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Titre original :  Photographie. 
Thomas Louis Connolly, évêque du Nouveau-Brunswick. 
1860-1880, 19e siècle. 
Papier albuminé. 
21.2 x 16.1 cm. 
X10283. 
Cet artefact appartient au : © Musée du Nouveau-Brunswick
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Provenance : Lien

CONNOLLY, THOMAS LOUIS, prêtre capucin, vicaire général du diocèse de Halifax, évêque de Saint-Jean, N.-B., archevêque de Halifax, né à Cork, Irlande, en 1814, décédé à Halifax le 27 juillet 1876.

Thomas Connolly, fils d’un marchand détaillant, n’avait que trois ans quand son père mourut, et sa mère, qui tenait auberge, dut s’occuper seule de son éducation. Influencé par le père Theobald Mathew, un apôtre célèbre de la tempérance, Connolly entra chez les capucins et alla poursuivre ses études théologiques à Rome en 1832. Après son ordination à Lyon en 1838, il exerça son ministère pendant quelque temps à la maison missionnaire des capucins à Dublin, puis on le nomma aumônier du pénitencier de Grange Gorman Lane. Quand le père William Walsh*, qui était également capucin, fut nommé évêque de Halifax en 1842, le père Connolly l’accompagna en Nouvelle-Écosse, en qualité de secrétaire.

Le père Connolly fut curé de la paroisse St Mary de Halifax puis, en 1845, il fut nommé vicaire général du diocèse. Il succéda, en 1852, à l’évêque de Saint-Jean, Mgr William Dollard*. Pendant les sept années qu’il passa à Saint-Jean, il encouragea la construction d’écoles catholiques, surveilla l’organisation de l’orphelinat catholique que dirigeaient les religieuses du Sacré-Cœur et fit venir un groupe de sœurs de la Charité pour enseigner à Saint-Jean. Il mit en marche la construction d’une cathédrale dans cette ville.

En 1858, Mgr Connolly prit la succession de l’archevêque de Halifax, Mgr Walsh, qui venait de mourir. Cette nomination était fortement recommandée par les prélats des deux côtés de l’Atlantique, parmi lesquels on comptait les archevêques Paul Cullen de Dublin et John Hughes de New York. Cinq diocèses tombaient sous la juridiction du nouvel archevêque : Halifax, Arichat, Charlottetown, Saint-Jean et Chatham, nouvellement érigé. Le malaise religieux qu’avaient créé en Nouvelle-Écosse, quelques années plus tôt, la controverse sur l’enrôlement pour la guerre de Crimée, les émeutes de Gourley et le projet de loi (avorté) sur l’éducation parrainé par William Young en 1856, allait s’affaiblissant. La modération et la tolérance dont fit preuve Mgr Connolly contribuèrent à prévenir d’autres incidents [V. Howe et J. W. Johnston].

Les projets de loi sur l’éducation de 1864 et de 1865 opposèrent Mgr Connolly et Charles Tupper*. L’archevêque s’éleva vigoureusement contre un système d’écoles publiques et gratuites et suggéra plutôt l’établissement d’un système d’écoles séparées pour les catholiques. Il craignait que le programme d’études qui, sous la nouvelle loi, relèverait du conseil de l’Instruction publique, ne répondît pas aux exigences des catholiques. Quand Tupper fit remarquer à l’archevêque que ce conseil serait constitué du Conseil exécutif dans son entier et que le nombre des catholiques dans la province leur assurerait une représentation équitable, Connolly promit à Tupper que le projet de loi « aura [it son] appui ». Son attitude réaliste et raisonnable à l’égard de la politique de Tupper éloigna les risques de conflits majeurs entre le gouvernement provincial et les catholiques. L’entente amena, à toutes fins pratiques, l’établissement d’écoles séparées, et elle subsiste toujours, sans avoir suscité les conflits qui ont marqué d’autres ententes plus formelles ailleurs au Canada.

