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Titre original :  Photograph T. H. Haviland, Montreal, QC, 1865 William Notman (1826-1891) 1865, 19th century Silver salts on paper mounted on paper - Albumen process 8.5 x 5.6 cm Purchase from Associated Screen News Ltd. I-17944.1 © McCord Museum Keywords:  male (26812) , Photograph (77678) , portrait (53878)

Provenance : Lien

HAVILAND, THOMAS HEATH, fonctionnaire, agent des terres et propriétaire foncier, banquier et homme politique, né le 30 avril 1795 ou 1796 à Cirencester, Gloucestershire, Angleterre, décédé le 18 juin 1867 à Charlottetown, Île-du-Prince-Édouard.

Après avoir occupé un poste de second plan au Naval Victualling Office, à Chatham en Angleterre, Thomas Heath Haviland immigra en 1816 à l’Île-du-Prince-Édouard. Il y devint grand prévôt, charge qu’il décrivit par la suite comme « une sinécure ». En août 1817, il fut nommé officier de marine, une autre sinécure qui fut abolie cependant huit ans plus tard, à la suite de quoi Haviland se retrouva avec une pension du gouvernement britannique de £159, cours d’Angleterre. Ce fut le début d’une série impressionnante de charges diverses : en juillet 1823, il fut nommé au Conseil de l’Île-du-Prince-Édouard ; l’année suivante, malgré son manque de formation juridique, il devint juge adjoint à la Cour suprême, poste surtout honorifique, sans rétribution fixe ; en 1830, il fut nommé trésorier de la colonie et, au cours de son mandat, il réussit à percevoir la première taxe foncière de l’île, qui rapporta à la colonie £1425 par année, en moyenne, somme qui augmenta d’environ 50 p. cent l’année qui suivit la fin de son mandat ; en novembre 1839, finalement, il abandonna ce dernier poste et devint secrétaire colonial, registraire et greffier des conseils exécutif et législatif. En tant que greffier du Conseil législatif, il dut démissionner de ce conseil dont il avait été le premier président à partir de mars 1839, au moment où il avait été dissocié du Conseil exécutif.

Tandis qu’il occupait ces charges publiques importantes, Haviland était devenu surveillant local des diverses entreprises de l’entrepreneur Thomas Burnard Chanter* et agent des terres de sir George Seymour, de lord James Townshend et des administrateurs de la succession de Selkirk [Douglas*]. Dans la suite, il devint lui-même un gros propriétaire terrien ; en 1852, il déclarait être le propriétaire du lot 56 et de parties des lots 8, 40 et 43. Ainsi, la majorité de ses propriétés étaient concentrées dans le comté rural de Kings où l’un de ses locataires à bail était un homme politique partisan de l’escheat (confiscation des terres par l’État), William Cooper, à qui il avait succédé en 1829 comme agent du lot 56, propriété à l’époque de Townshend. À sa mort, il détenait également une quantité impressionnante de propriétés à Charlottetown et à Georgetown.

En raison de ses nombreuses charges publiques (exécutives, législatives et juridiques) et de ses droits acquis dans le système de la tenure à bail, Haviland devint l’incarnation même de l’ancien régime avant l’instauration du gouvernement responsable du réformiste George Cotes en 1851. Cette année-là, Edward Whelan décrivit son cumul de charges comme « un exemple de monopole qu’aucune autre colonie ne pouvait égaler ». La solidarité de l’élite locale fut mise à jour, en 1841, lorsque les résultats d’une enquête menée par l’Assemblée révélèrent, entre autres, que Haviland avait des liens familiaux avec sept de ses huit collègues du Conseil exécutif. Son influence et son prestige semblent s’être accrus au cours des années au point que Whelan était d’avis qu’il avait été « la tête dirigeante du cabinet » de sir Donald Campbell*, le lieutenant-gouverneur réactionnaire de la fin des années 40. L’avènement du gouvernement responsable obligea Haviland à renoncer à ses charges (sauf à celle de juge adjoint qu’il conserva jusqu’en 1854). Devant l’insistance du ministère des Colonies, on lui accorda une pension de£200, somme dont il se plaignit qu’elle était « si maigre » qu’elle ne pouvait « compenser [...] le préjudice pécuniaire dont [il faisait] l’objet ». Quelques semaines auparavant, il avait déclaré que ses revenus en traitements et indemnités pour 1850 – sans compter sa pension d’officier de marine à la retraite – s’élevaient à quelque £668.

