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BANGS, NATHAN, ministre méthodiste et écrivain, né le 2 mai 1778 à Stratford, Connecticut, fils de Lemuel Bangs et de Rebecca Keeler ; il épousa Mary Bolton du canton d’Edwardsburgh, Haut-Canada, le 23 avril 1806, et ils eurent 11 enfants ; décédé le 3 mai 1862 à New York.

Nathan Bangs, issu de l’une des plus vieilles familles du Massachusetts, fut élevé dans un milieu modeste mais où l’on avait de l’ambition. Son père, forgeron instruit et épiscopalien, l’encouragea à s’instruire et stimula ses dispositions pour la théologie. Nathan devint enseignant et arpenteur, professions qu’il pratiqua près de Niagara après sa venue au Haut-Canada en 1799. Il y rencontra maints méthodistes et, grâce à leur orientation, il trouva la certitude religieuse qu’il avait longtemps cherchée. Au révérend Joseph Sawyer* notamment, il « avait entièrement confié » ses inquiétudes spirituelles. En août 1800, Dieu ouvrit « le sentier de la vie et de la paix à [son] e troublée » et le reçut « dans la maison de ses saints ».

Les pasteurs méthodistes itinérants, toujours désireux de recruter des hommes capables et de caractère trempé, firent immédiatement pression sur Bangs pour qu’il se joigne à eux. Il fut pris à l’essai comme ministre par la Conférence de New York en 1802 et envoyé en poste au « circuit » du district de Home et de la baie de Quinte. En 1804, il s’offrit comme missionnaire dans les établissements longeant le bas de la rivière Thames, alors séparés des cantons environnant Niagara et York (Toronto) par des milles de terres non défrichées. Quittant New York en juin, après avoir été reçu diacre et admis au presbytérat, il arriva en août 1804 dans les environs de ce qui est aujourd’hui Chatham. Lors de sa première assemblée, il annonça : « Je suis en route pour la cité céleste et ma mission parmi vous est d’en convaincre autant que je peux de m’accompagner. »

Bangs demeura trois mois dans la région de la rivière Thames et passa le reste de l’année 1804 dans celle de Niagara. En 1805 et 1806, il œuvra dans le « circuit » d’Oswegatchie, dans l’est du Haut-Canada. Il y aida à organiser la première assemblée religieuse en plein air dans le Haut-Canada, à Adolphustown. Ce genre de manifestation accéléra pendant un certain temps la diffusion de l’enseignement évangélique et servit d’antidote contre la frustration et l’isolement subis par les colons. Au cours de l’année 1806, Bangs fut envoyé à Québec mais, pendant les trois mois qu’il y vécut, il rencontra une forte opposition de la part des Églises établies et il officia parfois avec seulement une personne présente. Il déménagea à Montréal et y resta toute l’année 1807, bien que sa congrégation ne comptât que 20 membres. En 1808, il fut muté à un « circuit » dans l’état de New York et, en 1812, nommé ministre président du district du Bas-Canada. La déclaration de la guerre l’empêcha de revenir à Montréal. Pendant les années qu’il avait passées au Canada comme missionnaire, Bangs avait répandu la doctrine méthodiste de Detroit à Québec et donné l’exemple tenace de ce zèle rempli d’abnégation qui explique en grande partie la réussite du méthodisme. De plus, Bangs se fit une réputation durable chez les méthodistes du Haut-Canada, et sa carrière subséquente, de par sa nature, vint affermir sa position.

