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MURDOCH, BEAMISH, écrivain, avocat et homme politique, fils d’Andrew Murdoch et d’Elizabeth Beamish, né à Halifax le 1er août 1800, décédé à Lunenburg, N.-É., le 9 février 1876.

Le père de Beamish Murdoch était un marchand qui, à la suite d’un procès très coûteux, fut condamné à sept ans de prison pour dettes et c’est pour cette raison que Beamish fut élevé par sa tante, Harriet Jane Ott Beamish, une célibataire, qui se chargea également de son instruction. Murdoch fut admis au Barreau de la Nouvelle-Écosse en 1822 et exerça le droit aussitôt. Il commença également à écrire des articles pour le journal Acadian Recorder, propriété de Philip J. Holland (mort en 1839), ainsi que pour l’Acadian Magazine or Literary Mirror, qui commença à paraître à Halifax en 1826. Bien que son grand-père, le révérend James Murdoch, ait été un missionnaire du groupe des « antibourgeois » de l’Église d’Écosse (presbytérienne), Beamish Murdoch fut élevé dans la religion anglicane et appartenait à la congrégation St Paul. Au moment du démembrement de cette congrégation en 1824, il se joignit au groupe auquel appartenait Thomas Chandler Haliburton* et se rattacha à l’église St George à Halifax [V. J. W. Johnston].

Avec l’appui de son oncle, Thomas Ott Beamish, Murdoch se présenta en 1826 aux élections comme candidat dans le canton de Halifax. Malgré l’opposition des marchands de la ville, Murdoch trouva suffisamment d’appui dans le canton pour remporter l’élection. Comme en 1824 et en 1825 il avait été vice-président de la Charitable Irish Society, il fut soutenu par les Irlandais et, au sein de l’Assemblée, il travailla à faire accorder tous les droits civils aux catholiques. Il devint rapidement un député actif et se rallia généralement au groupe dirigé par Haliburton. Ainsi, en 1827, sur la question de savoir si la législature avait le droit de contrôler les recettes provenant des douanes, Murdoch appuya Haliburton, lequel proposa à l’Assemblée de s’adresser au gouvernement britannique pour rechercher une formule de compromis visant à donner un certain droit de regard à l’Assemblée sur la dépense des revenus. Murdoch s’irrita lorsque le Conseil législatif, au sein duquel siégeait Hibbert N. Binney, le receveur des douanes, refusa d’appuyer la proposition. Il fut encore plus contrarié de voir la Chambre haute refuser son appui à sa proposition demandant que la couronne renonçât à sa décision de prélever les redevances. Il reconnaissait que, selon la constitution, la Grande-Bretagne avait le droit de réclamer le paiement de ces redevances, mais trouvait la mesure injuste. Il n’y eut pas de véritable conflit avec la Chambre haute jusqu’en 1830, mais, cette année-là, les deux chambres s’affrontèrent au sujet de la question des droits sur l’alcool [V. Collins]. Murdoch, qui s’était rangé aux côtés de Samuel George William Archibald*, considérait l’intervention du conseil comme anticonstitutionnelle et affirmait qu’en prenant cette position le conseil niait à la Chambre basse l’autorité qui lui était échue en tant que représentante du peuple.

Aux élections de 1830, Murdoch se présenta contre Stephen Wastie DeBlois. Malgré les critiques que Joseph HowE avait formulées contre Murdoch au cours de la session parlementaire de 1830, ce dernier reçut son appui et celui du Novascotian. Avant cette année-là, Murdoch s’était montré favorable à l’idée d’accorder des subsides gouvernementaux à la Pictou Academy mais, tout comme Haliburton, il semble qu’il désapprouvait le président de l’institution, Thomas McCulloch*, pour ses attaques contre l’évêque John Inglis*. De son côté, Howe était d’avis que Murdoch s’était attaqué à McCulloch de façon injustifiée. Sa dernière chance de remporter l’élection de 1830 s’évanouit quand, sous le coup d’une provocation, il se plaignit des soi-disant loyalistes qui fuyaient les États-Unis pour échapper à leurs créanciers et qui accaparaient les fonctions publiques dans la province. Après les élections, Murdoch se retira de la vie publique jusqu’à la campagne électorale de 1836, au cours de laquelle il se présenta, sans succès, contre un réformiste. Aux élections de 1840, il eut pour adversaire Joseph Howe et William Annand* et fut à nouveau battu. Durant cette campagne électorale, Murdoch déplorait que les revendications des réformistes pour obtenir un gouvernement responsable missent en danger les liens qui unissaient la province à l’Angleterre, et fussent une menace à l’équilibre du système constitutionnel britannique. Cependant, quand il écrivit plus tard son histoire de la province, il en était venu à considérer que l’idée d’un gouvernement autonome jouissant de la responsabilité ministérielle était compatible avec l’appartenance à l’Empire britannique.

Au cours de sa retraite de la vie publique, peu après 1830, il écrivit les quatre tomes de son Epitome of the laws of Nova Scotia, imprimés par Joseph Howe en 1832–1833. Cette œuvre, qui comprend une étude approfondie du droit provincial et du droit anglais, s’inspire des Commentaries de sir William Blackstone. L’ouvrage de Murdoch fut bien accueilli par la presse des Maritimes et fut apparemment d’une grande utilité pour les avocats et les étudiants en droit jusqu’au moment où il devint désuet à cause de l’augmentation croissante des statuts de la province et inutile à cause de la publication d’ouvrages plus spécialisés.

