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LANDRY, PHILIPPE (baptisé Charles-Philippe-Auguste-Robert, il signait Philippe et aussi parfois Auguste-Charles-Philippe-Robert), agronome, officier de milice et homme politique, né le 15 janvier 1846 à Québec, fils de Jean-Étienne Landry*, médecin, et de Caroline-Eulalie Lelièvre ; le 6 octobre 1868, il épousa à Saint-Gervais, Québec, Wilhelmine Couture, et ils eurent six enfants, puis, le 4 novembre 1908, à Québec, Amélie Dionne, veuve d’Édouard Taschereau, avocat ; décédé le 20 décembre 1919 à Québec.

D’ascendance acadienne, Philippe Landry est issu d’une famille très chrétienne installée dans le quartier Saint-Roch. À l’automne de 1855, son père l’inscrit au cours commercial offert par les Frères des écoles chrétiennes dans le tout nouveau collège de Lévis. Il n’y reste que deux ans. De 1857 à 1866, il fait ses études classiques au petit séminaire de Québec. D’un tempérament bouillant, il s’enrôle en 1862 dans le Corps des cadets de Québec, en voie d’organisation, à la suite de l’affaire du Trent [V. sir Charles Hastings Doyle*]. Il se porte volontaire en 1866 pour aller combattre les féniens. Le 28 septembre 1866, il entre à l’école d’agriculture de Sainte-Anne-de-la-Pocatière (La Pocatière), où il effectue en un an un programme d’études de deux ans. Il trouve de surcroît le temps de donner quelques démonstrations de chimie aux élèves de la faculté des arts de l’université Laval et de publier, en 1867, une brochure intitulée Boissons alcooliques et leurs falsifications, qui est le résultat d’un travail mené sous la direction du professeur François-Alexandre-Hubert La Rue* de l’université Laval. Il est aussi membre de l’Entomological Society of Canada, fondée en 1863.

Landry laisse l’école d’agriculture le 30 septembre 1867. Il a 21 ans. On le dit « court, robuste, exubérant ». C’est un combatif. Il a une grande facilité d’élocution et d’écriture. Il est, comme son père, un conservateur de l’école de sir George-Étienne Cartier*, mais assez pointilleux sur les questions d’honneur, de religion et de patrie. Il est à l’aise avec le discours agriculturiste de la Gazette des campagnes (Sainte-Anne-de-la-Pocatière). En 1868, il s’établit à Saint-Pierre-de-la-Rivière-du-Sud dans une ferme que son père a achetée en mai de l’archevêque de Québec. Il dit cultiver lui-même quelque 360 arpents et procéder à diverses expériences. En octobre, il se marie et, le 18 décembre, il est nommé capitaine dans le 2e bataillon de milice du comté de L’Islet, qui prend le nom de 61e bataillon d’infanterie de Montmagny et L’Islet en avril 1869. L’année suivante, il devient membre de la nouvelle Société de colonisation de Saint-Pierre de Montmagny.

Ses accointances avec les élites de Québec et les hauts gradés de la milice, et son engagement dans le milieu, valent à Landry une certaine notoriété locale. Son appétence pour l’action et la bataille lui fait toutefois rêver d’une scène plus vaste. L’occasion se présente en décembre 1873, au moment d’une élection partielle dans la circonscription provinciale de Montmagny. Landry brigue les suffrages contre le libéral François Langelier. Il fait une campagne de franc-tireur, tout axée sur l’agriculture et les importations de beurre américain. Landry est défait, mais il prend sa revanche aux élections générales du 7 juillet 1875. Il a peut-être cependant utilisé des armes prohibées l’ingérence cléricale, des promesses de subvention et d’emploi. En mai 1876, la Cour de revision, composée de trois juges – l’ancien conservateur Adolphe-Basile Routhier et deux anciens libéraux, Vincislas-Paul-Wilfrid Dorion* et Marc-Aurèle Plamondon* – annule l’élection de Montmagny et disqualifie Landry pour sept ans. Le jugement rendu sur division a des relents de revanche politique. Blessé dans son honneur, Landry publie la même année à Québec un pamphlet vitriolique intitulé Où est la disgrâce ? Réponse à une condamnation politique, qui rappelle à Dorion et à Plamondon : « Hier encore vous étiez des cabaleurs d’élections. »

