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Titre original :  Eustache-Ignace Trottier called Desrivières Beaubien

Provenance : Lien

TROTTIER DESRIVIÈRES BEAUBIEN, EUSTACHE-IGNACE, homme d’affaires, seigneur, officier de milice et fonctionnaire, né le 10 février 1761 à Montréal, fils d’Eustache Trottier Desrivières Beaubien, marchand, et de Marguerite Malhiot ; décédé le 3 octobre 1816 à Varennes, Bas-Canada.

Eustache-Ignace Trottier Desrivières Beaubien est issu d’une famille engagée dans le commerce et la traite des fourrures depuis le xviie siècle. Son père, marchand à Montréal puis à la mission de Lac-des-Deux-Montagnes (Oka), avait fait le commerce des fourrures durant la décennie 1780, notamment aux lacs Abitibi et Témiscamingue, mais la vive concurrence des marchands britanniques l’avait obligé à délaisser cette activité pour se consacrer presque uniquement à son commerce de détail à la mission de Lac-des-Deux-Montagnes. Aussi, il semble que ce soit aux côtés de son père qu’Eustache-Ignace fit l’apprentissage du monde des affaires.

Le 7 octobre 1783, Desrivières Beaubien épouse à Varennes Marie-Appolline Bailly de Messein, issue de l’une des plus importantes familles de marchands de l’endroit. Elle apporte en dot la part qui lui revient dans la succession de son père, François-Augustin Bailly de Messein ; Eustache-Ignace bénéficie de son côté d’une avance d’hoirie de 9 000#. Le jeune couple s’installe à Varennes où Eustache-Ignace ouvre un magasin général. Sa femme meurt le 29 octobre 1793, un an après la naissance de leur sixième enfant. En 1794, outre son magasin dont l’inventaire est évalué à 14 415# 18s., Desrivières Beaubien possède à Varennes deux maisons, deux terrains et une prairie, en plus des animaux qu’il afferme auprès d’habitants de la seigneurie. Ses dettes actives dépassent ses dettes passives, lui assurant un profit net de 16 706#.

Après un court veuvage, Desrivières Beaubien épouse à Boucherville, le 7 août 1796, Charlotte Boucher de La Bruère, fille de René Boucher de La Bruère. L’épouse, bien dotée, ajoute à la fortune de Desrivières Beaubien en apportant dans la communauté deux terres et un emplacement situés dans la seigneurie de Boucherville, le tiers de la seigneurie de Montarville, en plus d’une somme de 8 000#.

Durant les deux décennies suivantes, Desrivières Beaubien investit dans la propriété foncière. Il acquiert des terres dans les seigneuries de Varennes, de Belœil, de Boucherville et de Montarville, ainsi que dans la baronnie de Longueuil. En 1816, il possède 26 terres ou portions de terre dans ces différents endroits, qu’il afferme dans le but d’en écouler les récoltes à son magasin de Varennes, ou bien à Montréal. En plus, il exploite une cendrière équipée pour fabriquer de la potasse et une boulangerie ; il possède aussi la moitié d’un moulin à carder.

Comme plusieurs de ses compatriotes, Desrivières Beaubien eut à subir les méfaits de l’administration du gouverneur Craig. En mai 1810, sans faire connaître ses raisons, le gouverneur lui retira ses commissions de juge de paix du district de Montréal, charge qu’il remplissait depuis 1791, et de major dans la milice de Boucherville, fonction qu’il occupait depuis deux ans. Desrivières Beaubien protesta en affirmant que les autorités avaient prêté l’oreille à de fausses informations et à des plaintes calomnieuses. En juillet 1812, il adressa une supplique au nouveau gouverneur Prevost, lui demandant d’enquêter sur les causes de sa destitution. Une cour militaire présidée par Louis Guy* fut créée le même mois. Desrivières Beaubien eut gain de cause car, à l’automne de 1813, il participait à un fait d’armes à la tête d’un bataillon de milice à Châteauguay. Il fut également réintégré dans ses fonctions de juge de paix.

Il semble que le service militaire eut raison de la santé d’Eustache-Ignace Trottier Desrivières Beaubien qui mourut le 3 octobre 1816 après une longue et douloureuse, maladie. Lieutenant-colonel dans la milice de Verchères, il fut enterré avec les honneurs militaires. Outre ses terres et emplacements, il laissait à ses enfants encore vivants, Édouard et Henri* Desrivières-Beaubien, tous deux mineurs, une succession évaluée à 22 568#.

Raymond Dumais

ANQ-M, CE1-10, 7 oct. 1783, 29 oct. 1793, 11 mai 1810 ; CE1-22, 7 août 1796, 5 oct. 1816 ; CE1-51, 11 févr. 1761 ; CN1-117, 21 oct. 1806 ; CN1-121, 14 juill. 1794, 15 août 1795 ; CN1-150, 6 oct. 1783 ; CN1-167, 7 août 1796, 15 sept., 30 oct., 4 nov. 1816 ; CN1-269, 31 janv. 1798 ; CN1-313, 7 mai 1795, 14 févr. 1800, 9–12 févr. 1801, 24 sept. 1807, 26 sept. 1809 ; P-10, oct. 1806, cause no 267.— Arch. du séminaire de Trois-Rivières (Trois-Rivières, Québec), Coll. Montarville Boucher de La Bruère.— ASQ, Fonds Viger-Verreau, Carton 18, no 67.— AUM, P 58, P2/191, 195, 198 ; U, Desrivières-Beaubien à Jordan, 16 août 1802.— Montreal Gazette, 14 oct. 1816.— La Gazette de Québec, 11 août 1791, 3, 17 mai 1810.— Tanguay, Dictionnaire, 7 : 359.— « La loyauté des Canadiens en 1775 », BRH, 31 (1925) : 370–375.— « Le « Royal Canadien » ou « Royal Canadian Volunteers », BRH, 7 (1901) : 372.

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Raymond Dumais, « TROTTIER DESRIVIÈRES BEAUBIEN, EUSTACHE-IGNACE », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 5, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 19 sept. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/trottier_desrivieres_beaubien_eustache_ignace_5F.html.

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Auteur de l'article:   Raymond Dumais
Titre de l'article:   TROTTIER DESRIVIÈRES BEAUBIEN, EUSTACHE-IGNACE
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 5
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1983
Année de la révision:   1983
Date de consultation:   19 septembre 2014