Pendant toute sa vie, Murdoch, qui resta célibataire, s’intéressa vivement à l’instruction, aux œuvres de charité et aux questions de moralité. En janvier 1825, il fut nommé secrétaire adjoint de la Poor Man’s Friend Society et, dans les années 30, il fit partie de la Nova Scotia Philanthropic Society. En 1826, inspiré peut-être par les épreuves que son père avait subies, il écrivit une brochure dans laquelle il préconisait l’introduction d’une loi régissant les faillites. Murdoch fut un des premiers partisans de la tempérance et, en 1842, il fut président de la Halifax Temperance Society fondée en 1832. Entre 1840 et 1860, l’intérêt qu’il portait à l’instruction publique l’amena à siéger au Halifax Library Committee. Il joua un rôle plus important dans ce domaine quand, en avril 1841, il fut nommé secrétaire du Central Board of Education de la province. En cette qualité, il recevait un traitement annuel de £150 et il prit une part active dans les efforts déployés par cet organisme pour établir un système scolaire uniforme dans toute la province. En 1851, il composa un résumé des règlements municipaux de Halifax et, en octobre 1852, il fut nommé recorder de la ville, avec un traitement annuel de £200. Cette fonction consistait à donner des avis juridiques aux autorités et à juger les causes devant la cour municipale.

Lorsqu’il prit sa retraite en 1860, il commença à écrire A History of Nova Scotia, or Acadie, qui parut en plusieurs fascicules entre 1865 et 1867. À l’origine, Murdoch avait l’intention de terminer son histoire à 1807, mais il la prolongea jusqu’à l’année 1827. Il envisagea même de se rendre à 1867 mais, soit parce que les forces lui manquèrent, soit à cause du peu d’intérêt montré par le public pour ses trois premiers volumes, il y renonça. Il adopta dans son œuvre un ordre chronologique rigoureux, citant largement des documents et des livres anciens. Son ouvrage ne contient aucun jugement critique sur les documents cités et on n’y décèle aucun sens de l’évolution dans le temps. Murdoch était si convaincu de l’évidence de ses opinions qu’il s’attendait à ce que le lecteur perçoive les notions de liberté, de loyauté et de progrès en ayant simplement sous les yeux ce qu’avaient dit ou écrit les pionniers. Il ne se sentait pas obligé d’expliciter ses opinions car il prenait pour acquis qu’elles étaient celles de tout bon Britannique. Ainsi, selon son ouvrage, aussitôt que les Anglais arrivèrent en Nouvelle-Écosse, la province commença de revêtir un aspect anglais ; la confiance des Britanniques dans le droit, la liberté et le travail préserva la province des convulsions révolutionnaires que subissaient les États-Unis et la fit s’adapter progressivement au milieu environnant. Grâce à ce raisonnement, il parvint à concilier la foi dans un nationalisme provincial et une loyauté inébranlable à la Grande-Bretagne. Son œuvre, qui avait pour but de décrire le caractère des habitants de la Nouvelle-Écosse, est en réalité un monument de chronologie qui se veut de l’histoire.

K. G. Pryke

Beamish Murdoch, The charter and ordinances of the city of Halifax in the province of Nova Scotia with the provincial acts concerning the city, collected and revised by authority of the city council (Halifax, 1851) ; An epitome of the laws of Nova Scotia (4 vol., Halifax, 1832–1833) ; An essay on the mischievous tendency of imprisoning for debt (2e éd., Halifax, 1831) ; A history of Nova Scotia, or Acadie (3 vol., Halifax, 1865–1867) ; A narrative of the late fires at Miramichi, New Brunswick : with an appendix containing the statements of many of the sufferers, and a variety of interesting occurrences ; together with a poem, entitled « The conflagration » (Halifax, 1825).

PANS, Beamish Murdoch papers.— Duncan Campbell, Nova Scotia in its historical, mercantile, and industrial relations (Montréal, 1873), 268–277.— Directory of N.S. MLAs (Fergusson), 262.— G. E. Hart, The Halifax Poor Mans Friend Society, 1820–27. An early social experiment, CHR, XXXIV (1953) : 109123.— D. C. Harvey, History and its uses in pre-confederation Nova Scotia, Report of the CHA, 1938, 516.— D. C. Harvey, Nova Scotia’s Blackstone, Can. Bar Rev., XI (1933) : 339–344.— Gene Morison, The Brandy Election of 1830, N.S. Hist. Soc. Coll., XXX (1954) : 151–183.— H. L. Stewart, The Irish in Nova Scotia : annals of the Charitable Irish Society of Halifax (1786–1836) (Kentville, N.-É., [1949]), 138–141.— Norah Story, The church and state « party » in Nova Scotia, 1749–1851, N.S. Hist. Soc. Coll., XXVII (1947) : 35–57.— K. N. Windsor, Historical writing in Canada to 1920, Lit. hist. of Can. (Klinck), 208250.

Bibliographie générale

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K. G. Pryke, « MURDOCH, BEAMISH », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 10, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 30 juill. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/murdoch_beamish_10F.html.

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Auteur de l'article:   K. G. Pryke
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Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 10
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1972
Année de la révision:   1972
Date de consultation:   30 juillet 2014