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RYERSON, WILLIAM, ministre méthodiste, né le 31 mars 1797 à Maugerville au Nouveau-Brunswick, troisième fils du colonel Joseph Ryerson* et de Sophia Mehetabel Stickney, épousa Mary Griffen dont il eut trois fils et trois filles, décédé le 15 septembre 1872 à Salt Springs, prés de Brantford, Ont.

William Ryerson ne fréquenta que la petite école en bois située non loin de la ferme familiale dans le comté de Norfolk, dans le Haut-Canada. Il servit dans le régiment de son père, à titre exceptionnel, comme volontaire, pendant la guerre de 1812. Il fut converti au méthodisme par David Youmans, à la faveur du réveil religieux auquel on assista après la guerre. Sa conversion provoqua un grand mécontentement chez son père et il quitta la maison familiale pour aller s’installer dans le comté d’Oxford où il se mit à défricher une terre. Il fut admis en probation en tant que prédicateur lors de la conférence, en 1823, de l’Église méthodiste épiscopale et fut ordonné diacre alors qu’il travaillait dans le circuit de Queenston en 1825.

William assuma très vite de nombreuses responsabilités au sein de l’Église ; il présida l’assemblée des anciens, fut président et surintendant dans plusieurs districts à ‘travers toute la province. En 1828, avec son frère Egerton*, il prépara une description des pouvoirs qu’auraient les réunions trimestrielles dans tous les domaines importants ; le projet fut adopté par la Conférence de l’Église et resta en usage, avec peu de modifications, pendant plusieurs décennies. Au cours de la même année, en 1828, il fut choisi comme délégué à la réunion de la Conférence de l’Église américaine à Pittsburgh, où il parvint à prouver le bien-fondé d’une séparation de l’Église canadienne de sa consœur américaine. Il recueillit de l’argent pour financer le voyage qu’Egerton effectua en Angleterre en 1833 pour négocier une union entre l’Église canadienne et l’Église méthodiste wesleyenne de Grande-Bretagne. Lorsque cette union fut rompue, il entreprit en 1840 un voyage en Angleterre, en compagnie d’Egerton, dans une dernière tentative pour sauver l’union et soumit en vain à la Conférence britannique la requête et les propositions de la Conférence canadienne. Pendant leur séjour à Londres, William et Egerton eurent aussi l’occasion de s’entretenir avec lord John Russell et de protester, mais sans succès, contre son projet de loi sur les « réserves » du clergé.

La rupture de l’union avec l’Église britannique laissa à la Conférence canadienne toute latitude pour choisir son propre chef et en 1840 William fut élu le premier président canadien de l’Église méthodiste wesleyenne au Canada. Il fut réélu lors de la conférence annuelle de 1847, qui se prononça en faveur d’une union avec l’Église britannique. Par la suite, il céda sa place à Robert Alder, qui fut le premier président nommé par la Conférence britannique en vertu des accords de l’union. William fut ainsi le premier et le dernier président élu par l’Église canadienne entre 1840 et 1847, époque où elle fut autonome.

Très souvent éprouvé par la maladie, en proie à de fréquentes « hémorragies pulmonaires », William travailla malgré tout sans répit tout au long de sa vie. Pendant ses premières années de ministère, il s’intéressa tout particulièrement aux Indiens ; il contribua à la création et au bon fonctionnement d’écoles qui leur étaient spécialement destinées et accompagna fréquemment le révérend Peter Jones* lors de missions chez eux. William prêchait et Jones lui servait d’interprète. Ryerson contribua à faire traduire la Bible en sauteux et à faire composer des abécédaires et des recueils de cantiques dans différentes langues indiennes. En 1829, il fut nommé au comité qui surveilla la fondation du Christian Guardian. Cette même année, on lui demanda de siéger, en compagnie de son frère John, dans un comité qui devait étudier l’opportunité de créer un séminaire méthodiste d’études supérieures. L’année suivante, les deux frères se retrouvèrent dans un comité dont la mission consistait à fonder Upper Canada Academy (devenue par la suite Victoria College).