On attribua à Haviland les qualités propres habituellement aux gens de sa classe sociale manières courtoises et bon jugement dans l’exécution de ses charges publiques. Whelan le décrivit comme « incontestablement l’homme le plus capable et le mieux informé du parti auquel il appart[enait] ». Cependant, à l’instar de nombreux bénéficiaires de l’ancien régime, il ne faisait pas de distinction très rigoureuse entre ses propres intérêts et ceux de la colonie. Une enquête menée en 1849 révéla qu’il était impliqué dans des pratiques financières douteuses en qualité de chef de la comptabilité à la Cour de la chancellerie, poste de second plan qu’il occupait depuis 1831. Deux ans plus tard, le nouveau gouvernement réformiste mena une enquête, à grand renfort de publicité, sur ses exactions et sur le fait qu’il avait retenu, à des fins personnelles, des honoraires pour ses services, entre 1840 et 1850, de « secrétaire particulier », poste qui n’exista jamais officiellement. Lorsque le comité d’enquête publia son rapport dans lequel il demandait que Haviland soit tenu de rembourser environ £796 à la Trésorerie, le lieutenant-gouverneur sir Alexander Bannerman laissa à Londres le soin de trancher la controverse. Bien que Haviland ait commis des erreurs de fond et de procédure sérieuses qui s’étaient traduites par des gains personnels et n’avaient entraîné qu’une vérification publique superficielle, lord Grey [Henry George Grey], le ministre des Colonies, fut plus impressionné par le fait que des motifs politiques semblaient être à l’origine des allégations. Il refusa d’intervenir contre Haviland et demanda aux réformistes d’abandonner l’affaire. Après avoir demandé l’avis d’un conseiller juridique, ils décidèrent de se plier au désir de Grey. Cette affaire équivoque peut avoir influé sur la décision de Haviland de retourner en Angleterre, à la fin de 1852, pour une période prolongée. Avant son départ, il désigna son fils, Thomas Heath*, comme agent.

Néanmoins, les entreprises et les relations nombreuses de Haviland dans l’île l’obligèrent à revenir au bout de sept mois et il exerça à nouveau un rôle influent en politique locale. Il se lança en politique en mars 1854 et fut élu en obtenant 59 voix contre 51, au cours d’une élection partielle dans le comté de Princetown qui, d’entre tous les comtés de la colonie, mérite le plus le titre de « bourg pourri ». Il fut bientôt nommé au Conseil exécutif tory arrivé au pouvoir le mois précédent et dirigé par John Myrie Holl. Malgré une victoire libérale écrasante, Haviland fut réélu en juin de la même année. Il demeura membre de l’Assemblée jusqu’en 1859, bien qu’il siégea de façon sporadique et n’assista pas à la session de 1856 en raison d’un voyage en Angleterre. À la fin des années 50, Haviland et son fils Thomas Heath, également membre de l’Assemblée, tous deux laïcs anglicans éminents, dirigèrent les débats, par leur rôle influent et décisif, sur le problème de l’utilisation de la Bible dans les écoles, problème qui allait éventuellement faire tomber le gouvernement libéral [V. Coles].