Landry, qui rêve d’une douce revanche, partage alors son temps entre l’agriculture et la politique. Il adhère avec son père au Cercle catholique de Québec, mis sur pied le 26 mai 1876 [V. Jean-Étienne Landry]. En novembre 1877, il est parmi les conservateurs qui font la lutte à Wilfrid Laurier dans Québec-Est et, en mars 1878, parmi ceux qui dénoncent le coup d’État du lieutenant-gouverneur Luc Letellier* de Saint-Just. Il est élu dans Montmagny aux élections fédérales de septembre. Durant cette année 1878, il a accepté la présidence de la Société d’agriculture de Montmagny, poste qu’il occupera jusqu’en 1894 et de 1897 à 1905, et il a publié, à Montréal, son Traité populaire d’agriculture théorique et pratique, qui lui avait valu la médaille d’or au concours organisé par le Conseil d’agriculture de la province de Québec en 1873 ; il est d’ailleurs membre de ce conseil depuis 1874.

À 32 ans, Landry dispose enfin d’une scène à la mesure de son talent. Dès la première session, en mars 1879, il s’impose comme un debater redoutable. Tout au long de son mandat, qui sera renouvelé en 1882, il intervient fréquemment aux Communes, plus de 20 fois par session, et sur des questions fort variées, tels les chemins de fer, les travaux portuaires, la Cour suprême, la traduction française des documents du gouvernement fédéral et des règlements de la milice. Il s’engage avec autant d’ardeur dans les luttes politico-religieuses de son temps. L’un des propriétaires de l’asile de Beauport depuis qu’en 1880 son père lui en a donné 25 % des actions, il est une des cibles préférées des libéraux : les uns soutiennent que les subventions gouvernementales versées aux propriétaires de l’asile rapportent des ristournes de toutes sortes au Parti conservateur ; les autres prétendent que l’asile est mal tenu, que les malades sont affamés, tant et si bien qu’une prise en charge de l’établissement par le gouvernement s’impose. Ces insinuations avivent la fougue de Landry, qui soutient la thèse de Mgr Louis-François Laflèche* : le libéralisme, le gallicanisme, la franc-maçonnerie sont à l’origine de toutes les difficultés politico-religieuses dans la province. En août 1883, il se rend à Rome pour défendre l’honneur de son père, à qui l’université Laval a enlevé son titre de professeur honoraire, et dénoncer au nom du Cercle catholique le récent mandement de Mgr Elzéar-Alexandre Taschereau* sur les sociétés secrètes. Il y soutient qu’en enjoignant aux catholiques de ne révéler qu’à l’ordinaire du lieu les attaches maçonniques d’un catholique, Mgr Taschereau baillonne hommes politiques et journalistes, et joue le jeu des libéraux. À son retour, il suit de près les activités de dom Joseph-Gauthier-Henri Smeulders, commissaire apostolique envoyé par Rome au Canada pour enquêter sur certaines questions. En décembre, il fait circuler dans les presbytères une requête pour que dom Smeulders fasse une vaste enquête canonique sur les agissements des libéraux. Cette circulaire déclenche une violente polémique dans les journaux.

