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FOLEY, MICHAEL HAMILTON, journaliste, avocat et homme politique, né en 1820 à Sligo (République d’Irlande) ; Foley et son épouse Katherine eurent huit enfants ; décédé le 8 avril 1870 à Simcoe, Ontario.

Michael Hamilton Foley émigra en 1822, avec ses parents, à Port Colborne, Haut-Canada, où il reçut son éducation. Il fut ensuite maître d’école, pendant une brève période, dans le canton de Louth. Comme l’idée d’une carrière dans l’enseignement ne lui souriait pas, il entreprit ses études de droit tout en publiant entre 1845 et 1853 le Long Point Advocate and Norfolk County General Advertiser (Simcoe), le Norfolk Messenger (Simcoe) et le Brant Herald (Brantford). En 1851, il fut admis au Barreau du Haut-Canada et en 1854 il fut élu député réformiste de Waterloo-Nord à l’Assemblée. Foley gravit rapidement les échelons chez les réformistes, appuya la requête de George Brown* proposant la représentation basée sur la population et occupa la charge de ministre des Postes en août 1858 dans l’éphémère gouvernement de Brown et d’Antoine-Aimé Dorion*. Au congrès réformiste tenu à Toronto en novembre 1859, il se prononça avec éloquence contre la dissolution de l’Union et gagna l’admiration des délégués de l’est du Haut-Canada qui s’opposaient au changement constitutionnel. Il eut des réserves – qui contrarièrent Brown – au sujet de la proposition de compromis de William McDougall* qui souhaitait des gouvernements séparés pour le Haut et le Bas-Canada et une « certaine autorité mixte » dans les affaires communes. Foley soutint qu’on ne pouvait frustrer plus longtemps le Haut-Canada en matière d’écoles et de représentation et que si cet état de choses ne prenait fin il allait devoir se faire partisan de la dissolution de l’Union. Il maintint cependant que l’Union était profitable à tous, que le Haut et le Bas-Canada étaient « associés » et que des changements allaient bientôt être apportés par un gouvernement réformiste uni.

Foley avait tenté, sans succès, pendant plusieurs années de réconcilier les deux groupes opposés au sein du parti réformiste : les grits de l’ouest que dirigeait George Brown et les partisans de Robert Baldwin*, dont Sandfield Macdonald*. En 1859, des rumeurs circulèrent laissant croire que Foley allait ou bien prendre la tête d’un gouvernement réformiste réuni ou bien s’associer, dans une coalition, aux « bleus » de George-Étienne Cartier* et aux conservateurs de John Alexander Macdonald*. Au printemps de 1860, Foley, Sandfield Macdonald et Josiah Blackburn* de la London Free Press tentèrent d’ignorer le leadership de Brown et de faire obstacle à toutes ses démarches, y compris ses propositions fédéralistes. Foley et Sandfield Macdonald espéraient conclure une alliance avec Louis-Victor Sicotte*, leader réformiste modéré du Bas-Canada. Brown répliqua cependant et il s’ensuivit une querelle personnelle particulièrement virulente entre lui et Foley dans les colonnes du Globe et de la Free Press. Foley enjoignit aux libéraux de ne pas se laisser séduire par « les propos dénaturés de gens perfides et revêches en quête d’une suprématie régionale ni par les émanations biaisées, mesquines et malveillantes de gribouilleurs soumis qui marchent sur leurs traces ». Néanmoins, Brown avait un appui solide dans l’ouest de la province et Foley fut accusé de rompre l’unité réalisée par le compromis de McDougall au congrès réformiste. Devant la pression politique extrême qu’exerçaient sur lui ses électeurs et Brown, Foley abandonna Sandfield Macdonald et accorda son suffrage, à l’Assemblée, aux résolutions de Brown en faveur d’un remaniement du Canada conforme à des principes fédéraux. En 1861, Foley appuya une proposition en faveur de la représentation basée sur la population, ce qui ne l’empêcha pas cependant d’appuyer une motion de Sandfield Macdonald qui réclamait l’adoption du principe de la « double majorité ».

Brown fut défait aux élections de 1861, et, au début de 1862, le caucus réformiste du Haut-Canada, boycotté par Sandfield Macdonald, élut Foley leader de la chambre plutôt qu’Oliver Mowat*, un disciple de Brown. La cote de Foley et des réformistes modérés semblait à la hausse. Cependant, lorsque les forces conservatrices capitulèrent en mai 1862, le gouverneur général Charles Stanley Monck* ne choisit pas Foley ni Sicotte mais Sandfield Macdonald comme premier ministre. Foley, prétendait-on, buvait trop, n’avait pas la trempe nécessaire et apparaissait, particulièrement aux yeux des habitants du Bas-Canada, trop régionaliste. Au lieu du poste convoité de procureur général, Foley dut se contenter de la charge de ministre des Postes. À ce titre, il inaugura le service postal par navire à vapeur jusqu’à la tête du lac Supérieur.