Mgr Connolly était un fervent partisan de la confédération. Il était fermement convaincu de la nécessité de l’union des colonies anglaises de l’Amérique du Nord et croyait que la Nouvelle-Écosse en tirerait profit. Il espérait que la confédération serait l’instrument qui permettrait aux catholiques des Maritimes d’obtenir la reconnaissance juridique des écoles séparées comme l’avait obtenue la minorité catholique du Canada-Ouest. Au cours des débats publics sur la question il eut recours aux arguments les plus courants pour appuyer le projet. Ses premières déclarations publiques, contenues dans une lettre à la rédaction du Morning Chronicle de Halifax, parurent le 13 janvier 1865 ; Connolly y faisait ressortir les avantages commerciaux que la Nouvelle-Écosse retirerait d’une union avec les autres colonies. À la fin de la même année, il adressa au lieutenant-gouverneur du Nouveau-Brunswick, sir Arthur Gordon*, une lettre ouverte dans laquelle il s’employait à rassurer les non-catholiques ; il y affirmait que les catholiques irlandais de l’Amérique du Nord britannique n’avaient rien à retirer d’une association avec les Féniens, « cette pitoyable bande de coquins et de fous ». Il se servit de la menace que représentaient les Féniens pour lancer un appel indirect en faveur de la confédération, nécessaire à la défense du pays. Il admettait que les conditions de vie des catholiques irlandais en Amérique du Nord britannique laissaient beaucoup à désirer à cause de l’attitude des protestants et des orangistes, mais d’après lui la situation était encore meilleure qu’aux États-Unis.

Les efforts qu’il déployait en vue d’obtenir des concessions pour les catholiques des Maritimes conduisirent Connolly à la conférence de Londres (1866–1867). Le ministre des Colonies, lord Carnarvon [Herbert], de même qu’Hector Langevin* et plusieurs autres délégués canadiens se montrèrent favorables à sa demande mais l’initiative d’une telle demande relevait de la délégation de la Nouvelle-Écosse. Tupper se montra inflexible sur la question des écoles séparées et la requête de l’évêque n’eut pas de suite. Connolly ne fut pas plus heureux dans ses démarches pour amener Tupper à présenter à l’Assemblée, en avril 1867, un projet de loi sur cette même question. Néanmoins, avant les élections fédérales et provinciales du 18 septembre 1867, Connolly, par une lettre aux journaux incita les catholiques de Halifax à voter pour : « L’ensemble des candidats favorables à la Confédération – Tous les Cinq et rien d’autre que les Cinq. » La ville, avec sa nombreuse population catholique vota pour ces derniers, mais les habitants de la campagne appuyèrent d’une façon écrasante les candidats du parti de la Nouvelle-Écosse qui remportèrent les cinq sièges, soit deux à la chambre des Communes et trois au parlement provincial.

Malgré cet échec, Mgr Connolly n’en continua pas moins sa campagne en faveur de la Confédération. Dans sa correspondance avec John A. Macdonald* et Tupper, il formulait son opinion sur diverses personnes et donnait des conseils sur la façon de gagner leur appui. Sans tenir compte de leurs options religieuses, il était sans cesse en quête de faveurs pour ceux qui avaient servi la cause de la Confédération. Au cours de la campagne électorale de 1872, il fut en butte aux attaques acerbes du Morning Chronicle à cause d’une lettre adressée à Tupper dans laquelle, en plus d’approuver la politique du gouvernement Macdonald, il autorisait Tupper à utiliser cet écrit si bon lui semblait. Dans sa réplique au Morning Chronicle, Connolly défendit le droit qu’il avait, en tant que citoyen, de s’occuper de politique et accusa la rédaction d’encourager l’agitation religieuse. Néanmoins, après cet incident, il évita de se mêler publiquement de questions politiques.

Afin de favoriser le maintien et la diffusion du catholicisme dans son archidiocèse, il construisit de nombreuses écoles et églises de même qu’un séminaire où les jeunes gens étaient formés en vue du sacerdoce. Il recruta des Frères des écoles chrétiennes pour l’enseignement dans le diocèse et augmenta le nombre des sœurs de la Charité dans les écoles.

Mgr Connolly se rendit à Rome en compagnie de l’évêque John Joseph Lynch* de Toronto et de l’évêque-coadjuteur de Trois-Rivières, Mgr Louis-François Laflèche*, pour représenter l’Église canadienne au concile du Vatican de 1869–1870. Connolly faisait partie de la minorité qui s’opposait à la définition de l’infaillibilité papale. Il croyait fermement en l’infaillibilité mais il était d’avis que le climat politique était peu propice à la proclamation solennelle de ce dogme. Il quitta Rome avant le vote final mais il se rallia rapidement à l’opinion de la majorité.

