant « établi son campement à Passamaquoddy » avec sa femme et trois enfants. Le 2 octobre 1781, lors d’une assemblée tenue à Burton (Nouveau-Brunswick), Pierre Tomah devint « gouverneur » (à peu près l’équivalent de sachem suprême) des Malécites, grâce à une habile manœuvre du surintendant des Affaires indiennes de la Nouvelle-Écosse, Michael Francklin*. Il succédait ainsi à son père, et si Francklin jugea nécessaire d’intervenir, on peut supposer que ce n’étaient pas tous les Malécites qui acceptaient inconditionnellement la succession patrilinéaire à cette époque.

En 1788 ou 1789, Frederick Dibblee, fondateur de l’école de la New England Company à Meductic, signala que Tomah, sa femme et quatre enfants s’étaient arrêtés à cet endroit. Comme la quantité d’articles que reçurent Tomah et ses enfants était bien inférieure en moyenne à celle que les autres avaient obtenue, on peut supposer que leur présence à l’école n’était qu’occasionnelle. Il s’agit probablement du même Pierre Tomah dont on signale la présence en 1790 à Becaguimec (Hartland, Nouveau-Brunswick), où il vivait avec 29 autres familles et cultivait un grand carré de maïs.

Dans les dernières années de la vie de Tomah, les Malécites commencèrent à ressentir les effets de l’expansion loyaliste dans le haut de la rivière Saint-Jean. Ce fut une époque particulièrement difficile, puisqu’ils se virent contraints à adapter leur manière de vivre à un environnement social de plus en plus modelé par les Blancs. Ce sont les jeunes générations qui subirent tous les effets qu’entraînèrent des contacts plus étroits avec les colons de langue anglaise [V. Molly Ann Gell ; Francis Tomah*].

L’élection de Francis Tomah au poste de chef à Kingsclear, en 1813, indique peut-être que Pierre Tomah avait renoncé à son rôle ou qu’en raison de son âge, de son incapacité ou de quelque autre cause, il était incapable de maintenir son autorité sur toute la population malécite de la vallée de la rivière Saint-Jean. Si Pierre Tomah prétendait encore être le grand chef dans les années 1820 et s’il jouissait encore d’un certain appui de son peuple, il avait été presque complètement oublié par les autorités du Nouveau-Brunswick. Le lieutenant-gouverneur, sir Howard Douglas*, qui se rendit à Meductic en 1827, semble avoir été surpris de le trouver encore vivant : Tomah avait, semble-t-il, 93 ans et vivait dans la misère. Un compte rendu de l’époque raconte : « Son Excellence, jugeant qu’il avait bien droit à la charité, le fit venir à Fredericton et, aussitôt, ordonna aux commissaires chargés des Affaires indiennes de le faire vêtir décemment, de pourvoir à ses besoins immédiats et, aussi, de prendre des dispositions pour qu’il obtienne de l’aide et des moyens de subsistance. Il est intéressant de noter que, pendant qu’il revêtait ses nouveaux habits, il semblait manifester une joie et une gratitude des plus sincères. » C’est tout ce qu’on sait de Pierre Tomah.

Vincent O. Erickson

Musée du N.-B., Webster ms coll., packet 31, [Walter Bromley], « Report of the state of the Indians in New Brunswick under the patronage of the New England Company, 14th August 1822 ».— Military operations in eastern Maine and Nova Scotia during the revolution, chiefly compiled from the journals and letters of Colonel John Allan [...], Frederic Kidder, édit. (Albany, N.Y., 1867).— New-Brunswick Courier, 18 août 1827.— W. O. Raymond, The River St. John : its physical features legends and history from 1604 to 1784, J. C. Webster, édit. ([2e éd.], Sackville, N.-B., 1943 ; réimpr., 1950) ; « The Indians after the coming of the English : continued », Saint Croix Courier (St Stephen, N.-B.), 16 juin 1892 : 1 ; « The old Meductic fort », N.B. Hist. Soc., Coll., 1 (1894–1897), no 2 : 221–272.

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Vincent O. Erickson, « TOMAH, PIERRE, Gouverneur Tomah », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 6, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 20 déc. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/tomah_pierre_6F.html.

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Auteur de l'article:   Vincent O. Erickson
Titre de l'article:   TOMAH, PIERRE, Gouverneur Tomah
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 6
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1987
Année de la révision:   1987
Date de consultation:   20 décembre 2014