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BROUSSEAU, JEAN-DOCILE, libraire-imprimeur, éditeur, homme politique et homme d’affaires, né le 24 février 1825 à Québec, fils de Jean-Baptiste Brousseau, charretier, et de Nathalie Doré ; le 14 juin 1859, il épousa à l’église St Patrick de Québec Mary Martha Downes, et ils eurent trois enfants dont un seul survécut ; décédé le 28 juillet 1908 dans sa ville natale.

Jean-Docile Brousseau fit ses études au petit séminaire de Québec, puis s’établit en tant que libraire. En 1855, on le nomma imprimeur officiel de l’archevêché de Québec et, deux ans plus tard, on lui confia l’impression du Courrier du Canada, organe religieux de tendance ultramontaine [V. Joseph-Charles Taché*]. Le 26 mai 1858, Brousseau acheta la totalité des actions de ce journal qu’il conserverait jusqu’à l’incendie de l’imprimerie en 1872, sinistre dans lequel il perdit 50 000 $. C’est alors seulement qu’il le céda à son frère cadet Léger*, bien que ce dernier signât à titre d’éditeur depuis le 2 août 1861. Brousseau fut également lié à la publication, de 1861 à 1865, de la revue littéraire les Soirées canadiennes, et, en 1888, du Journal d’éducation, lequel ne connut qu’une seule et très pénible année d’existence.

En politique, Brousseau fit ses premiers pas sous la bannière libérale-conservatrice en tant que député de Portneuf à l’Assemblée législative de la province du Canada de 1861 à 1867 ; puis, de 1867 à 1872, il représenta la même circonscription à la Chambre des communes du Canada, dans les rangs des conservateurs de sir John Alexander Macdonald*. Il tenta également sa chance sur la scène provinciale. D’abord défait en 1867, il fut élu député conservateur de Portneuf à l’Assemblée législative de la province de Québec en 1881. Aux élections d’octobre 1886, dominées par l’affaire Riel [V. Louis Riel*] et la victoire du Parti national d’Honoré Mercier*, il perdit son siège au profit du libéral Jules Tessier. Jamais, au cours des 15 années pendant lesquelles Brousseau fut député, on ne lui confia de responsabilité ministérielle. Son peu d’ardeur dans les discussions parlementaires semble en être la cause. Cette attitude provoqua même un débat, en 1863, dans sa circonscription, où ses adversaires considéraient qu’il ne défendait pas bien les intérêts de ses électeurs puisqu’« il [était] muet comme un poisson ».

C’est au sein du conseil municipal de Québec que Brousseau connut ses meilleurs moments de vie politique. À titre de conseiller, il représenta le quartier Saint-Louis de 1875 à 1880, puis de 1882 à 1884. Il fit partie de plusieurs comités : marchés, règlements, incendie, aqueduc, ainsi que celui des chemins dont il fut le président de 1876 à 1879. Il fut élu maire de Québec le 3 mai 1880 : au trente-sixième tour de scrutin, les membres du conseil le préférèrent à Rémi-Ferdinand Rinfret, dit Malouin, et à Joseph-Ferdinand Peachy pour succéder à Robert Chambers. Son mandat, qui dura deux ans, fut plutôt calme, en dépit d’un début marqué par l’éclat des fêtes données, en mai 1880, en l’honneur de la reine Victoria et de la visite à Québec du prince Leopold et de la princesse Louise.

Parmi les principales réalisations de Brousseau à la mairie, on note, premièrement, l’amélioration du réseau d’aqueduc. Cette mesure avait pour but, d’une part, d’assurer un approvisionnement en eau abondant et continuel au lieu de la ration précaire et limitée à une heure ou deux par jour dans plusieurs quartiers, et, d’autre part, d’éviter les incendies catastrophiques semblables à celui du 8 juin 1881 ; deuxièmement, l’installation des poteaux téléphoniques dans les rues de la ville, ce qui n’alla pas sans contestation car les citoyens ne souhaitaient guère les voir installer devant leur maison ou leur commerce [V. Sigismund Mohr*] ; troisièmement, l’amélioration de l’éclairage au gaz des rues. En outre, Brousseau accorda aux représentants de la presse le droit d’assister aux réunions du conseil et à celles des comités, comme cela se faisait déjà à Montréal. Par contre, sous son administration, la ville eut à se débattre avec une dette qui absorbait plus des deux tiers des revenus. C’est pourquoi le conseil songea sérieusement à refinancer la dette municipale, de même qu’il favorisa l’établissement de nouvelles industries afin de profiter de la venue de capitaux. En 1882, Brousseau ne chercha pas à faire renouveler son mandat.