En 1857, Haviland avait été élu maire de Charlottetown, forteresse tory par tradition, et il fut réélu tous les ans, sans opposition sérieuse, jusqu’à sa mort survenue à la suite d’une maladie des reins et de la vessie. Il fut de la minorité des gens de l’île qui, au milieu des années 60, souhaitaient la confédération. Au moment de sa mort, Whelan écrivit qu’ « il était le représentant par excellence du vieux parti conservateur. Même s’il n’était pas doué de talents exceptionnels, il faisait preuve d’un très grand jugement ; exception faite du poste de gouverneur, il occupa dans la colonie tous les postes auxquels un colon pouvait aspirer. » Son fils Thomas Heath devint lieutenant-gouverneur de l’île à la fin des années 70. Haviland s’était marié deux fois : le 8 janvier 1822, il avait épousé Jane Rébecca Brecken, qui décéda le 28 mars 1839, et, le 4 janvier 1848, une veuve, Amelia Janetta Emslie, née Boyd. En plus de Thomas Heath, il eut au moins cinq filles ; chacun des enfants toucha un héritage considérable.

Vétéran de la politique de l’ancien « Family Compact », Haviland exerça un pouvoir et une influence énormes sur la vie politique et économique de l’Île-du-Prince-Édouard pendant la majeure partie de sa longue carrière. Il avait été une figure de premier plan dans tous les gouvernements, de 1823 à 1851, et le conseiller le plus influent, pendant une grande partie de cette période. En plus d’être un important propriétaire terrien, il fut président de la Bank of Prince Edward Island à partir de la deuxième réunion annuelle des actionnaires, en 1858, jusqu’à sa mort. William Henry Pope* écrivit dans une notice nécrologique : « Le nom de ce gentleman décédé a été sur toutes les lèvres des habitants de l’île pendant deux générations. Il leur était plus familier que celui de tout autre individu de la communauté. »

Ian Ross Robertson

On peut trouver des renseignements détaillés sur les relations d’affaires de T. H. Haviland aux PAPEI, P.E.I., Land Registry Office, Land conveyance registers. Pour ce qui est de son rôle comme agent des terres pour le compte de Seymour, des administrateurs de la succession de Selkirk, de Townshend, et de Chanter, et pour ce qui est de son achat du lot 56, de son contrat de mariage de 1848, et de la passation de son agence à son fils Thomas Heath, V. respectivement, liber 31, f.259 ; liber 34, f.637 ; liber 35, f.396 ; liber 43, f.297 ; liber 56, f.1 ; liber 63, f.467 ; et liber 65, f.428. Pour ses activités comme agent des terres et propriétaire foncier, V. Abstract of the proceedings before the Land Commissioners’ Court, held during the summer of 1860, to inquire into the differences relative to the rights of landowners and tenants in Prince Edward Island, J. D. Gordon et David Laird, édit. (Charlottetown, 1862), 7s., 237–240 ; et PAPEI, T. H. Haviland/Rent books, Lot 56 from 1845 (2 vol. et index). Son testament, daté du 21 juin 1865, est déposé à Î.—P.-É., Supreme Court, Estates Division, liber 7, f.330 (infra aux PAPEI).

Les renseignements les plus riches et les plus nombreux concernant la carrière administrative et politique de Haviland sont aux PAPEI, P.E.I., Executive Council, minutes, 24 juill. 1823, 20 mars 1854 ; P. E. I., House of Assembly, Journal, 1834, 28 ; 1840, 70 ; 1841, 151, app.N ; 1846, app.K ; 1847, 128, 136 ; 1848, 61, 78 ; 1849, 18, 85, 105, 125–127, 131, 134–136, 142–145, app.H, V, X ; 1850 (1re session), 18, 22s., 44s. ; 1850 (2e session), 14s., app.G ; 1851, 8, 19–21, 25–27, 30s., 35–37, 49, 51–53, 119, 131, 136–142, app.D, H ; 1852, 31, 160–163, app.A ; 1853, app.E ; 1854, 24 ; 1856, 87, app.E ; 1857, 35s. ; P.E.I., House of Assembly, Debates and proc., 1857, 7, 42, 54, 91s., 119 ; 1858, 7, 61 ; P.E.I., Lieutenant Governors’ record group, Commission book I, pp.120, 181, 192, 222, 228 ; Commission book II, pp.8s., 62, 121s. ; P.E.I., Legislative Council, Journal, 1839 (2e session), 10 ; 1840, 6 ; P.E.I., Acts, 1851, c.3, s.4 ; et aux PRO, CO 226/65, 5 ; 226/67, 44 ; 226/69, 326, 340, 427 ; 226/71, 251, 259–261, 288, 293–300 ; 226/79, 48, 84–86, 235–300 ; 226/80, 238 ; 226/82, 118, 225–231 ; 226/83, 87, 123, 182. V. aussi PAPEI, Bank of Prince Edward Island, minute book, 1856–1882 ; Central Academy, minute book, 50–51 ; Henry Jones Cundall, letterbook, 27 mars 1867–26 mai 1871, p.20.