William ne fut jamais aussi intime avec Egerton que ne le fut John. Toutefois, il joua un rôle de mentor et influença considérablement Egerton dans sa jeunesse. Ses idées politiques, qui faisaient de lui un libéral respectueux de la constitution penchant vers le radicalisme, concordaient bien plus avec celles des autres ministres méthodistes qu’avec les idées politiques de John ou d’Egerton. William participa à la défense de Toronto à la taverne de John Montgomery contre l’attaque des rebelles menés par William Lyon Mackenzie* en décembre 1837 ; toutefois il demanda que le châtiment de Samuel Lount* et de Peter Mathews* fût modéré. Il déplora l’attitude de sir Francis Bond Head et fit remarquer que « le coupable qui portait le plus la responsabilité de toutes ces souffrances allait échapper à tout châtiment et, mieux encore, allait en tirer gloire et louanges [...] ! » Las des rivalités religieuses et politiques, il songea un certain temps à émigrer aux États-Unis juste après la rébellion.

Malgré tout, William fut toujours attiré par la politique et il se présenta en 1861 comme candidat indépendant dans la circonscription de Brant-Ouest, pressé par certains de ses fidèles qui désiraient ardemment que ses idées sur le problème de la réforme universitaire soient entendues à la législature. En dépit de l’opposition acharnée de George Brown et du Globe, il fut élu aux dépens de Herbert Biggar. Il fut, toutefois, largement battu par Edmund Burke Wood* lors des élections suivantes, en 1863. Ce fut sans doute parce qu’il avait soutenu le projet de loi de Richard William Scott* sur les écoles séparées, ce que Brown lui avait vivement reproché. En 1858, il avait pris sa retraite dans sa ferme de Salt Springs, où il vécut jusqu’à sa mort.

William était l’orateur de la famille Ryerson et il fut incontestablement l’un des prédicateurs les plus célèbres de l’Église méthodiste canadienne. Ses manières franches et sa détermination, alliées à son esprit et à sa bonne humeur, lui permirent de nouer de solides liens d’amitié avec ses fidèles. À bien des égards, il représentait le modèle parfait du prédicateur itinérant des débuts du méthodisme dans le Haut-Canada ; il avait le don d’organiser et d’animer des assemblées religieuses en plein air.

Thomas H. B. Symons

Methodist Missionary Society (Londres), correspondance, Amérique.— UCA, A. E. Ryerson papers.— Carroll, Case and his cotemporaries ; [——], Past and present, or a description of persons and events connected with Canadian Methodism for the last forty years (Toronto, 1860).— Christian Guardian (Toronto), 18291872.— [Ryerson], Story of my life (Hodgins).— Cornish, Cyclopædia of Methodism, I.— Dom. ann. reg., 1878, 364s.— G. S. French, Parsons & politics : the rôle of the Wesleyan Methodists in Upper Canada and the Maritimes from 1780 to 1855 (Toronto, 1962).— G. F. Playter, The history of Methodism in Canada : with an account of the rise and progress of the work of God among the Canadian Indian tribes, and occasional notices of the civil affairs of the province (Toronto, 1862).— A. E. Ryerson, Canadian Methodism ; its epochs and characteristics (Toronto, 1882).— A. W. Ryerson, The Ryerson genealogy ; a genealogy and history of the Knickerbocker families of Ryerson, Ryerse, Ryerss ; also Adriance and Martense families ; all descendants of Martin and Adriaen Ryerz (Reyerszen), of Amsterdam, Holland, A. L. Holman, édit. (Chicago, 1916).— Sissons, Ryerson.— Clara Thomas, Ryerson of Upper Canada (Toronto, 1969).

Bibliographie générale

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Thomas H. B. Symons, « RYERSON, WILLIAM », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 10, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 31 oct. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/ryerson_william_10F.html.

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Auteur de l'article:   Thomas H. B. Symons
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Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 10
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1972
Année de la révision:   1972
Date de consultation:   31 octobre 2014