La politique a, cependant, ses beaux côtés. Le 9 janvier 1885, Landry, bien qu’il habite Québec depuis 1883, est nommé lieutenant-colonel du 61e bataillon de Montmagny et de L’Islet. Le titre est plus honorifique qu’autre chose. Tous les colonels de milice sont des hommes politiques en vue. À la fin de mars, la nouvelle d’un accrochage sanglant entre la Police à cheval du Nord-Ouest et les Métis [V. Leif Newry Fitzroy Crozier*] met cette milice d’opérette à rude épreuve. Landry n’est pas mobilisé mais, à la mi-mai, la reddition de Louis Riel* pose un grave problème politique. Landry souhaite la grâce de Riel. Après la pendaison du chef métis, il se fait admettre au comité national de Québec en dépit du désaccord de son grand adversaire libéral, Philippe-Auguste Choquette*. Le 11 mars 1886, il soumet à l’improviste aux Communes une proposition exprimant le regret qu’on n’ait pas gracié Riel. Son discours, marqué au coin de la modération, développe quatre arguments : la composition du jury n’offrait pas les garanties d’impartialité ; Riel était un monomane qui n’avait qu’une responsabilité partielle de ses actes ; le major-général sir Frederick Dobson Middleton* l’a traité comme s’il était un combattant ; les pays civilisés n’appliquent plus la peine de mort à une offense de nature politique. La motion est défaite par 146 voix contre 52 et la crédibilité de Landry est mise en doute. D’une part, les libéraux, qui soupçonnent Landry d’avoir été de connivence avec les ministres conservateurs pour présenter cette motion battue à l’avance et de nature à raffermir le gouvernement, lui en gardent rancune ; d’autre part, les ultramontains lui reprochent de n’avoir point coupé toutes ses attaches avec le « régime tory-maçonnique-orangiste de sir John [Alexander Macdonald*] », ni avec le ministre de la Milice et de la Défense sir Adolphe-Philippe Caron*, un de ses amis. Landry n’est plus dans le mouvement national. Aux élections provinciales d’octobre 1886, il fait campagne avec les conservateurs contre Honoré Mercier* et appuie de toutes ses forces Thomas Chase-Casgrain dans Québec. Poursuivi et traqué par les libéraux et les ultramontains, Landry est défait dans Montmagny aux élections fédérales de février 1887.

Landry connaît une éclipse politique, non sociale. Le 25 décembre 1888, il est nommé aide de camp extraordinaire des gouverneurs généraux du Canada. Installé à Beauport dans la villa Mastaï depuis quelques années, on le voit souvent sur les estrades d’honneur dans les grandes circonstances et, en coulisse, il continue de s’adonner aux grands jeux de la politique. Il est proche du lieutenant-gouverneur Auguste-Réal Angers, dont il est un temps le secrétaire particulier et, selon les libéraux, le bailleur de fonds qui l’aide à vivre sur le pied d’un grand seigneur. Il est de ceux qui fondent un journal conservateur pour faire contrepoids dans la région de Québec au journal libéral l’Électeur [V. Ernest Pacaud*]. Le premier numéro du Matin paraît le 13 janvier 1892. Louis-Philippe Pelletier* en est le directeur et Eugène Rouillard*, anciennement du Nouvelliste (Québec), rédacteur en chef ; Jules-Paul Tardivel*, Landry, qui finance en partie l’entreprise, et d’autres en seront des collaborateurs occasionnels. Tant de dévouement envers le Parti conservateur et l’appui d’Angers valent à Landry, le 23 février 1892, d’être nommé sénateur.

Cette nomination marque un tournant dans la vie personnelle de Landry. La vente de l’asile de Beauport aux Sœurs de la charité de Québec, ratifiée par une loi adoptée le 8 janvier 1894, vient consolider sa situation financière : Landry recevra durant 60 ans une rente de 5 218,84 $. Cette rente, jointe aux quelque 100 000 $ que son père lui a légués en 1884 et à divers autres revenus et propriétés, font de Landry un homme fort à l’aise, en situation de donner libre cours à ses goûts pour la controverse et la lutte et à son besoin inné d’activité. Il conserve néanmoins son intérêt dans l’agriculture : il participe en 1892 à la mise sur pied du Syndicat des cultivateurs de la province de Québec ; il est président et gérant de la Compagnie d’exposition de Québec mise sur pied en 1892 « dans le but d’encourager les industries, les arts et les sciences en général » ; puis, en 1896, il est président du Conseil d’agriculture de la province de Québec. Il est maire de Limoilou du 20 janvier 1896 au 4 septembre 1900 et gérant de la Compagnie canadienne d’acétylène de Lévis, en 1901.

