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LORANGER, LOUIS-ONÉSIME, avocat, homme politique et juge, né le 7 avril 1837 à Yamachiche, Bas-Canada, fils de Joseph Loranger (Rivard, dit Loranger), aubergiste, et de Marie-Louise Dugal ; le 3 octobre 1867, il épousa à Montréal Rosalie Laframboise, fille de Maurice Laframboise* et de Rosalie Dessaulles, et petite-nièce de Louis-Joseph Papineau*, et ils eurent trois fils et quatre filles, puis le 24 mai 1888 au même endroit Marie-Antoinette Valois, veuve d’Eugène Varin ; décédé le 18 août 1917 à Saint-Hilaire (Mont-Saint-Hilaire, Québec) et inhumé le 21 au cimetière Notre-Dame-des-Neiges, à Montréal.

Louis-Onésime Loranger étudia au petit séminaire de Montréal de 1847 à 1851, puis au collège Sainte-Marie, dans la même ville ; il y suivit notamment les cours de l’école de droit mise sur pied par François-Maximilien Bibaud*. Admis au Barreau du Bas-Canada en mai 1858, il exerça sa profession en association avec ses deux frères Thomas-Jean-Jacques* et Jean-Marie. Il fit partie du conseil du barreau de Montréal et, en 1881, il fut fait conseiller de la reine par le marquis de Lorne [Campbell].

Conservateur en politique, Loranger n’en adopta pas moins, à l’occasion, une position indépendante. Ainsi, en 1864, il fit partie d’un groupe qui condamnait le projet confédératif ; toutefois, dès l’entrée en vigueur du nouveau régime constitutionnel, il l’accepta en souhaitant qu’on réussisse à le faire fonctionner le mieux possible. De même, en 1872, il appuya le Parti national qui venait d’être fondé [V. Honoré Mercier* ; sir Louis-Amable Jetté ; Frédéric-Ligori Béïque*] et qui visait à regrouper les meilleurs éléments des deux formations politiques existantes dans la province de Québec dans l’intérêt des Canadiens français ; il brigua les suffrages, quoique sans succès, sous la bannière libérale dans Laprairie aux élections fédérales de cette année-là. Son adhésion à ce mouvement national fut de courte durée et il rejoignit rapidement les rangs du Parti conservateur, qu’il ne quitta plus.

En 1874, Loranger agit à titre d’avocat de la couronne dans l’enquête sur l’affaire des Tanneries [V. Louis Archambeault*], qui entraîna la démission du ministère conservateur de Gédéon Ouimet* en septembre. Aux élections provinciales de 1875, Loranger fut élu député conservateur de Laval, circonscription qu’il représenta jusqu’à son accession à la magistrature en août 1882. Le premier ministre Joseph-Adolphe Chapleau* lui accorda sa confiance en l’appelant à faire partie de son cabinet en qualité de procureur général de la province de Québec, poste qu’il occupa du 31 octobre 1879 au 31 juillet 1882. C’est sans opposition qu’il avait été réélu député de Laval aux élections générales de 1878 et de 1881 ainsi qu’à l’élection partielle du 13 novembre 1879 qui avait suivi son entrée au cabinet. Il fut en outre membre du Club Lafontaine et du Club Cartier.

Loranger fut nommé juge de la Cour supérieure du Québec pour le district de Montréal le 5 août 1882. Ayant toujours été très ordonné, il inscrivait minutieusement la nature des conseils juridiques qu’on lui demandait ainsi que des notes sur tous les jugements qu’il devait rendre. Il prit sa retraite le 24 mai 1909.

Au cours de sa carrière, Loranger s’engagea aussi très activement sur la scène municipale, comme représentant du quartier Saint-Louis au conseil municipal de Montréal de 1871 à 1877, de même que dans le mouvement nationaliste canadien-français, plus spécialement au sein de l’Association Saint-Jean-Baptiste de Montréal. En 1874, les dirigeants de cette société réorganisèrent l’association en accordant plus d’importance aux régions. La même année, on confia à Loranger la présidence du comité organisateur des fêtes du 24 juin qui, pour la première fois, devaient regrouper à Montréal toutes les sociétés du Canada et des États-Unis [V. Ferdinand Gagnon*]. L’événement, où spectacles, banquets et cérémonies se succédèrent, se révéla un succès dont on accorda tout le mérite à Loranger. Par la suite, celui-ci fut vice-président de l’organisme, de 1889 à 1892, et président, de 1895 à 1899.

Par ailleurs, Loranger fut président de l’hôpital Notre-Dame en 1906 et un des administrateurs de l’université Laval à Montréal de 1905 jusqu’à sa mort, survenue à Saint-Hilaire, dans sa résidence d’été, le 18 août 1917. Il était âgé de 80 ans.

Lors des obsèques, célébrées en l’église Notre-Dame de Montréal, de nombreuses personnalités rendirent un dernier hommage à Louis-Onésime Loranger, entre autres, des représentants du monde politique, dont les sénateurs Béïque et Raoul Dandurand* ; c’est l’archevêque de Montréal, Mgr Paul Bruchési*, qui présida à l’absoute. Les contemporains de Loranger ne manquèrent pas de souligner ses qualités, son tact, son esprit logique et fin, sa diplomatie. Malgré un passage rapide dans l’arène politique, il aurait été, selon Pierre-Georges Roy*, un des collaborateurs les plus habiles du premier ministre Chapleau.

Dominique Marquis

AC, Montréal, État civil, Catholiques, Cimetière Notre-Dame-des-Neiges (Montréal), 21 août 1917.— ANQ-M, CE1-51, 3 oct. 1867, 24 mai 1888 ; P–130.— ANQ-MBF, CE1-52, 7 avril 1837.— Arch. de la ville de Montréal, Dossier hist., L.-O. Loranger : D016.529.— Bibliothèque de l’Assemblée nationale (Québec), Service de la recherche, dossiers des parlementaires.— La Presse, 20, 21 août 1917.— Canadian men and women of the time (Morgan ; 1898 et 1912).— L.-O. David, Mes contemporains (Montréal, 1894), 255–260.— I.-J. Deslauriers, la Cour supérieure du Québec et ses juges, 1849–1er janvier 1980 (Québec, 1980).— DPQ.— Political appointments, parliaments, and the judicial bench in the Dominion of Canada, 1867 to 1895, N.-O. Coté, édit. (Ottawa, 1896), 345, 352.— P.-G. Roy, les Juges de la prov. de Québec.— Robert Rumilly, Hist. de la prov. de Québec, 1–6 ; Histoire de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal : des patriotes au fleurdelisé, 1834–1948 (Montréal, 1975), 169–173, 178.— Souvenir du 24 juin 1874 (Montréal, 1874).

Bibliographie générale

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Dominique Marquis, « LORANGER, LOUIS-ONÉSIME », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 14, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 31 juill. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/loranger_louis_onesime_14F.html.

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Auteur de l'article:   Dominique Marquis
Titre de l'article:   LORANGER, LOUIS-ONÉSIME
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 14
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1998
Année de la révision:   1998
Date de consultation:   31 juillet 2014