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HAMILTON, JOHN, homme d’affaires et homme politique, né en 1802 à Queenston, Haut-Canada, plus jeune fils du loyaliste Robert Hamilton* et de Mary Herkimer, veuve de Neil McLean*, décédé le 10 octobre 1882 à Kingston, Ontario.

John Hamilton naquit au sein d’une famille riche et influente. Il fit des études classiques à Queenston et Édimbourg avant de travailler à titre de commis, de 1820 à 1824, pour la Desrivières and Blackwood, entreprise de marchands de gros à Montréal. Son père était mort en 1809, mais, à cause du jeune âge de John et de la nature complexe du testament, ce dernier ne toucha pas sa part d’héritage avant 1824. Bien que le règlement final ne répondît pas complètement à son attente, il lui permit en fait de fonder avec son demi-frère Robert la Queenston Steamboat Company.

En janvier 1825, les frères achetèrent à Henry Gildersleeve*, pour environ £1 500, un bateau à vapeur d’occasion, le Frontenac, qu’ils ajoutèrent à un bateau à vapeur neuf, mais plus petit, qu’ils avaient construit, le Queenston. Le Frontenac naviguait entre Kingston et Niagara (Niagara-on-the-Lake), relâchant à York (Toronto) au retour, et le Queenston faisait le trajet entre Prescott et Niagara, faisant escale à Kingston et à York. Robert Hamilton quitta la compagnie, probablement à la fin des années 1820. Dans le domaine financièrement risqué et extrêmement concurrentiel du transport maritime intérieur, John Hamilton se servit à plusieurs reprises d’innovations techniques pour mener à bien son entreprise. En 1830 et 1831, il fit construire à Prescott le Great Britain, un nouveau modèle de bateau à vapeur, à un coût supérieur à £20 000. Il était aussi propriétaire d’un grand vapeur, le Lord Sydenham, et d’un vapeur en fer, le Passport, les premiers à descendre les rapides de Lachine. Administrateur perspicace, il ne possédait habituellement que deux ou trois vapeurs et en louait d’autres, ce qui lui permettait d’avoir des frais généraux moins élevés et de réagir plus rapidement que bon nombre de ses concurrents aux brusques fluctuations de l’économie. Il évitait les conflits entre compétiteurs et cherchait plutôt à conclure des ententes sur les prix qui assuraient à tous les exploitants des profits intéressants.

Au début des années 1840, en partie à cause des pratiques imprudentes de ses rivaux, Donald Bethune* et Hugh Richardson*, sur le lac Ontario, Hamilton y interrompit temporairement les parcours et se consacra au commerce sur le fleuve Saint-Laurent. Il déménagea sa maison et sa firme de Queenston à Kingston et ouvrit une entreprise de transport maritime entre cette localité et Montréal. En 1850, Richardson avait fait faillite et Bethune pataugeait. Cette année-là, en association avec les grandes entreprises de transport maritime Macpherson and Crane, et Hooker and Holton, Hamilton reprit les affaires sur le lac Ontario. En 1857, en tant que principal propriétaire de la Canadian Lake and River Line, il exploitait la plupart des anciens navires de Bethune, qu’il avait probablement achetés après la faillite de celui-ci.

En 1862, la compétition démoralisante du Grand Tronc força Hamilton à une retraite temporaire, mais il reprit son activité en 1865 et, en 1868, il était le gérant à Kingston de la Compagnie canadienne de navigation. Cette compagnie, qu’on appelait aussi la Royal Mail Line, était une association mixte, comme ses prédécesseurs des décennies 1840 et 1850.

Hamilton connut moins de succès dans sa carrière de banquier. Après avoir été un temps vice-président de la Commercial Bank of the Midland District, il succéda en 1847 à John Macaulay* à titre de président, poste qu’il occupa jusqu’au début des années 1860. Hamilton se servit de sa situation de banquier pour consolider son entreprise de bateaux à vapeur. Il persuada la banque de rompre ses liens d’affaires avec Donald Bethune et, en 1847, elle intenta des poursuites contre celui-ci pour récupérer un prêt non payé après échéance. Quant aux secteurs indépendants de ses intérêts dans le transport maritime, Hamilton était un administrateur peu rigoureux. En juin 1859, par exemple, la banque avait accordé aux compagnies de chemins de fer Detroit and Milwaukee et Great Western des prêts totalisant $942 672, soit plus que les compagnies pouvaient rembourser. De telles décisions entraînèrent la disparition de la banque.

Bien que ce ne fût jamais sa principale préoccupation, Hamilton eut une carrière politique exceptionnellement longue. En 1831, il accepta une nomination « inattendue [... et] non souhaitée » au Conseil législatif du Haut-Canada. Son hésitation du début disparut bientôt et il siégea au Conseil législatif de la province du Canada de 1841 à 1867 et au sénat, de 1867 à sa mort. Au cours de sa carrière de 51 ans comme membre conservateur du conseil et sénateur, il fut l’homme sur qui on pouvait compter plutôt que celui qui pouvait apporter des idées nouvelles.