Parallèlement à son activité politique, Brousseau connut une fructueuse carrière d’administrateur. Il fut, entre autres, un des administrateurs de la Caisse d’économie de Notre-Dame de Québec de 1853 à 1893 et vice-président de 1893 à 1907 ; il occupa également les postes de président de la City Building Society, de secrétaire-trésorier de la Compagnie du chemin de fer de la rive nord et d’administrateur de la Compagnie des mines d’or de Léry. Il avait par ailleurs fait l’acquisition de la seigneurie de Saint-Augustin le 8 avril 1868 pour la somme de 4 000 $.

Jean-Docile Brousseau mourut à l’âge de 83 ans des suites d’une attaque de paralysie. Ses obsèques furent imposantes ; parmi les personnalités venues lui rendre un dernier hommage on reconnaissait sir Georges Garneau*, maire de Québec, Charles Langelier*, ainsi que les principaux notables de la ville. L’inhumation eut lieu au cimetière Notre-Dame-de-Belmont, à Sainte-Foy, le 30 juillet 1908.

Gaétan Sanfaçon

AAQ, 3 CG, I.— AC, Québec, État civil, Catholiques, Notre-Dame de Québec, 30 juill. 1908.— ANQ-Q, CE1-1, 25 févr. 1825 ; CE1-98, 14 juin 1859 ; P-16.— ASQ, Séminaire, 80, no 72 ; 81, no 34 ; 166, no 20.— Archives de la ville de Québec, Aqueduc, comité de l’aqueduc, procès-verbaux, 1865–1884 ; Conseil, conseil de ville, procès-verbaux, 9, 23 juill., 8, 17 déc. 1880, 11, 18 janv., 10, 16 juin, 9 déc. 1881 ; conseils et comités, maires, rapports, 1870–1926 ; Feu, comité du feu, procès-verbaux, 1877–1889 ; Finances, bureau du trésorier, rapports, 1880–1882 ; Marchés, comité des marchés, procès-verbaux, 1878–1890 ; P42 (Fonds de la famille Brousseau), Albums ; Travaux publics, comité des chemins, procès-verbaux, 1875–1881.— Le Courrier du Canada, 25 mai 1880.— Le Journal de Québec, 4 mai 1880.— Le Soleil, 28, 30 juill. 1908.— Annuaires, Québec, 1881 : 54 ; 1882 : 61.— A[uguste] Béchard, Histoire de la paroisse de Saint-Augustin (Portneuf) (Québec, 1885), 371.— La Caisse d’économie de Notre-Dame de Québec, fondée en 1848 ; devenue en 1944 la Banque d’économie de Québec [...] (Québec, 1948), 151–153.— Canadian directory of parl. (Johnson), 75, 85.— J.-B. Cloutier, « la Presse pédagogique dans la province de Québec », BRH, 4 (1898) : 149.— L.-M. Coté et al., les Maires de la vieille capitale (Québec, 1980).— CPG, 1875 : 72 ; 1885 : 239–240.— J. Desjardins, Guide parl., 177, 198, 291.— J. Hamelin et al., la Presse québécoise, 1 : 204 ; 2 : 11, 298.— Elzéar Lavoie, « les Crises au Courrier du Canada : affaires et rédaction », les Ultramontains canadiens-français, sous la dir. de Nive Voisine et Jean Hamelin (Montréal, 1985), 151.— RPQ.

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Gaétan Sanfaçon, « BROUSSEAU, JEAN-DOCILE », dans FR:UNDEF:public_citation_publication, vol. 13, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 25 avril 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/brousseau_jean_docile_13F.html.

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