Sandfield Macdonald, que les gens considéraient comme fortement enclin à se méfier des Irlandais, douta toujours de la loyauté de Foley. Lorsque le gouvernement fut remanié en mai 1863, Brown réussit à le convaincre de se séparer de Foley en faveur de Mowat, ce qui rendit Foley furieux ; aux élections suivantes, il se fit élire dans Waterloo-Nord en qualité de réformiste indépendant opposé au gouvernement mais, comme il le soulignait, voué aux principes de la réforme.

Lorsque la chambre siégea en août 1863, Foley appuya la proposition de Sicotte qui condamnait le gouvernement réformiste remanié dirigé par John Sandfield Macdonald et Antoine-Aimé Dorion. Cette attaque contre ses anciens collègues lui fit perdre pour de bon la confiance des réformistes. Dans sa propre circonscription, le Berlin Telegraph qualifia, à juste titre, son comportement de « naufrage de ses aspirations politiques » et de « grave infidélité ». À partir de ce moment jusqu’à la chute du gouvernement réformiste en mars 1864, son comportement politique fut désordonné.

En partie à cause d’efforts vains et flagrants pour que le gouvernement conservateur suivant dirigé par sir Étienne-Paschal Taché et John A. Macdonald ait l’air d’une coalition, Foley fut nommé encore une fois ministre des Postes. Le Berlin Telegraph affirma cependant que le comté de Waterloo-Nord n’élirait plus « un candidat opposé aux mesures libérales », et Foley fut défait à l’élection partielle qui suivit. Avant l’élection, Luther Hamilton Holton* de Montréal, l’ex-ministre des Finances, écrivit à Brown que si des individus comme Foley pouvaient être réélus dans l’ouest du Haut-Canada pour appuyer un tel gouvernement, « cela ne va[lait] vraiment pas la peine que nous nous mêlions de politique ».

Foley revint à la pratique du droit et demeura surtout à Simcoe. Entre sa défaite en 1864 et les élections de 1867, il essaya à maintes reprises de redorer son blason réformiste. Le seul résultat fut de l’éloigner des conservateurs. Il rédigea quelques éditoriaux pour le Simcoe Reformer mais sa propension à boire devint de plus en plus forte. En 1867, il tenta sans succès de se faire élire d’abord à la chambre des Communes dans le comté de Wellington-Nord puis à l’Assemblée provinciale, dans le comté de Norfolk-Nord ; il ne reçut l’appui d’aucun des premiers ministres Macdonald, John Alexander et John Sandfield.

Malgré ses frustrations et son amertume, Foley était habituellement affable et spirituel, et il avait l’art de rendre la vie « impossible à ses adversaires même s’il devait parfois se permettre de déformer un peu les faits ». Bien qu’il fût anglican, il se servit de ses ascendances irlandaises pour solliciter le suffrage des Irlandais catholiques. La London Free Press souligna à sa mort qu’il avait contracté « des habitudes qui gênaient sérieusement l’exécution de ses fonctions officielles », qu’il était plus à l’aise en tournée électorale qu’à la chambre et que sa mort prématurée était malheureusement due à l’alcool.

Bruce W. Hodgins

APC, MG 24, B30 ; B40 ; MG 26, A.— PAO, Clarke (Charles) papers ; Mackenzie-Lindsey papers.— Canada, prov. du, Legislative Assembly, Journals, 1857.— Globe, 1858–1864.— London Free Press, 1858–1864.— Quebec Daily Mercury, 1862–1864.— Careless, Brown, II.— Davin, Irishman in Can.— B. W. Hodgins, The political career of John Sandfield Macdonald to the fall of his administration in March 1864 : a study in Canadian politics (thèse de {{ph.d}}., Duke University, Durham, N.C., 1964).— E. H. Jones, The Great Reform Convention of 1859 (thèse de {{ph.d}}., Queen’s University, Kingston, Ont., 1971).— W. L. Morton, Critical years.— James Young, Public men and public life in Canada [...] (2 vol., Toronto, 1912).

Bibliographie générale

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Bruce W. Hodgins, « FOLEY, MICHAEL HAMILTON », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 9, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 28 juill. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/foley_michael_hamilton_9F.html.

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Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 9
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1977
Année de la révision:   1977
Date de consultation:   28 juillet 2014