La vie politique, cependant, absorbe le gros des énergies de Landry. Bien servi par sa mémoire et par ses « petits papiers », il s’affirme l’un des sénateurs les plus actifs. Il a, le 29 février 1892, prononcé son discours inaugural en français pour « affirmer un principe et consacrer un droit ». En ces temps où les Canadiens éprouvent une grave crise d’identité, Landry est sur la ligne de feu dans tous les affrontements où s’opposent diverses conceptions du Canada : en 1895, il appuie la loi réparatrice qui vise à restaurer les droits scolaires des catholiques du Manitoba et, en 1897, il juge non satisfaisant le règlement Laurier-Greenway [V. Thomas Greenway*] sur cette question ; en décembre 1899, il dénonce une forme d’impérialisme qui pourrait anéantir l’autonomie du Canada vis-à-vis la Grande-Bretagne. Il acquiert, en mai 1902, avec d’autres conservateurs de Québec, l’Événement [V. Louis-Joseph Demers*] pour en faire un journal voué aux intérêts de la région de Québec, aux Canadiens français et au Parti conservateur. L’Événement essuie un échec dans sa campagne en faveur du chemin de fer transcontinental, dont le terminus serait à Québec, et ne réussit pas, en 1904, à empêcher que les libéraux ne soient reportés au pouvoir à Québec et à Ottawa.

Les projets de loi d’autonomie, présentés en 1905, qui mettent en cause le statut des écoles catholiques et françaises dans le Nord-Ouest, relancent le débat sur l’identité nationale et placent Landry sur une corde raide. Coincé entre son devoir et ses allégeances partisanes, il louvoie de plus en plus. Le 17 septembre 1905, il prend la parole, à Montmagny, aux côtés d’Armand La Vergne* et d’Henri Bourassa*, dans un rassemblement en faveur des écoles catholiques et françaises du Nord-Ouest. Landry flirte avec les nationalistes : il appuie en 1907 la campagne de francisation que mène La Vergne puis, en 1908, l’entrée de Bourassa dans l’arène provinciale. L’heure des choix dramatiques approche. Le projet de loi concernant la marine de guerre du Canada que Laurier introduit aux Communes en janvier 1910 la sonne. Incapables d’infléchir les vues de son chef, Robert Laird Borden, ni sur le rôle du Canada dans l’Empire, ni sur l’identité canadienne, Landry et ses amis envisagent en avril la formation d’un parti canadien-français dirigé par Frederick Debartzch Monk. L’idée suit son cours mais, à travers les affrontements sur la marine et la réciprocité, elle aboutit en août 1911 à une alliance hybride du Parti conservateur avec les nationalistes canadiens-français. La coalition contribue à la défaite de Laurier aux élections générales de 1911. Borden devient premier ministre.

Borden partage le mieux qu’il peut le butin de la victoire. Le 29 octobre 1911, Landry accède à la présidence du Sénat. Que peut-il espérer de plus, sinon la retraite dorée que lui offre un tel poste ? L’exercice du pouvoir fait toutefois éclater l’unité factice des nationalistes canadiens-français et des tories. La question des écoles du Keewatin en mars 1912 [V. Borden], le Règlement 17 [V. sir James Pliny Whitney], qui, en juin, limite l’enseignement du français dans les écoles franco-ontariennes, la question navale qui, en octobre, provoque la démission de Monk comme ministre des Travaux publics rallument d’anciens antagonismes. Incapable de « courber la tête devant le fanatisme triomphant », Landry reprend son épée. Il appuie Monk et la cause des écoles françaises. Il presse Borden de faire désavouer le Règlement 17, afin d’écarter le danger « que les adversaires de la langue française font courir à la Confédération même ». Borden le renvoie au ministre de la Justice, de qui relèvent, selon lui, les questions de désaveu. Landry se dissocie en décembre de l’Événement qui, désormais financé par les Forget, met une sourdine à son nationalisme. En mai 1913, pour ne pas mettre le gouvernement dans l’embarras, il ne dénonce pas au Sénat la loi navale que viennent de voter les Communes ; cette question lui paraît moins vitale que celle des écoles françaises. À quelques reprises, il songe à démissionner de la présidence du Sénat, mais ses amis l’en dissuadent. Lui-même semble hésiter à rompre les attaches avec son parti.

