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La loi sur les Indiens de 1876, les pensionnats et les réserves


De nombreux hommes politiques partageaient l’attitude de John Alexander Macdonald à l’endroit des peuples autochtones du Canada : ils soutenaient que ces derniers devaient être assimilés d’abord par des traités, puis par l’accès à la propriété et le droit de vote. On croyait qu’à la longue, on mettrait un terme au « statut d’Indien ». Une étape essentielle vers la réalisation de cet objectif fut franchie en 1876, deux ans après la défaite électorale des conservateurs aux mains des libéraux d’Alexander Mackenzie. La loi sur les Indiens était la première mesure législative complète concernant les autochtones dans le nouveau dominion [V. David Laird]. Les conservateurs, qui reprirent le pouvoir en 1878, y apportèrent des modifications pendant les 15 années suivantes, mais sans toucher à de nombreux éléments, dont le financement des pensionnats. La biographie du chef sauteux William Bruce McGregor explique comment cette loi entraîna la division chez les autochtones :

McGregor intervenait souvent au Grand Conseil, organisme où les Sauteux prédominaient et qui se réunissait tous les deux ans pour étudier les problèmes qu’affrontaient les peuples autochtones de l’Ontario. En 1879 par exemple, il fut l’un des 85 délégués qui se rassemblèrent à la réserve de Wawanosh (Sarnia) pour discuter de la loi de 1876 sur les Indiens. Pour bon nombre de délégués, cette loi, qui affranchissait les personnes instruites, pouvait être un moyen de forcer les Indiens acculturés à quitter les réserves sous prétexte qu’ils n’appartenaient plus à leur bande. McGregor estimait qu’il fallait laisser à ces personnes le soin de décider si elles acceptaient ou non l’émancipation. Il prônait la fréquentation scolaire obligatoire dans les réserves, affirmant qu’elle permettrait aux Indiens avec statut de se tailler une place dans la société blanche. Kegedonce, délégué lui aussi, réclamait que les pensionnats, comme les écoles des réserves, donnent une meilleure formation. Cependant, certains traditionalistes du conseil en avaient contre les écoles parce qu’elles encourageaient l’abandon de la culture autochtone.

 

Les pensionnats étaient des écoles où les enfants autochtones étaient placés, souvent loin de leurs familles. Les gouvernements canadiens successifs maintinrent ces établissements, malgré le traumatisme vécu par de nombreux élèves, tel Frederick Ogilvie Loft :

Frederick Ogilvie fréquenta une école primaire autochtone près de Forest Home jusqu’à l’âge de 12 ans. Ensuite, il fut pensionnaire au Mohawk Institute de Brantford pendant un an [vers 1873]. Il détesta son séjour dans cet internat pour Amérindiens. Des années plus tard, il se rappellerait avec amertume certaines privations : il « étai[t] toujours affamé, n’avai[t] pas assez à manger ». Il disait aussi qu’« En hiver, les chambres et les lits étaient tellement froids que ce n’était qu’au milieu de la nuit qu’[il] était assez réchauffé pour [s]’endormir. »

 

Le gouvernement fédéral de Macdonald et les administrations provinciales utilisaient des mesures coercitives pour amener les autochtones dans des réserves, en particulier ceux qui vivaient le long du trajet planifié pour le chemin de fer canadien du Pacifique [V. La rébellion du Nord-Ouest de 1885]. Kitchi-Manito-Waya, chasseur cri connu sous de nombreux noms, dont Almighty Voice, figure parmi ceux qui en subirent les conséquences :

Almighty Voice grandit dans la réserve indienne One Arrow (Saskatchewan), où il entendit raconter les exploits de son grand-père Une Flèche, qui avait résisté à l’installation dans la réserve jusqu’en 1879, de son père, qui avait participé à la rébellion du Nord-Ouest en 1885 [V. Pītikwahanapiwīyin*], et d’autres anciens de la bande. Ces récits de batailles, de raids et de chasses contrastaient vivement avec l’existence que les Cris des Plaines menaient vers 1895. En effet, leur territoire était alors régi par les Blancs, envahi par des tribus ennemies et grugé par les sang-mêlé. Humiliés, confinés dans leurs réserves, ils devaient porter un sauf-conduit pour se déplacer et obéir à des restrictions de chasse. Dans leur jeunesse, le grand-père et le père d’Almighty Voice avaient traqué de grands troupeaux de bison pour se procurer de la viande ; à présent, les Cris, réduits à la mendicité, devaient attendre que les fonctionnaires fédéraux viennent leur distribuer des bœufs du gouvernement.

 

Les libéraux de Wilfrid Laurier poursuivirent les politiques mises en vigueur sous le règne de Macdonald [V. Le peuplement de l’Ouest].

Pour en apprendre davantage au sujet de la loi de 1876 sur les Indiens, les pensionnats, les réserves et le rôle des gouvernements canadiens en matière autochtone, vous pouvez consulter les biographies suivantes.

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