Le transfert de Bangs aux États-Unis coïncida avec l’expansion massive du méthodisme américain, à laquelle il devait apporter une importante contribution. Il fut un prédicateur très persuasif, un administrateur et législateur habile et, à plusieurs reprises, un candidat malgré lui à la fonction épiscopale. Mais il se distingua surtout comme « agent de publicité » de 1820 à 1828, en donnant un grand essor aux publications méthodistes ; il améliora la qualité des journaux méthodistes, à titre de rédacteur en chef du Christian Advocate et du Methodist Magazine and Quarterly Review, publiés à New York. En tant que l’un des premiers initiateurs de la Missionary Society et comme son premier secrétaire rémunéré, il prêta son concours à l’expansion des missions au pays et fut un des promoteurs des missions méthodistes à l’étranger. De plus, il fut un écrivain prolifique, se consacrant surtout à l’histoire méthodiste épiscopale et, en 1841–1842, il fut président de la Wesleyan University à Middleton, Connecticut.

En tant qu’éditeur, journaliste, historien et ecclésiastique éminent, Bangs aida à façonner directement et indirectement le méthodisme dans le Haut-Canada. Par sa présence et ses conseils, il seconda William Case*, Thomas Madden et d’autres dans la fondation de la conférence autonome du Haut-Canada de l’Église méthodiste épiscopale en Amérique. En 1828, il travailla, avec John* et William Ryerson*, James Richardson* et Philander Smith, à la formation d’une branche indépendante, l’Église méthodiste épiscopale du Canada. En reconnaissance de ses services, on lui offrit de le nommer premier évêque ou surveillant général de l’Église, offre qu’il déclina. Au cours de la décennie tourmentée qui suivit, son opinion raffermit la position de ceux qui cherchaient à promouvoir le développement d’un véritable méthodisme canadien devant la tentative résolue des wesleyens anglais de faire accepter aux méthodistes canadiens la structure de leur Église et de les faire adhérer à leurs attitudes conservatrices. Semblablement, la nomination, en 1833, par la Conférence canadienne, d’Adolphus Egerton Ryerson* comme « agent de publicité » (plus tard administrateur), la fondation du Christian Guardian en 1829 et de l’Upper Canada Academy en 1836 et l’excellente organisation des missions canadiennes furent le reflet des préoccupations intellectuelles, littéraires et religieuses que Bangs visait à développer au sein du méthodisme américain. Avant de se retirer en 1852, l’une de ses dernières fonctions officielles fut de représenter ses frères américains à la session de 1848 de la Conférence canadienne, où il rencontra, entre autres, William Case, l’un des rares survivants de la première mission américaine au Canada, et rappela à ses collègues que la « doctrine de la sanctification totale » avait été « le trait distinctif du méthodisme ». La retraite de Bangs symbolisa la fin de l’époque héroïque de l’histoire méthodiste aux États-Unis et en Amérique du Nord britannique. Par son exemple et son influence, il contribua à la diffusion et à l’intensité de l’action méthodiste dans le Haut-Canada.

G. S. French

Nathan Bangs est l’auteur de The life of the Rev. Freeborn Garrettson [...] (New York, 1829), An authentic history of the missions under the care of the Missionary Society of the Methodist Episcopal Church (New York, 1832), et A history of the Methodist Episcopal Church (4 vol., New York, 1838–1841). Pour les autres ouvrages de Bangs, V. : National union catalog, et Memorial of the golden wedding of the Rev. Nathan and Mrs. Mary Bangs, April 23, 1856 (New York, 1856).

      Christian Advocate (New York), 1826–1836.— Christian Guardian, 14 mai 1862.— Methodist (New York), 10 mai 1862.— Methodist Magazine and Quarterly Rev. (New York), 1820–1828, 1832–1836.— DAB.— Carroll, Case and his cotemporaries.— French, Parsons & politics.— Abel Stevens, Life and times of Nathan Bangs, D.D. (New York, 1863).— A. H. Tuttle, Nathan Bangs (New York, 1909).

Bibliographie générale

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G. S. French, « BANGS, NATHAN », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 9, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 18 sept. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/bangs_nathan_9F.html.

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Auteur de l'article:   G. S. French
Titre de l'article:   BANGS, NATHAN
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 9
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1977
Année de la révision:   1977
Date de consultation:   18 septembre 2014