Quant aux références sur Haviland dans les journaux, V. Examiner (Charlottetown), 14, 28 août 1847, 8 janv. 1848, 19 janv., 13 avril, 4 mai, 26 juin 1850, 19 mai, 9, 23 juin, 7 juill. 1851, 21 janv., 4 août 1856, 22, 29 juin, 6 juill., 10 août 1857, 22 févr., 1er mars, 12 avril, 9 août 1858, 22 août 1859, 7 août 1860, 27 juill. 1863, 18 juin, 2 juill. 1866, 24 juin 1867, 12 sept. 1895 ; Islander, 27 août 1847, 7 juin 1850, 3 déc. 1852, 15 juill. 1853, 10, 17 févr., 3, 10, 17, 24 mars, 16, 23, 30 juin, 21 juill. 1854, 3 avril, 14 août 1857, 21 juin 1867 ; Monitor (Charlottetown), 6 juill. 1858 ; Prince Edward Island Gazette (Charlottetown), 26 janv. 1822 ; Prince Edward Island Register (Charlottetown), 19 janv. 1830 ; Protestant and Evangelical Witness, 25 juin 1864 ; Royal Gazette (Charlottetown), 2 avril, 3 déc. 1839, 8 mai 1849, 14 juill. 1851, 26 janv., 6 déc. 1852, 21 févr., 24 oct. « Extra », 14 nov., 5 déc. 1853.

On trouve des notices nécrologiques de Haviland dans : Gazette (Montréal), 5 juill. 1867 ; Herald (Charlottetown), 19 juin 1867 ; Summerside Journal (Summerside, Î.-P.-É.), 20 juin 1867 ; Summerside Progress (Summerside, Î.-P.-É.), 24 juin 1867.

Parmi les ouvrages qui peuvent être utiles V. Duncan Campbell, History of Prince Edward Island (Charlottetown, 1875), 194–196 ; Greenhill et Giffard, Westcountrymen in P.E.1., 70s., 94, 98s., 101, 107–109, 116s., 137, 155, 189, 216 ; W. S. MacNutt, Political advance and social reform, 1842–1861, Canada’s smallest province (Bolger), 116–119 ; Report of the city of Charlottetown for the year ending 31st December, 1877 [...] and a synopsis of city affairs from the date of its organization to 31st December, 1876 (Charlottetown, 1878), 97 ; et Robertson, Religion, politics, and education in P.E.I., 17, 19–23, 34s., 47–49, 60.  [i. r. r.]

Bibliographie générale

Comment écrire la référence bibliographique de cette biographie

Ian Ross Robertson, « HAVILAND, THOMAS HEATH (mort en 1867) », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 9, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 23 juill. 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/haviland_thomas_heath_1867_9F.html.

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Auteur de l'article:   Ian Ross Robertson
Titre de l'article:   HAVILAND, THOMAS HEATH (mort en 1867)
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 9
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1977
Année de la révision:   1977
Date de consultation:   23 juillet 2014