La participation du Canada à la guerre, loin d’apaiser les divisions intérieures, les exacerbe. Les Franco-Ontariens, qui résistent ouvertement aux directives scolaires, font figure de rebelles qui paralysent l’effort de guerre. Ils ont depuis mars 1913 une tribune, le Droit (Ottawa), mais ils leur manquent un leader. Ils le trouvent en avril 1915 en la personne du sénateur Landry, qui accepte la présidence de l’Association canadienne-française d’éducation d’Ontario. Le geste est noble et désintéressé. Landry veut défendre « envers et contre tous une cause vraiment nationale » et, comme il l’écrit à Mgr Charles-Hugues Gauthier*, archevêque d’Ottawa, « être, entre les mains de la Providence, un instrument de paix et de conciliation ». À ses yeux, l’enjeu du débat est le maintien des écoles séparées qui, seules, peuvent assurer une formation française et vraiment catholique. Il préconise une stratégie à deux volets : d’une part sensibiliser l’opinion publique et mobiliser des militants ; d’autre part, par des manœuvres discrètes auprès des hommes politiques et des chefs religieux, trouver un compromis à l’amiable. Le recours à l’opinion publique est un succès, mais les manœuvres secrètes échouent. Rome ne manifeste aucun empressement à se prononcer dans cette affaire, Borden ne refuse pas de reconnaître le règlement ontarien, les évêques irlandais s’accommodent des directives scolaires, et Thomas Chapais* et d’autres conservateurs déplorent le ton énergique des lettres de Landry à la secrétairerie d’État au Vatican. La situation des écoles franco-ontariennes ne cesse de se détériorer et la question scolaire prend les allures d’un affrontement ethnique. Les tribunaux déboutent les Franco-Ontariens. Landry ne désarme pas. Le 22 mai 1916, au terme d’une tournée du Québec et des centres franco-ontariens au cours de laquelle une requête en annulation du Règlement 17 a recueilli 600 000 signatures, il résigne sa présidence du Sénat et, du même coup, il rompt les liens qui l’attachent au Parti conservateur. Cette démission est une protestation contre la doctrine de non-intervention fédérale et un moyen pour Landry d’avoir une plus grande marge de manœuvre. Ce coup d’éclat a un impact considérable. Landry prend figure de chef national et rassemble sous son étendard des « bleus » et des « rouges ». En juin, il accompagne le sénateur Napoléon-Antoine Belcourt* qui s’en va à Londres plaider la question scolaire devant le comité judiciaire du Conseil privé. De retour le 19 août, il ne tarde pas à apprendre des nouvelles décevantes. Benoît XV dans sa lettre du 8 septembre 1916 au cardinal Louis-Nazaire Bégin*, en appelle aux compromis et s’en remet à l’épiscopat pour le trouver, mais il reconnaît aux Franco-Ontariens le droit à un enseignement catholique et français. Le 2 novembre, le Conseil privé confirme la légalité du Règlement 17, mais infirme la création de « la petite commission » scolaire mise sur pied par le gouvernement de l’Ontario pour administrer les écoles séparées d’Ottawa [V. Samuel Genest*]. Ces demi-victoires raniment quand même l’ardeur de Landry. Il change de stratégie : il fait connaître à grand renfort de publicité ses interventions auprès des instances politiques et religieuses. Il multiplie les lettres, les mémoires, les rassemblements et les menaces. Il s’oppose en plus à l’enrôlement obligatoire, brandit l’épouvantail d’une rupture possible de la Confédération canadienne et tente, aux élections de 1917, d’organiser une coalition des libéraux et des nationalistes.

