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Titre original :  Confederation & Treaty-Making in the West

Provenance : Lien


D’octobre 1868 à avril 1869, sir George-Étienne Cartier négocie, auprès des autorités britanniques et de la Hudson’s Bay Company, l’achat, par le gouvernement canadien, de Rupert’s Land et du North-West Territory. Écartées des pourparlers, les populations autochtones et, en particulier, les Métis manifestent leur opposition :

Dès l’automne de 1869, le gouvernement canadien ayant tenté malhabilement d’occuper le nouveau territoire, il s’était trouvé en face d’une résistance des Métis et d’un gouvernement provisoire dirigé par Louis Riel [V. Ross ; Black]. C’est Cartier qui réussit à négocier avec Mgr Taché une solution qui répondait à la plupart des demandes des Métis et qui se concrétisa, en mai 1870, par la création d’une nouvelle province, le Manitoba, doté d’un système politique et administratif analogue à celui du Québec (33 Vict., c.3). Des terres furent assurées aux Métis ; les droits des deux langues furent reconnus et les écoles des minorités religieuses, existant en vertu de la loi ou la coutume, furent acceptées.

 

Dans l'extrait suivant, le biographe de Mgr Alexandre-Antonin Taché, évêque de Saint-Boniface, au Manitoba, explique comment ce dernier joue un rôle d’intermédiaire auprès du gouvernement canadien, auquel appartenait Cartier, lors du soulèvement des Métis de la Rivière-Rouge en 1869 et 1870 :

Le 8 décembre 1869, Pie IX ouvre le concile et, à Upper Fort Garry, Louis Riel* installe un gouvernement provisoire. Inquiet de la tournure des événements, le gouvernement prie Taché de quitter le concile. Ce dernier est à Ottawa le 10 février 1870. Il rencontre le cabinet, puis s’entretient dans l’intimité avec, entre autres, le gouverneur général, sir John Young*, le premier ministre, sir John Alexander Macdonald, et Cartier. L’atmosphère est à la conciliation. Les ministres manifestent leur intention de veiller à ce que justice soit rendue. On remet à Taché une copie de la proclamation de Young en date du 6 décembre 1869 qui promettait l’amnistie à tous les habitants de la Rivière-Rouge qui déposeraient les armes. Aux yeux de Taché, l’amnistie de tous les chefs métis est une question capitale dont dépend la pacification de la région. Il obtient de Cartier la promesse d’une amnistie totale et globale.

 

Cette promesse de Cartier aux Métis laisse croire qu’il souhaitait défendre leurs droits (comme ceux de l’ensemble des Canadiens français, par ailleurs). Dans le contexte des négociations sur la création de la province du Manitoba en 1870, des historiens émettent cependant des doutes quant aux réelles intentions du gouvernement fédéral. La biographie du chef métis Louis Riel expose deux interprétations :

On accorda le statut de province au Manitoba (nom que prônait Riel) ; Macdonald et Cartier obtinrent cependant que le territoire de la province fût limité à environ 1 000 milles carrés au lieu de s’étendre à l’ensemble du Nord-Ouest. L’autorité provinciale sur les ressources naturelles, et notamment sur toutes les terres, fut refusée mais, après une discussion serrée, on réserva 1 400 000 acres de terrain aux Métis dans le Nord-Ouest en guise de compromis. On accepta le bilinguisme dans les différentes cours de justice, à la législature et dans les publications gouvernementales. Les historiens se sont demandé si cette mesure correspondait à un authentique engagement à étendre le bilinguisme à l’Ouest ou bien s’il ne s’agissait pas simplement, comme certains l’ont laissé entendre, d’une capitulation devant la prétendue dictature de Riel. La première hypothèse semble plus plausible lorsque l’on fait un examen critique des quatre listes de droits qui furent à l’origine des négociations et de la loi.

 

Les Métis du Manitoba font donc leur entrée dans la fédération canadienne. De son côté, leur chef Louis Riel revient à la Rivière-Rouge au lendemain de la rébellion, sans toutefois obtenir la garantie qu’il pourra bénéficier de l’amnistie qui a également fait l’objet de négociations entre les délégués de la Rivière-Rouge et les autorités canadiennes en 1870 :

Lors des élections fédérales de septembre 1872, [Joseph] Dubuc et d’autres personnes exhortèrent Riel à se porter candidat dans la circonscription de Provencher. Il accepta, bien qu’on l’eût prévenu qu’il serait assassiné s’il mettait le pied à Ottawa. Cependant, des faits nouveaux se produisirent ; Cartier subit la défaite dans Montréal-Est au début de septembre et c’est au Manitoba que le premier ministre Macdonald chercha un siège pour son lieutenant québécois. Riel consentit à retirer sa candidature au profit de Cartier, tout comme le fit son adversaire, Henry Joseph Clarke, à la condition qu’une entente fût conclue sur la question des garanties accordées aux Métis relativement à leurs terres. En ce qui concernait l’amnistie, il voulait bien s’en remettre à Cartier, dont les sympathies à cet égard étaient connues de tous. Le 14 septembre, Cartier fut élu sans opposition.

 

La protection des droits des minorités constitue pour Riel et Cartier un objectif commun, tel que le rappelle cet autre extrait de la biographie du chef métis :

Riel ne fit rien durant les quelques mois qui suivirent. À Ottawa, on tenta une nouvelle fois d’obtenir l’amnistie promise, mais Macdonald demeura inflexible ; les élections avaient affaibli sa position. La mort de Cartier à Londres, le 20 mai 1873, modifia de nouveau l’échiquier politique. Avec lui disparaissaient le champion des droits français au Manitoba et le principal défenseur au cabinet d’une amnistie pour Riel.

 

Les espoirs des Métis de s’épanouir pleinement dans le nouveau Canada s’amenuisent. Quant aux dirigeants des Premières Nations, ils ne se font guère plus d’illusions et ne veillent plus qu’à conserver leurs acquis, comme le souligne cet extrait de la biographie du chef stonie John Chiniquay :

Les années 1870 furent critiques pour les nations des Prairies et des contreforts des Rocheuses. Le gouvernement du Canada était impatient d’établir son autorité dans cette région et d’annuler les titres de propriété des aborigènes. De leur côté, les chefs autochtones tenaient à préserver ce qu’ils pouvaient pour garantir l’avenir de leurs peuples. « En grande partie parce que les deux camps envisageaient les négociations avec des buts et des présupposés différents, a noté l’historien James Rodger Miller, ils ne leur donnaient pas la même portée à l’époque, ce qui, hélas, est encore le cas aujourd’hui. »

 

Pour en savoir davantage sur les peuples autochtones et métis à l’époque de Cartier et sur la rébellion de la Rivière-Rouge, nous vous invitons à consulter les listes de biographies suivantes.

Les peuples autochtones et métis
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