Le Canada est surtout redevable à Thomas Connolly d’avoir appuyé avec ardeur la Confédération. L’influence qu’il exerçait sur les autres évêques de la Nouvelle-Écosse et du Nouveau-Brunswick a fait qu’un grand nombre d’entre eux sont devenus d’ardents défenseurs du projet. D’Arcy McGee* disait de Mgr Connolly et d’Oliver Mowat*, de l’Ontario, qu’ils figuraient parmi les principaux artisans de la Confédération. Les efforts que déploya Mgr Connolly pour apaiser les différends entre les adversaires et les partisans de la Confédération ou entre les catholiques et les protestants au sujet des Féniens, le rendent digne de cet éloge de son ami de toujours, le révérend George Grant* : « Il était un homme de paix, plus enclin à rapprocher les hommes de religions différentes qu’à les diviser. »

David B. Flemming

À un certain moment, une partie importante de la correspondance de Mgr Connolly aurait été conservée dans les archives de l’archidiocèse de Halifax. Cette correspondance aurait été volée par « un Anglais », il y a près de 20 ans, et les autorités n’ont jamais pu la recouvrer. C’est dans les archives du diocèse de Bathurst, N.-B., qu’on trouva le plus grand nombre de lettres de Connolly (plus de 60 lettres adressées à un de ses amis intimes, Mgr James Rogers*). Une autre collection tout aussi volumineuse et tout aussi importante fut trouvée parmi les papiers de l’abbé Bernard Smith, bénédictin, professeur au collège Américain de Rome. Smith était l’intermédiaire de Connolly à Rome et son porte-parole au Vatican. On retrouva une quantité moindre de lettres dans les papiers de John Sweeney*, évêque de Saint-Jean, N.-B.

La correspondance qui se rapporte aux activités politiques de Mgr Connolly se trouve aux ANQ, sir Hector-Louis Langevin, L12 ; aux APC, FM 24, B29 (Papiers Howe), 17, 32 ; FM 26, A (Papiers Macdonald), 116, copies de lettres, 11–13, 16, 18, 20 ; FM 26, F (Papiers Tupper), 1–4 ; et aux PRO/30/6 (Papiers Carnarvon), 137. Les archives du Vatican conservent des lettres et des documents se rapportant à l’archidiocèse de Halifax pour les années 1860 et les années 1870 mais ils ne touchent surtout que des questions purement religieuses. Saunders, Three premiers of N.S., et [Charles Tupper], The life and letters of the Rt. Hon. Sir Charles Tupper, E. M. Saunders, édit. (2 vol., Londres, 1916) contiennent la correspondance qu’ont échangée Tupper et Connolly sur la question des écoles. Plusieurs lettres ne se trouvent pas dans les Papiers Tupper, mais elles ont souvent été citées et on les accepte généralement comme une source sûre.  [d. b. f.]

Les lettres officielles se trouvent dans : [T. L. Connolly], The archbishop of Halifax on the Irish in British and in republican America, T. D. McGee, The Irish position in British and in republican North America : a letter to the editors of the Irish press irrespective of party (2e éd., Montréal, 1866), app. B.— Morning Chronicle (Halifax), 14 janv. 1865.— Evening Express (Halifax), 16 sept. 1867.— British Colonist (Halifax), 30 août 1872. On trouvera une notice nécrologique dans l’Acadian Recorder (Halifax), 28 juill. 1876. V. aussi : The late archbishop of Halifax, Nova Scotia, Catholic World (New York), XXIV (1876–1877) : 136–142.— F. J. Wilson, The most reverend Thomas L. Connolly, archbishop of Halifax, CCHA Report, 1943–1944, 55–108.

Bibliographie générale

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David B. Flemming, « CONNOLLY, THOMAS LOUIS », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 10, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 21 oct. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/connolly_thomas_louis_10F.html.

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Auteur de l'article:   David B. Flemming
Titre de l'article:   CONNOLLY, THOMAS LOUIS
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 10
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1972
Année de la révision:   1972
Date de consultation:   21 octobre 2014