Le combat du sénateur Philippe Landry a les allures d’un baroud d’honneur. Le gouvernement ontarien demeure inflexible, mais lui, il épuise ses énergies. Il en est rendu à disputer le terrain pied à pied non plus aux orangistes mais à la mort. La maladie qui le cloue au lit ne l’empêche pas d’échafauder de nouveaux plans. Il meurt, disent les notices nécrologiques, sur la brèche, en soldat, en patriote et en chrétien le 20 décembre 1919, à Québec, à l’âge de 73 ans. Sa mort entraîne un deuil national.

Michèle Brassard et Jean Hamelin

Pour une liste détaillée des brochures dont Philippe Landry est l’auteur, on consultera le Répertoire de l’ICMH.

AC, Québec, État civil, Catholiques, Notre-Dame de Québec, 4 nov. 1908, 23 déc. 1919.— AN, MG 26, G : 110707–110709, 195075–195077, 195080–195081 ; MG 27, II, E4.— ANQ-Q, CE1-22, 16 janv. 1846 ; CE2-17, 6 oct. 1868 ; CN1-255, 4 mai 1868.— Arch. de la ville de Québec, M1-2, conseil de ville, procès-verbaux, 10 avril 1893–26 mai 1900, 4 juin 1900–6 mai 1907.— Arch. du collège de Lévis, Québec, Fichier des anciens.— ASQ, Fichier des anciens ; Journal du séminaire, 2 : 69.— L’Action catholique (Québec), 20 déc. 1919.— Le Devoir, 20, 22 déc. 1919.— Le Droit (Ottawa), 20 déc. 1919.— L’Électeur (Québec), 5 déc. 1893.— L’Événement. 25 mai 1870, 2 juin 1876, 5 déc. 1899, 1er mars 1903.— Gazette des campagnes (Sainte-Anne-de-la-Pocatière [La Pocatière], Québec), 14 janv. 1870, 31 déc. 1873.— Le Matin (Québec), 13 janv.–19 sept. 1892.— La Presse, 20 déc. 1919.— Le Soleil, 22–23 déc. 1919.— Annuaire, Québec, 1867–1907.— Canada, Chambre des communes, Débats, 1880, 1883–1886 ; Sénat, Débats, 1892, 1894, 1897–1918.— Canadian album (Cochrane et Hopkins).— Le Cinquantenaire de l’école d’agriculture de Sainte-Anne-de-la-Pocatière (Québec, 1910).— P. [E.] Crunican, Priests and politicians : Manitoba schools and the election of 1896 (Toronto et Buffalo, N.Y., 1974).— Patrice Gallant, « Généalogie du sénateur Philippe Landry, surnommé le grand-père des petits Franco-Ontariens », Soc. généal. canadienne-française, Mémoires (Montréal), 6 (1954–1955) : 33–39.— J. Hamelin et al., la Presse québécoise.— Jules Landry, le Docteur J. E. Landry ; conférence présentée [...] à la Société historique de Québec et à la Société canadienne d’histoire de la médecine ([Québec], 1965).— J.-A. Lavoie, le Régiment de Montmagny de 1869 à 1931 (s.l., s.d.).— Wilfrid Lebon, Histoire du collège de Sainte-Anne-de-la-Pocatière (2 vol., Québec, 1948–1949).— Québec, Statuts, 1892, c.74 ; 1893, c.9 ; 1894, c.8.— Élias Roy, le Collège de Lévis ; esquisse historique (Lévis, 1953).— Rumilly, Hist. de la prov. de Québec, 1–15.— Philippe Sylvain, « Jean-Étienne Landry [1815–1884], l’un des fondateurs de la faculté de médecine de l’université Laval », Cahiers de Dix, 40 (1975) : 161–196.

Bibliographie générale

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Michèle Brassard et Jean Hamelin, « LANDRY, PHILIPPE », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 14, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 23 août 2014, http://www.biographi.ca/fr/bio/landry_philippe_14F.html.

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Auteur de l'article:   Michèle Brassard et Jean Hamelin
Titre de l'article:   LANDRY, PHILIPPE
Titre de la publication:   Dictionnaire biographique du Canada, vol. 14
Éditeur:   Université Laval/University of Toronto
Année de la publication:   1998
Année de la révision:   1998
Date de consultation:   23 août 2014