Les liens de Hamilton avec le Queen’s College à Kingston furent plus positifs. Même s’il croyait que le Haut-Canada n’avait pas l’argent nécessaire pour financer un établissement presbytérien distinct et qu’on ne devrait fonder qu’un seul « collège uni » dispensant l’enseignement dans tous les domaines sauf la théologie, il devint un des cofondateurs du Queen’s College et lui assura la respectabilité et la solidité, dans les premières années tourmentées de son existence. Il utilisa ses relations d’affaires et sa situation politique au profit du collège. Presbytérien convaincu, il n’en fut pas moins d’accord avec le cofondateur et président du conseil d’administration du collège, William Morris*, pour que les laïcs, et non le clergé, prissent la direction du conseil d’administration. Quand Morris remit sa démission à la fin de 1842, Hamilton, qu’un historien du Queen’s College a défini comme un laïc « compétent », devint président et le demeura jusqu’à sa mort.

Au milieu des années 1870, Hamilton, « un de ces hommes [d’allure] tout à fait aristocratique », faisait figure de l’un des patriarches de la région de Kingston. Il avait été l’un des fondateurs de la Wolfe Island, Kingston and Toronto Railroad Company, en 1846, et de l’Union Forwarding and Railway Company, en 1859, et l’un des administrateurs de la Kingston Fire and Marine Insurance Company et de la Life Association of Scotland. Pendant une courte période, il exploita une ligne de diligences et pendant presque toute sa vie, comme bon nombre de ses contemporains, il spécula sur les terrains. À une époque, il fut président de la St Andrew’s Society de Kingston. Quelque temps avant 1830, il avait épousé Frances Pasia (décédée en 1873), sœur de David Lewis Macpherson*, un allié conservateur de John Alexander Macdonald*, et l’une de ses filles (il eut 11 enfants) épousa un des fils de William Henry Draper*.

Peter Baskerville

AO, MU 1 143.— APC, MG 24, D24 ;126, 4–6 ; 65.— MTL, James Van Cleve, « Reminiscences of early sailing vessels and steam boats on Lake Ontario » (copie dactylographiée).— QUA, William Morris papers, 1–2 ; Queen’s Univ. letters, Hugh Allan à John Hamilton, 11 avril 1854 ; Hamilton à Allan, 24 avril 1854 ; Hamilton à McIver, 16 juin 1854 ; James Sutherland papers.— Canadian Merchants’ Magazine and Commercial Rev. (Toronto), 1 (avril–sept. 1857) : 58, 327s. ; 3 (avril–déc. 1858) : 239.— Commercial Bank of Canada v. Great Western Railway Co. (1862–1864), 22 U.C.Q.B. : 233.— Counter v. Hamilton (1839–1840), 6 U.C.Q.B. (O. S.) : 612.— Great Western Railway Co. v. Commercial Bank of Canada (1862–1865), 2 U.C.E. & A. : 285.— Henderson et al. v. Graves (1862–1865), 2 U.C.E. & A. : 9.— Holcomb v. Hamilton (1862–1865), 2 U.C.E. & A. : 230.— McDonell et al. v. Bank of Upper Canada (1850–1851), 7 U.C.Q.B. : 252.— British Colonist (Toronto), 4 mai 1842.— Chronicle & Gazette, 20 mai 1837.— Daily British Whig, 11 oct. 1882.— Globe, 12 oct. 1882.— Leader, 26 mars 1857.— Queen’s College Journal (Kingston, Ontario), 25 oct. 1882.— Spectator and Journal of Commerce, 15 oct. 1851.— Toronto Daily Mail, 9 déc. 1882.— The Canadian mercantile almanack [...] (Niagara, Ontario, et Toronto), 1846–1847.— CPC, 1880.— Cyclopædia of Canadian biog. (Rose), I.— Dominion annual register, 1882.— Donald Swainson, « Kingstonians in the second parliament : portrait of an élite group », To preserve & defend : essays on Kingston in the nineteenth century, Gerald Tulchinsky, édit. (Montréal et Londres, 1976), 261–277.— Peter Baskerville, « Donald Bethune’s steamboat business : a study of Upper Canadian commercial and financial practice », OH, 67 (1975) : 135–149.— A. L. Johnson, « The transportation revolution on Lake Ontario, 1817–1867 : Kingston and Ogdensburg », OH, 67 : 199–209.

Bibliographie générale

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Peter Baskerville, « HAMILTON, JOHN (1802-1882) », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 11, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 1 oct. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/hamilton_john_1802_1882_11F.html.

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Auteur de l'article:   Peter Baskerville
Titre de l'article:   HAMILTON, JOHN (1802-1882)
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 11
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1982
Année de la révision:   1982
Date de consultation:   1 octobre 2014