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Titre original :  William Willcocks, 1736-1813 (Photo: Metropolitan Toronto Reference Library T13784)

Provenance : Lien

WILLCOCKS, WILLIAM, colonisateur, marchand, juge et fonctionnaire, né en janvier 1735/1736 probablement à Cork (république d’Irlande), fils de Charles Willcocks et de Margaret Russell ; vers 1760, il épousa Phoebe Jackson, de Birr (république d’Irlande), et ils eurent huit enfants ; décédé le 7 janvier 1813 à York (Toronto).

William Willcocks passa son enfance avec son cousin germain Peter Russell. De cette période, on retient un fait : le jeune William transmit des poux au second à leur école de Cork. Après un apprentissage de sept années chez un marchand de vin de Cork et deux années passées à Dublin à lutter efficacement devant les tribunaux pour préserver son héritage, il se maria vers 1760 et se lança en affaires comme marchand commissionnaire, à Cork. Il réussit bien au départ ; mais ne pouvant plus honorer ses dettes, en 1778, il éprouva par la suite des difficultés financières. En 1782, la perte de ses deux navires le conduisit à la faillite, dont il ne se libéra finalement que trois ans plus tard. Son élection comme shérif de Cork, en 1765, le rendait éligible à la mairie, mais cette chance lui échappa. En 1792, Willcocks était un marchand raté, aux ambitions municipales déçues ; aussi le persuada-t-on facilement de quitter sa famille pour suivre son cousin Russell dans le Haut-Canada.

Avant même l’arrivée de Willcocks à Niagara (Niagara-on-the-Lake), le 24 novembre 1792, Russell lui avait procuré, conjointement avec son fils Charles, un prestigieux lot face au lac, à Toronto, et, à chacun d’eux, 200 acres dans le voisinage de la ville. Le 31 décembre 1792, Willcocks et quelques associés obtinrent la concession du canton de Norwich (Whitby et East Whitby). Willcocks reçut pour sa part 1000 acres, et chacun des immigrants qu’il y établirait recevrait 200 acres. En janvier, il partit pour l’Irlande et le pays de Galles afin d’y recruter des colons. Son retour fut retardé par le début des hostilités avec la France et par son élection à la mairie de Cork. Après avoir terminé son mandat d’un an comme maire, Willcocks annonça en novembre 1794 qu’on pouvait se procurer des terres dans le canton de Norwich (dès lors Whitby) à des prix variant d’une à cinq guinées les 100 acres, plus le versement d’un loyer annuel. Le 10 mai 1795, il mit à la voile à Cork avec 33 colons, et arriva à New York le 15 juillet. Là, tout alla mal : ses colons le quittèrent jusqu’au dernier, et il atteignit finalement Kingston, au mois d’octobre, dans une embarcation ouverte, après avoir abandonné à Oswego, dans l’état de New York, les marchandises destinées à la boutique qu’il se proposait d’ouvrir à York. À Albany, il avait de nouveau annoncé que des terres étaient disponibles dans le canton de Whitby, « à des conditions raisonnables ».

On avait concédé des cantons pour accélérer la colonisation et pour permettre aux gens qui avaient des opinions communes de s’installer ensemble. Toutes les concessions devaient être gratuites, sauf pour ce qui était des droits gouvernementaux. Les annonces faites par Willcocks constituaient une « violation manifeste de [ces] principes et conditions », et, le 25 mai 1796, le canton de Whitby lui fut repris par le lieutenant-gouverneur Simcoe. Entretemps, le deuxième groupe de colons irlandais de Willcocks avait été fait prisonnier en mer par les Français. Après le départ de Simcoe en juillet 1796, Russell, devenu administrateur du Haut-Canada, convainquit le Conseil exécutif, lors de la séance du 4 octobre, de laisser le canton de Whitby à Willcocks pendant deux autres années, d’autant que ce dernier ignorait qu’il ne pouvait pas vendre de terres et qu’il avait essayé d’y amener des colons. Les titres de Willcocks sur le canton de Whitby furent finalement rescindés le 28 juin 1797, la guerre avec la France le privant fort probablement de toute possibilité de s’acquitter de ses obligations. La guerre retarda aussi l’arrivée de sa famille ; ce n’est qu’en 1801 que sa femme, ses trois filles, son fils Charles et la femme de ce dernier furent tous au Canada.

Au tournant du siècle, William Willcocks était établi à York comme boutiquier, magistrat et maître de poste (le premier nommé) ; il démissionna de cette dernière fonction en 1801. En janvier 1800, on l’avait nommé juge de la Cour du district de Home – seul juge à ne pas être barrister – et juge du tribunal des successions et tutelles du même district. Il avait acheté 15 000 acres de terre dans le canton de Norwich (North et South Norwich), dans le comté d’Oxford, en 1799, mais ses spéculations foncières tournèrent au désastre. Lorsque sa deuxième fille, Phœbe, épousa William Warren Baldwin*, en 1803, tout ce que Willcocks possédait avait été saisi. Bien qu’il ne se révélât pas aussi radical que Joseph Willcocks, le fils de son petit-cousin, il appuya l’activité politique du juge Robert Thorpe* en 1806–1807. Dans son vieil âge, il vécut chez les Baldwin, mais passa beaucoup de temps dans sa propriété de Millbrook (Markham), occupé, selon son gendre, à « d’inutiles projets de construction d’un moulin ». On remboursa ses dettes en vendant des terres, et sa propriété, comme celle de Peter Russell, finit par passer à la famille Baldwin. Sa carrière dans le Haut-Canada, Willcocks la dut davantage à l’influence de Peter Russell qu’à sa propre compétence, ce qui illustre la puissance, mais aussi les limites, du népotisme au xviiie siècle.

Edith G. Firth

AO, MS 75.— APC, MG 23, HII, 7 (photocopies) ; RG 1, E1, 46–48 ; E3, 19.— MTL, Robert Baldwin papers, sect. ii ; W. W. Baldwin papers, sect. [i]–ii ; Elizabeth Russell papers ; Peter Russell papers.— PRO, CO 42/316–322.— Corr. of Hon. Peter Russell (Cruikshank et Hunter).— Corr. of Lieut. Governor Simcoe (Cruikshank).— C. B. Gibson, The history of the county and city of Cork (2 vol., Londres, 1861), 2.— E. A. Cruikshank, « An experiment in colonization in Upper Canada », OH, 25 (1929) : 32–77.— G. C. Patterson, « Land settlement in Upper Canada, 1783–1840 », AO Report, 1920.

Bibliographie générale

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Edith G. Firth, « WILLCOCKS, WILLIAM », dans FR:UNDEF:public_citation_publication, vol. 5, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 21 déc. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/willcocks_william_5F.html.

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Auteur de l'article:   Edith G. Firth
Titre de l'article:   WILLCOCKS, WILLIAM
Titre de la publication:   FR:UNDEF:public_citation_publication, vol. 5
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1983
Année de la révision:   1983
Date de consultation:   21 décembre 2014